‹ Les irrigations en ÉgypteChapitre 87 sur 159 · FAYOUM · texte numérisé non relu

FAYOUM

Le drainage du Fayoum est facile en raison des pentes assez fortes du terrain vers le lac Keroun. Ce lac, qui est le réceptacle naturel des eaux de colature, a une surface d'environ 200 kilomètres carrés. Par suite de la suppression d'anciens bassins d'inondation, qui ont été transformés en terres d'irrigalion, et qui se vidaient dans le lac Kéroun, par suite aussi d'une meilleure utilisation des eaux d'arrosage dont une trop grande partie allait autrefois se perdre sans utilité dans le môme lac, son niveau maximum annuel s'est abaissé de 4,20 m. depuis 1885. Le plan d'eau varie d'ailleurs suivant la saison; il baisse généralement du 1°' mars au 31 octobre, monte du 1" novembre au 31 janvier et reste stationnaire en février; ce mouvement est en rapport avec les quantités d'eau consacrées à l'irrigation aux diverses époques de l'année et aussi avec l'intensité de l'évaporation. Dans son ouvrage sur le Fayoum et le lac Mœris, le major Brown calcule que l'évaporation enlève, en année moyenne, une tranche d'eau de 2,36 m. à la surface du lac.

Au 1" mars 1902, le Keroun affleurait à 44,19 m. au-dessous du niveau de la mer, soit à 69 mètres au-dessous du niveau des terres au pont d'El Lahoun, qui marque l'entrée dans le Fayoum du Bahr Yousef, source unique d'alimentation de la province.

Les canaux d'arrosage du Fayoum, qui sont tous des embranchements

* Tous les travaux de transformation de cette région se rapportent à la suppression des baS' sins aménagés en terres irrigables pour l'emploi des eaux emmagasinées au réservoir d'Assouan. Bârois. — Les irrigations en Égyplc. 13

du Bahr Yousef (voir pi. V), versent directement dans le lac Keroun Texcédent de leurs eaux, excédent qu'on cherche à réduire à son minimum en réglant avec soin le débit du Bahr Yousef d'après les besoins, de façon à éviter un relèvement du lac qui compromettrait les cultures des terres basses. Les eaux de drainage lui sont pour la plus grande part amenées par deux canaux principaux, le Ouady Nezleh au sud-ouest et la partie inférieure du Bahr Timieh au nord-est.

Une petite partie du Fayoum, nommée el Gharak, ne peut être drainée vers le lac Keroun; c'est une dépression tout à fait fermée sauf du côté de la petite gorge par où elle reçoit son canal d'irrigation ou Bahr el Garak. I^es parties inférieures de ce bassin se trouvent dans de mauvaises conditions au point de vue du drainage ; tout ce qu'on peut faire, à moins de dépenser des sommes énormes, est de diminuer, autant que les nécessités des cultures le permettent, le débit du Bahr el Gharak.

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