‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 77 sur 159 · RÉPARTITION · texte numérisé non relu

RÉPARTITION

du débit du fleuve

au Barrage.

en amont de la prise.

en aval de la prise.

Province de Vouesi.

Rayah Béhéra . . .

Provinces du centre.

Rayah Menoufieh. .

Provinces de Vest,

Rayah Tewfikieh. .

Canal Ismailieh . .

Canal Cherkaouieh.

Canal Bessoussieh .

Totaux

Débit

total réparti. . . .

D'après les chiffres des deux premières colonnes du tableau, qui donnent les cotes eu amont et en aval des ouvrages de prise, le rayah Menoufieh et les canaux Cherkaouieh et Bessoussieh coulaient librement, tandis que les prises des autres canaux étaient en partie fermées pour donner la répartition voulue.

Dans les années ordinaires, on maintient facilement le nFveau de la retenue à la hauteur réglementaire par la simple fermeture des portes, quoiqu'une quantité d'eau assez importanle filtre entre elles, et le niveau de Teau en aval reste au moins à la cote 10,50 m. Mais, dans les mauvais étiages, on est obligé d'étancher tous les joints ; alors il ne passe plus dans les branches de Rosette et de Damiette aucune goutte d'eau du Nil; elles ne reçoivent que des infiltrations; le lit est à sec à Taval du Barrage et la cote de Teau y descend jusqu'à l'altitude 9,20 m. Malgré ces précautions, on ne peut, ces années-là, tenir la cote réglementaire en amont du Barrage^

le débit du Nil étant alors inférieur aux besoins de l'irrigation. En 1900, la cote tomba, de ce fait, à 12,92 m. ; en 1890, elle était descendue à 12,89 m. ; et cela, bien que le débit des canaux fût réduit au minimum par une sévère application des rotations. Dans ce cas, il n'y a rien à faire, qu'à laisser passer les mauvais jours.

Pendant les très bonnes années, il y a assez d'eau dans le Nil en été pour qu'on n'ait pas besoin de fermer complètement les portes du Barrage.

Distribution au commencement de la crue. — On arrive ainsi jusque vers le milieu du mois de juillet, époque critique pour les irrigations, parce que, la crue commençant à peine, le fellah réclame beaucoup d'eau pour les semailles du maïs.

La cote minima qu'il convient d'avoir à ce moment-là en amont du Barrage est 15,30 m. Aujourd'hui que cet ouvrage peut donner avec sécurité cette retenue, quelle que soit la hauteur de l'eau en aval, il n'y a de difficulté à obtenir cette cote que dans les années d'éliage bas et prolongé. Dans tous les cas, on maintient le Barrage fermé jusqu'à ce que les eaux de la retenue arrivent à cette altitude, les canaux ayant leur prise entièrement ouverte et débitant toute l'eau qu'on leur demande.

Lorsque le Barrage ne pouvait encore supporter, par suite de ses dispositions, que des charges de 3,50 m. à 4 mètres, les arrangements étaient tout différents.

Avant 1896, on ouvrait graduellement les portes au fur et à mesure que le Nil montait, de façon à maintenir le niveau d'amont ; le Barrage était complètement ouvert lorsque le fleuve atteignait ce niveau sans retenue. C'était en général vers le 5 août que ce fait se produisait.

Mais, en 1896, la crue étant en retard, il y eut manque d'eau entre le 15 juillet et la fin d'août. On essaya alors, pour la première fois, de régler le Barrage au mois d'août avec la cote 15,50 m. en amont et 1 mètre de chute. On sauva ainsi le maïs. Le Barrage fut complètement ouvert le 22 août, soit dix-sept jours après l'époque ordinaire.

Depuis lors, dès que la crue se faisait sentir, on cherchait à atteindre le plus tôt possible la cote 15,50 m. pour la maintenir ensuite ; mais, afin de ne pas faire subir au Barrage des charges trop fortes, on ne relevait le niveau d'amont qu'en relevant en mémo temps celui d'aval.

Par cette manœuvre du Barrage en juillet, on avançait d'une quinzaine de jours le moment où le Nil atteignait la cote 15,50 m.; c'était déjà un grand bénéfice pour le coton et le maïs et une grande facilité pour la distribution de Teau ; avec le Barrage tel qu'il est aujourd'hui et la manière d'opérer qui est actuellement pratiquée, l'avance est encore plus considérable.

Distribution pendant la crue. — Au milieu d*août, la crue est généralement assez haute pour que le Barrage soit ouvert en grand sans que le Nil, en amont, s'abaisse au-dessous de la cote 15,50 m. On le laisse ouvert jusqu'au moment où le ileuve redescend à cette cote et alors on commence à le fermer plus ou moins pour le régime d'hiver.

