‹ Les isolements, 1903-1904 (volume 2)Chapitre 21 sur 35 · INSCRIPTION SUR UN LAURIER · texte numérisé non relu

INSCRIPTION SUR UN LAURIER

verdoyant laurier, je suis jeune et je t'aime. Je t'ai planté souvent dans le sol d'un poème, Tu donnas i mon œuvre un frémissement noir.

Je suis jeune. Pareils aux oiseaux d'un grand soir, Passereaux, blancs ramiers et vives hirondelles. Au ciel bleu de monxoeur les vers éploient leurs ailes. Je t'aime, mais la vie est brève et quand mes vers. De leurs cieux chaque jour plus vides et déserts. Tomberont sans chaleur, lorsque ma tête brune Sera blanche, un beau soir, je viendrai sous la lune Émonder ton feuillage avec mon vieux couteau. Et, tranquille, couper sous ma main qui l'abaisse, laurier verdoyant, le bAton de vieillesse Avec lequel on frappe aux portes du tombeau t

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