‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 75 sur 159 · PROVINCES DU CENTRE · texte numérisé non relu

PROVINCES DU CENTRE

La région du centre du Delta est partagée en deux provinces, la Me* nouiieh au sud et la Garbieh au nord^ comprenant une surface totale cultivable de 582 300 hectares. Gomme la branche de Damiette, dans sa partie supérieure, a son lit, à un niveau plus élevé que la branche de Rosette, et que le Delta a une pente transversale de Fest à louest, l'irrigation d'étiage de ces provinces était autrefois desservie par une série de canaux ayant tous leur prise sur la branche de Damiette entre le cinquantième et le soixantième kilomètre à partir de la pointe du Delta. Ges canaux se ramifiant en éventail vers le nord aboutissaient finalement dans les terres marécageuses, dites Barraris, qui bordent le lac Bourlos et dans le lac Bourlos lui-même. Ils étaient au nombre de cinq : le Sersaouieh, le Bagourieh, le Bahr Ghibin (ancienne branche Sebenny tique), le canal El Atf et le canal Hadraouieh, ce dernier étant le plus rapproché de la branche de Damiette (fig. 23).

Au moment de la construction du barrage du Nil, on creusa un grand canal, dit rayah Menoufieh, dont la prise était à la pointe même du Delta, en amont de cet ouvrage. Les canaux Sersaouieh et Bagourieh reçurent alors leur eau par ce canal, mais quatre grands canaux séfi : le Bahr Ghibin, le canal El Atf, le canal Hadraouieh et le canal Sahel continuèrent à être alimentés directement par la branche de Damiette jusqu'en 1889, époque à laquelle les réparations effectuées au Barrage le mirent en état de donner son plein effet.

Actuellement, toute l'alimentation de ces provinces se fait par le rayah Menoufieh qui, à 23 kilomètres de son origine, se divise en deux grandes artères, Tune le Bahr Ghibin du côté de Test, Tautre le canal Bagourieh du côté de l'ouest ; ces deux dérivations principales s'étendent jusqu'au nord du Delta et aboutissent, le premier dans la mer, et le second dans le lac Bourlos.

Ray ah Menoufieh, — Le rayah Menoufieh est un grand canal de 55 mètres de largeur au plafond dont la prise se compose de sept arches de 4,17 m. d'ouverture avec écluse accolée, et a son seuil à la cote 9,50 m. au-dessus du niveau de la mer. La pente moyenne de la surface en hautes eaux est réglée ordinairement à 0,065 m. par kilomètre et à 0,075 m. en basses eaux. A

10 kilomètres de sa prise, il est muni d*un régulateur composé de dix arches de 4 mètres avec écluse. Son tracé est très rapproché de la branche de Damiette et, sur la rive gauche, il a deux embranchements : le canal Nanaieh de 39 kilomètres de longueur et de "6 mètres de largeur, et le canal Sersaouieh de 85 kilomètres de longueur et de 8 mètres de largeur, qui irriguent sur leur parcours les terres hautes voisines de la branche de Rosetle.

Bahr Ckibin. — Le Bahr Ghibin se sépare du rayah Mcnoufieh au kilomètre 23 ; il a une longueur tolale, jusqu'à la mer, de 173 kilomètres et sert de canal d'irrigation jusqu'au kilomètre 163, formant ainsi avec le rayah Menoufieh une ligne continue de 186 kilomètres du Nil à son extrémité. 11 comporte le long de son cours sept ouvrages régulateurs, y compris l'ouvrage de prise, tous munis d'écluses de navigation. L'ouvrage de tête, à Karinein, a dix arches de 5 mètres d'ouverture et celui d'extrémité à Bounah a trois arches de 3 mètres. La pente de la surface, en hautes eaux, est en moyenne de 0,065. Ce canal, dirigé presque du sud au nord, et situé dans le voisinage de la branche de Damiette, a ses principaux embranchements sur la rive gauche. Pour Tarrosage des terrains situés sur la rive droite, il donne naissance à une dérivation qui suit les terrains hauts de la berge de la branche de Damiette sur 140 kilomètres de longueur et qui se nomme canal Sahel. Ne commandant qu'une bande de terrain étroite, le Sahel n'a à son origine, malgré son long parcours, que 8 mètres de largeur au plafond ; les canaux El Âtf et Hadraouieh qui s'en détachent et qui retombent à leur extrémité dans le canal principal lui-môme, complètent le système de la rive droite du Bahr Chibin.

Sur la rive gauch^du Bahr Ghibin, on rencontre les principaux embranchements suivants :

Au kilomètre 15, le Bahr Sef de 62 kilomètres de long, et à 25 kilomètres, le canal Batanieh de 51 kilomètres de long et de 10 mètres de largeur qui, réunis tous deux vers leur extrémité, vont se perdre dans le canal Bagourieh .

Au kilomètre 25, le canal Kased de 10 mètres de largeur, qui, après un parcours de près de 80 kilomètres du sud au nord, se retourne à l'est vers le Bahr Mallah avec lequel il confond ensuite ses eaux.

Au kilomètre 41, le canal Gafarieh de 70 kilomètres de long et de 10 mètres de large qui réunit ses eaux de chaque côté à celles du canal Kased et du Bahr Mallah.

Au kilomètre 70, le Bahr Mallah, ancien cours d'eau, de 30 mètres de largeur, dont l'ouvrage de prise a un débouché de 7,75 m. et qui après un parcours de 50 kilomètres se réunit avec le Bahr Tirah.