Par exception, dans les très mauvaises années, le Barrage n'est pas complètement ouvert pendant la crue. Ainsi, en 1899, le Nil n'était encore, le 31 juillet, en amont du Barrage, qu'à la cote 14,30 m. ; il s'éleva graduellement jusqu'au 9 septembre à l'altitude 15,61 m. ; mais on ne put obtenir cette cote qu'en créant une chute de 0,28 m. sur la branche de Rosette et de 0,16 m. sur la branche de Damiette. La crue commençant alors à baisser, on ne put maintenir un niveau suffisant qu'en fermant davantage les portes et on empêcha de cette façon le Delta de souffrir d'une très mauvaise crue.

Pendant la crue, les ouvrages de prise des canaux restent ouverts en grand jusqu'à ce que la cote du Nil atteigne celle qui est fixée comme maxima pour ces canaux, soit 15,50 m. à 16 mètres. A partir de ce moment, on règle les ouvertures de prise de façon à ce que le niveau dans les canaux ne dépasse pas cette hauteur. Toutefois, pour le rayah de Béhéra, les conditions sont un peu différentes. Par mesure de prudence, tant à cause de l'état de l'ouvrage de tête, actuellement en cours de consolidation et d'achèvement, que par suite de la légèreté du sol sableux dans lequel il est creusé, on le ferme complètement par une digue lorsque le Nil atteint la cote 15,50 m. et on alimente la province de Béhéra par le canal Katatbeh, dont la prise est à 40 kilomètres en aval.

Distribution de F eau dans les deux branches du Nil. — Pendant les mois de crue, le Barrage étant entièrement ouvert, les branches de Damiette et de Rosette reçoivent toute la quantité d'eau qui n'est pas absorbée par les canaux d'alimentation du Delta. Une partie de celte eau est envoyée sur les terres par les canaux nili échelonnés le long de ces deux branches et dont les prises, en raison de leur niveau, se remplissent vers le milieu du mois d'août.

Mais, à partir du moment où, le niveau du fleuve s'abaissant, on ferme graduellement les portes du Barrage, la proportion d'eau qui s'écoule dans les deux branches diminue rapidement par rapport à celle qui est envoyée dans les canaux. Comme, après la crue et pendant toute la durée de l'étiage, elles ne servent, au point de vue de l'irrigation, qu'à alimenter des machines élévaloires qui n'ont guère qu'un débit maximum de 25 mètres cubes par seconde pour la branche de Rosette et de 20 mètres cubes par seconde pour la branche de Damiette, leur lit contient toujours assez d'eau pour satisfaire à ces besoins, sauf toutefois lorsque, dans les mauvaises années, on est obligé

de calfater hermétiquement les portes du Barrage pour empêcher toute perte par l'aval. Dans ce dernier cas, les deux branches du Nil, du Barrage à la mer, ne sont plus alimentées que par la nappe souterraine et par le drainage naturel vers la cuvette profonde du lit du fleuve des eaux d'infiltration provenant de l'arrosage. Cette récupération est relativement assez importante. Ainsi, d'observations faites par les ingénieurs, pendant le très bas étiage de 1900, sur la branche de Rosette, dans la partie inférieure de son cours, il résulte que les infiltrations fournissent à cette branche, évaporation déduite, en mai 50 mètres cubes et en juin 40 mètres cubes par seconde. C'est un débit suffisant pour entretenir le débit des pompes. Cependant, au mois de juin de la même année, cette alimentation par le sous-sol sembla s'arrêter tout à fait; sur la branche de Damiette, le lit du fleuve ne présentait dans certains endroits qu'une succession de mares stagnantes (c'est d'ailleurs tout à fait exceptionnel). On dut alors réduire de 11,53 m. par seconde le débit du rayah Menoufieh en diminution de la part qui lui revenait et augmenter d'autant le débit du rayah Tewfikieh; cette quantité doublée fut restituée au Nil, au kilomètre 89, par l'ouvrage de tête du canal Mansourieh, et mise ainsi à la disposition des machines élévatoires établies à peu près par moitié sur une rive et sur l'autre.

Ainsi, sauf dans des cas très rares, le débit d'étiage des deux branches du Delta est suffisant pour le débit des pompes. Mais, il arrive assez souvent que le niveau du fleuve n'étant plus assez élevé, les eaux de la mer remontent jusqu'à des distances de 30 à 60 kilomètres des embouchures et rendent l'irrigation par machines impossible sur tout ce parcours.

