‹ Les isolements, 1903-1904 (volume 2)Chapitre 15 sur 35 · LE MEN · texte numérisé non relu

LE MEN

1 globe montant d I désert et gris de ' ['automne osciUe <; t le ciel doux, mél riolet n'a qu'un p t>alayé la route du viuage, , en rivant, viennent de l'abreuvoir, ■B seins naissants, le vent plus ttoià du soir rs voiles blancs et bleus ou les écarte, u C'est ici la demeure de Marthe, y soupe, Agar, voudrais-tu pas le voir ? »

le bras nu se tend vers le beurtoir.

I la porte ; et, modeste et tranquille, I qu'éclaire une lampe d'argile te flamme et d'un grand balo d'or, ont noirs, on sent du silence qui dort

LIS ISOI.BUBNTS 8l

Et de rhumidité dans l'ombre où sont les cruches.

Des fruits, du pain, des plats sont posés sur les huches,

Et Marthe avec sa sœur se retooraent bu bruit

De la porte s'ouvrant sur la rue et la nuit.

Sur le bleu des coteaux et sur la lune haute.

D'uD attelage au loin qui rentre et qui cahote.

On entend brusquement le roulement profond.

Jésus, qui méditait, n'a pas levé le front.

Il laisse devant lui toute la nourriture,

Une goutte de vin a trempé son eau pure,

U regarde sans voir les raisins et les plats.

La tête entre ses mains, ses longs doigts délicats

Plongent dans ses cheveux, de son pâle visage

On n'aperçoit qu'un peu de sa barbe sauvage.

Ëmue et rougissante, et sans quitter des yeux

L'h6te triste et divin, la plus grande des deux

Murmure doucement : u Marthe, je te salue.

Tu me connais, je suis la fiUe du moulin,

Et ma mère m'envoie et moi je suis venue

Pour t'emprunter ce soir un écheveau de lin. »

LES ISOLBMBIfTS

Avec deux grandes Campanieimes Sommeillant dans leurs noirs cheveux, Tandis qu'aux rameaux bas des fréiies Se balancent des voiles bleus.

Le plus vieux bouc, fauve et lubrique.

Semble presque se réjouir Et sourit, Sylvain ironique.

D'avoir vu les filles dormir.

Et dans le jour levant qui dore Les sept monts de Rome & la fois.

Le berger se retourne encore Avant d'entrer dans les sous-bois.

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