Au kilomètre 85, lo Bahr Tirah, également un vieux cours d'eau irrégulier de 30 mètres de largeur, dont l'ouvrage de prise a 17,65 m. de débouché et qui porte ses eaux jusque sur les terres de Beltim, entre le lac Bourlos et la mer après 70 kilomètres de parcours.

Canal Bagourieh. — Ce canal est la seconde des grandes artères issues du rayah Menouiieh. Tout l'espace compris entre lui et le Bahr Chibin étant, par suite du fait naturel de la pente transversale du Delta de Test à louest, desservi par les dérivations du Bahr Chibin, le canal Bagourieh n'a pas de grands embranchements du côté de Test.

Avec son prolongement du Bahr Nachart, il a 147 kilomètres jusqu'au lac Bourlos. Son ouvrage de prise sur le rayah Menoufieh a cinq arches formant un débouché total de 16 mètres; la largeur du plafond est de 25 mètres. En hautes eaux, il a une pente moyenne de surface de 0,052 m. par kilomètre. Il y a cinq ponts régulateurs sur son cours, y compris louvrage de prise; le dernier de ces ouvrages, situé au kilomètre 135 a trois arches de 3 mètres.

Ce canal se rapproche assez vite de la branche de Rosette dont il s'écarte peu ensuite ; les terres comprises entre son cours et le Nil étant, dans la partie sud du Delta, arrosées par les canaux Nanaieh et Sersaouieh, issus du rayah Menoufieh, le canal Bagourieh n'a pas de dérivations importantes sur la rive gauche avant le kilomètre 68, point oîi se détachent de lui les canaux Goddabah (7 mètres de largeur et 67 kilomètres de longueur) et Coloni (10 mètres de largeur et 50 kilomètres de longueur).

Le canal Goddabah suit les terres hautes qui bordent le Nil jusqu'en face de Rosette et alimente en passant le Bahr Saïdi, ancien bras du Nil de 30 kilomètres de longueur qui se jette dans le lac Bourlos ; il communique avec le Nil, près de sa prise, par une double écluse qui permet à la navigation de suivre les canaux Menoufieh et Bagourieh, sur une longueur d'environ 80 kilomètres, quand la saison des basses eaux met le Nil presque à sec entre ces deux points par suite de la fermeture de barrage du Delta. Quant au canal Cotoni, il aboutit vers l'extrémité inférieure du Bahr Saïdi.

Remarques générales. — Les réseaux des embranchements dépendant du Bahr Chibin et du canal Bagourieh communiquent entre eux en divers points (voir pi. VI) pour aider à la répartition des eaux dans les parties septentrionales éloignées du point d'alimentation générale, qui est le barrage du Delta.

L'ensemble des canaux des provinces du centre déverse le trop plein de ses eaux dans le lac Bourlos par le Bahr Saïdi, le Bahr Nachart et le Bahr Tirah ; dans la mer par le Bahr Chibin ; dans la branche de Damiette, par l'extrémité du canal Sahel, en face de Damiette; dans la branche de

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Rosette, par quelques petits déversoirs ménagés le long des embranchements qui la côtoient.

Enfin, pour augmenter l'afflux des eaux pendant la crue, on peut ouvrir, sur la branche de Damiette, les anciennes prises du Bahr Ghibin et des canaux el Atf et Hadraouieh; sur la branche de Rosette, lancien ouvrage de tète du Bahr Saïdi. On a également à sa disposition plusieurs canaux nili, dont trois, récemment construits, partent du Nil en amont du Barrage, de chaque côté du rayah Menoufieh (voir pi. VIII, fig. H).

Telles sont les grandes lignes et les principaux éléments du système d'irrigation des provinces du centre du Delta.

Nous reproduisons figure 27 le profil en long du rayah Menoufieh el du Bahr Ghibin, d'après l'ouvrage Egyptian Irrigalion^ de M. Willcocks, qui fut pendant plusieurs années chargé de diriger l'irrigation de ces provinces. Ge profil en long est intéressant à plusieurs points de vue.

11 montre d'abord, parles altitudes des seuils des anciens ponts -barrages de Karinein, Santa, Rahbein et Demerah, que ce canal, creusé trop profondément au-dessous du sol, se trouvait surchargé d'eaux inutiles, qui, pendant la crue, noyaient les terres basses et empêchaient tout drainage, ou nécessitaient une réglementation exagérée qui produisait de forts dépôts de limon. Les nouveaux ouvrages de Nanaieh, Melig, Bessendilah et Bounah indiquent la position normale du plafond.

Ge profil fait ressortir en outre le niveau des eaux pendant l'étiage et pendant la crue. On y voit que, pendant l'étiage, c'est vers le soixantequinzième kilomètre seulement qu'elles atteignent la surface des terres. En amont de ce point, l'irrigation d'étiage ne peut se faire qu'au moyen de machines élévatoires.

Avec la cote d'altitude 13,20 m. à la prise, le rayah Menoufieh débite 105 mètres cubes par seconde; avec la cote 13,80 m., 140 mètres cubes; avec la cote 16 mètres, 400 mètres cubes.

Les sept dixièmes environ du débit sont distribués par le Bahr Ghibin, deux dixièmes par le canal Bagourich et un dixième par les dérivations directes du canal Menoufieh.

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