On remédie à cet inconvénient de diverses manières suivant que, d'après les prévisions, la situation doit durer plus ou moins longtemps. Tantôt, lorsque cette invasion de l'eau salée ne doit se produire que quelques jours avant l'arrivée de la crue, on fait des lâchures dans le lit du fleuve par les déversoirs des canaux, ou même par le Barrage. Tantôt, lorsque les eaux salées ne remontent pas trop haut, on autorise les pompes à puiser dans les canaux voisins. Mais quand on prévoit que les difficultés doivent durer plusieurs mois, on construit un barrage temporaire en enrochements à quelques kilomètres de l'embouchure du fleuve, pour en relever les eaux à une certaine hauteur au-dessus du niveau de la mer. Ce barrage est enlevé aussi complètement que possible dès que la crue commence à arriver.

Cette digue, sur la branche de Damiette, est établie un peu au nord de la ville de Damiette, à 12 kilomètres de l'embouchure. En 1900, elle fut fermée complètement le 16 mars et enlevée fin juillet. On obtint ainsi une retenue d'un demi-mètre pendant l'étiage. La dépense de construction et d'enlèvement fut de 128 000 francs. L'eau salée est plus nuisible encore sur la branche de Rosette que sur celle de Damiette, d'une part, parce que les

cultures qui en souffrent sont plus étendues et, d'autre part, parce que, lorsque la mer remonte en amont de la prise du canal Mahmoudieh, Talimentation d'eau douce de la ville d'Alexandrie se trouve compromise. Aussi c'est assez fréquemment qu'on construit un barrage provisoire à l'embouchure de la branche de Rosette. On le place h Mehallet el Amir, à 30 kilomètres de l'embouchure du fleuve. Par exemple, en 1898, on en fit un qui fonctionna des premiers jours de juin à la fin de juillet, qui coûta 208000 francs et qui donna une retenue de 0,40 m. à 0,50 m. pendant l'étiage.

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f terre.

Hauteurs o^ooip.l^ Êlévalion.

f i\ io i

EcJveZU. 0^0025 p.l^

Coupe transversale.

Fig. 28 et 29. — Barrage provisoire de Mit Gamr.

et de 1,25 m. à la fin de juillet, lorsque les eaux nouvelles arrivèrent. Les pompes d'Atfeh purent alors fonctionner du 23 mai au 18 août, et fournirent au canal Mahmoudieh pendant cette période un débit supplémentaire de 60 000 000 de mètres cubes. En 1900, on recommença, au prix de 245 000 francs; le barrage fonctionna du 18 avril à la fin de juillet; les pompes d'Atfeh marchèrent du 10 juin au 16 août et lancèrent dans le canal Mahmoudieh pendant ce temps 84 000 000 de mètres cubes d'eau douce.

L'usage de ces digues provisoires date du temps où, le Barrage ne donnant pas encore tout son effet, certains canaux importants avaient leurs prises sur les deux branches du Nil, et où l'irrigation des provinces du Delta dépendait encore pour une grande part de la bonne alimentation de ces canaux. On trouvait alors plus économique et plus pratique d'exhausser le niveau des eaux d'étiage, en divers points du fleuve, par cçs ouvrages temporaires, que de creuser les canaux à une profondeur assez grande pour leur assurer un débit suffisant.

Ainsi, voici quels furent, en 1887, les barrages provisoires construits en travers du Nil.

Sur la branche de Damictle :

1** En aval des prises du Bahr Moez et du canal Sahel, à MiUGamr ; ouvrage commencé le 13 avril et achevé le 15 mai, formé de 3 000 mètres cubes de pierres ; coût, 35000 francs; retenue obtenue, 0,44 m. ;

2^ En aval des prises des canaux Mansourieh et Om Salama ; ouvrage commencé le 22 avril et fini le 1" mai, comprenant 6 190 mètres cubes de pierres; coût, 63 000 francs; relèvement obtenu, 0,62 m.;

3** En aval de Damiette; ouvrage commencé le 18 mai et fini le 19 juin ; on répara sur 400 mètres de longueur louvrage de 1886 pour 26000 francs ;

Sur la branche de Rosette :

1* En aval de la prise du canal de Katatbeh ; ouvrage commencé le 3 février et fini le 6 mars pour 68 000 francs ; relèvement obtenu 0,85 m. ;

2* A Mehallet el Amir, en aval d'Atfeh, ouvrage commencé le 1®' février et fini le 7 avril ; coût 276 000 francs; relèvement obtenu, 0,50 m.

Les figures 28 et 29 représentent le barrage provisoire qui fut construit en 1885 à Mit-Gamr, sur la branche de Damiette. C'est un massif d'enrochements établi en travers du fleuve et formant une digue de 430 mètres de longueur avec 25 mètres de largeur en couronne. Quand la crue venait, la plus grande partie possible des pierres était déposée sur la rive pour être utilisée Tannée suivante ; le reste, laissé en place, ne produisait qu'un relèvement insensible des eaux, la section du lit mineur barré pendant Tétiage n'étant qu'une très faible portion du lit majeur.

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