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PROVINCES A L EST DE LA BRANCHE DE DAMIETTE

La pente générale du Delta étant celle qui est figurée sur la coupe longitudinale ci-jointe (fig. 36), les lacs qui forment une ceinture sur les bords

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Fig. 36.

de la mer sont les exutoires naturels de Texcédent de débit des canaux d'irrigation ainsi que des eaux de drainage.

Les provinces situées à Test de la branche de Damiette, dont la surface cultivable est de 526 000 hectares, sont bordées au nord par le lac Menzaieh, qui communique avec la mer par une seule ouverture, celle de Gemileh. Ce lac couvre d'une façon permanente une superficie de 180 000 hectares, et comme son niveau monte d'environ 0,60 m. pendant la crue, au moment où le débit des canaux atteint son maximum, il inonde en plus, pendant plusieurs mois chaque année, 83 000 hectares de terres incultivables.

Pendant longtemps, à la suite de la suppression générale du régime des bassins dans le Delta, le trop-plein des canaux d'arrosage et les eaux de colature des terres hautes, qui arrivaient dans les terres basses du nord, y circulaient avec lenteur, dans dos chenaux irréguliers et non endigués et, divaguant sur un sol presque sans pente, y formaient des marécages d'eau saumâtre d'une superficie de 160 000 hectares. La moilié à peu près de cette surface a pu être mise en défrichement par l'effet des grands travaux de drainage entrepris pendant ces dernières années.

Les principes suivant lesquels sont conçus ces travaux de drainage sont les suivants :

1** Ne pas exagérer le débit de crue des grandes artères d'irrigation et faire en sorte qu elles apportent au Menzaleh le moins possible d'eaux inutiles, qui exhausseraient trop le niveau du lac et nuiraient ainsi à Técoulementdes canaux de drainage en diminuant leur pente superficielle. A cet effet, les grands can<iux d'irrigation ont été munis, tout le long de leur cours et à leur extrémité inférieure, d ouvrages régulateurs permettant do contrôler leur débit en tout temps. Les canaux de drainage envoient d'ailleurs forcément plus d'eau au lac pendant la crue, à cause de l'irrigation plus intensive qui se fait, sur toutes les terres, à cette époque de l'année.

2* Utiliser, autant que possible, comme grandes artères de drainage, les anciens chenaux qui formaient auparavant les cours inférieurs des grands canaux d'irrigation, de façon à réduire les frais de construction. Au point où un canal d'irrigation devient canal de drainage, se trouve un ouvrage régulateur qui ne laisse passer que la quantité d'eau nécessaire à maintenir un faible courant dans le canal d'irrigation.

Les canaux de drainage sont endigués et prolongés jusque dans Tintérieur du lac, de façon à fournir en toute saison un bon écoulement. Ordinairement, dans leur partie inférieure où la pente du lit est nécessairement faible, on force plutôt la profondeur que la largeur, de façon à empêcher l'envahissement des plantes aquatiques. Un coup d'œil jeté sur la carte de la Basse Egypte (pi. VI) montre bien comment ces principes ont été appliqués dans la partie du Delta qui nous occupe.

Un seul grand canal d'irrigation, le Bahr Saghir, aboutit au lac Menzaleh ; son débit est contrôlé dès son origine par un ouvrage régulateur. Les autres grands canaux, le Bouhieh, le Bahr Moès, le Bahr Facous se terminent, comme canaux d'iri'igation, par un ouvrage régulateur, à une quarantaine de kilomètres du lac, ne donnant l'eau aux terres situées en aval que par des embranchements secondaires. Sur le reste de leur parcours jusqu'au lac, ils forment des canaux d'écoulement qui, réunis entre eux à peu de distance des bords du Menzaleh, se confondent en deux grandes artères de déversement, le Bahr el Bagar et le Bahr Saft. Quelques colateurs moins importants drainent la région comprise entre le Bahr el Saghir et le Nil.

De nombreux embranchements se ramifient dans les intervalles compris entre les canaux d'irrigation jusque sur les terres voisines du Nil et s'écoulent dans ces artères principales de drainage.

Nous traiterons à part le drainage de la région située le long du cours inférieur du canal Ismaïlieh.

L'ensemble de ces travaux ne constitue pas une solution définitive ; on

voit en effet sur la carte quelle vaste région, actuellement en cours de défrichement, est encore mal desservie par les canaux d'arrosage dans le voisinage du lac Menzaleh. Toutes ces terres seront évidemment mieux pourvues un jour, au furet à mesure qu'on pourra augmenter le débit du Nil à Tétiage en créant des réserves d*eau le long de son cours.

Lorsque ce temps sera venu, on pourra en outre, en améliorant et en réglant les communications du lac avec la mer, livrer à la culture les 80000 hectares qui sont actuellement noyés une partie de Tannée par suite du gonflement du lac pendant la crue et même envisager la question du dessèchement du lac.

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