‹ Les isolements, 1903-1904 (volume 2)Chapitre 19 sur 35 · MARGUERITE DOHT SOUS L'HERMINE · texte numérisé non relu

MARGUERITE DOHT SOUS L'HERMINE

L'aube d'un jour d'hiver rougît les toits du Louvre .

Un gros drapier qui bâille h grand Iracas, entr'ouvre

Sa porte et son auvent, et grelottant de froid,

Regarde avant d'entrer la fenêtre du roi.

Tout est clos et ses yeux se portent, ironiques.

Au balcon de la reine où les lis héraldiques

Tachent le fer ventru de trois larges points d'or.

« Madame Marguerite est endormie encor »,

Se dit le rustre épais qui sourit comme un faune.

n range le velours, les ciseaux clairs et l'aune.

Les pi&ces de satin, les escabeaux de bois.

Mais il songe à la chambre oit la brane Valois

Dans la nuit des rideaux, chaude et sombre, sommeille.

Mi-close, sur ses dents, luit sa bouche vermeille

Où parait palpiter un essaim de baisers ;

Ses souliers d« drap d'or au hasard sont posés.

LES ISOLBKSKTS

ïcart, sa blanche collerette,

n fauteuil ; od ne voit que sa (£te,

lieuse a caché ses bras nus,

) d'ambre tiède, et des linges confiis

rs sculptés mettent des touches pftles,

)UB le flot des hermiiies royales,

rfiims, sort un sou£Qe d'amour,

me et frais, étourdissant et lourd,

nir de la nuit, une rose

I un sein meurt sur un meuble où repose

sristal teint d'un illustre vin...

uvre legipan sous le toit d'un vieux pin,

,pe d'or, à Vénus qui se peigne

défaite, ainsi, sous son enseigne

TÎbuts de son humble métier,

e regrets le gros marchand drapier,

^id soleil dans l'eau du fleuve saigne.

LSS ISOLBMBNTB

Aa vute gonflement des manteaux éperdus

Aux vents des altitudes.

L'amertume des cœurs ne se mesure plus.

Laissons les oripeaux et les fronts abattus

Des grandes attitudes.

Pourquoi s'asseoir dans l'herbe bu milieu des tombeaux.

Quand on entend la vie Bourdonner sur les Qeun, dans les bois, sur les eauxP Pourquoi venir montrer sur de pauvres tréteaux

Notre mélancolie ?

Ta sais seul ta douleur, d mon cœur ignoré ;

Tout te blesse et t'accable.

Tout te fuit : gloire, amis, te visage doré De l'amour, et la paix du jardin éclairé

Où l'on dresse la table.

Hais, vois, cette tonnelle est un abri bien sûr

Devant l'auberge sombre, Asseyons-nous, buvons ce verre de vin par, Regardons cette lune et ce limpide azur.

Et restons li dans l'ombre.

LBS ISOLEMENTS

assant, ne soupçonne ce soir immense amertume.

X toit confus, pesant et noir, mais on ne peut le voir.

Mine s'il fume 1

LES ISOLBUBNTB

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