‹ Les isolements, 1903-1904 (volume 2)Chapitre 31 sur 35 · E MORCEAU DE PAIN · texte numérisé non relu

E MORCEAU DE PAIN

qu« j'ai fait le soir épouvantable pas venue ? Aprèi qae sur ma table, e en silence eut disposé le pain, 1 de oistal, et les plats et le vin, ses qui te sontchers près de la lampe, lé longtemps l'ombre baignant la rampe IX où tremblait comme un feu de berger roid, brillant d'un éclat étranger.

! repas. Sur une haute branche, tas la nuit la large nappe blanche, jlant taché par le vin répandu, dans mes mains retomber mon liront nu, s'est écroulé comme un mur. et dans l'ombre I l'espérer s'éteignait un feu sombre, ans un coffret un morceau vieux et gris er pain qu'un soir avec moi tu rompis, sn avaient fait une cendre durcie, âgé trempé de mes pleurs, lentement, était terrible. itmibre aliment lourri ma veille et ma mélancolie I

Tu m'as dit qu'en pasiant, da doigt on t'a montrée,

Laiaie, ne t'émeus pas de ce geste, d dorée I

Il veut dite : Voici celle qui maintenant

Porte le grand manteau pourpre, noble et traînant

Du poète exilé dans une sombre étude.

Elle seule a la clef de cette solitude.

Il a sur le chemin clos ses petits volets^

Nul ne l'a vu depiùs l'hiver ; déjà les blés

Se dorent dans l'air roux tout pétri de lumière

Et c'est elle qa'il aime, et muse familière.

Elle doit s'accouder avec ses beaux bras nus

Sur des cahiers fermés où des vers inconnus

Bourdonnent dans la nuit de sa demeure close.

Regardez, elle est grande et fière, elle est sa rose.

Elle va le revoir, et devant sa maison,

n l'attend, anxieux, lui qui, vers l'horizon,

Ne guettait que la gloire attachant ses sandales.

Et voyez, aux rubans de la claire saison

Qui nouent & son chapeau des passeroses pâles.

Elle porte, brillant d'un vif éclat guerrier.

Quelques feuilles du pur, de llllustre laurier.

ISOLBMINTS

aussi je le sais, tout m'enseigne :

^ d'adieux où le nuage saigne -s la nuit, ces feuillages, ces fleurs, aux fuyant les brins d'herbes en pleurs, froisse un peu les lourdes retombées )t s'en va sou£Qer sur les flambées s que l'on brâlç, et cet astre et ce jour, signe et me dît que le bonheur est court, 1 n'est plus qu'un tas d'heures sonnées, ïcompagnons le convoi des années, ai demain le convoi de l'amour.

, crois-tu donc, voyageuse divine, plein de toi, mon cœur puisse oublier ts d'abandon où ta tête s'incline -as, comme au vent qui descend la colUne nchée embaumant le rosier ?

e j'oublierai ta longue forme brune, ens t'accouder au balcon blanc de lune.

LES IBOLBMINTS iS-J

Plus lourde de pariume que l'orae des jasmins ?

Que je ne verrai plus ces rayons sur tes mains.

Ces rayons de la nuit sur ta tâte pâlie,

Ta goi^e, ma colombe, et la mélancolie

De l'azur traversé de larges frissons bleus.

Et ces ondes d'amour plus vaguee^ et plus belles.

Qui courent dans le champ infini de tes yeux.

Et baignent par moments le ciel de tes prunelles ?

Nous n'avons pas en vain, dans les bois dépouillés.

Marché sous les arceaux des grands arbres rouilles ;

Je sais comment tu dors, car tu t'es endormie

Souvent sur mon épaule, ô ma plus chère amie.

Et dans mon cœur, miroir que rien ne peut ternir.

Revit fidèlement le moindre souvenir.

Va, si jamais tu pars ce n'est point tout entière.

Mes jours sont lourds des tiens et pour longtemps encpr.

Et tu rempUs ma vie ainsi qu'une rivière

Emplit son lit profond jusqu'aux herbes du bord.

Et laisse en s'en allant aux terres riveraines.

Entre la digitale et les grands roseaux d'or.

Des ruisseaux-de cristal et de vives fontaines !

LKS IBOLBHBNT8

Aind, la vojigmr qui tUni Mn oonrt punge.

Se npoM un moment ti ]'*bri du vtllon, Sou* l'arbre boiplUdiar dont il goAU l'ombrags, A,v«iit que d« partir aima b gnyer ion nom.

, — A Bbiirt.)

lux par les échos de mon cœur^ maintenaDt.

arrêtas un soir sous cette arche isolée, iépouillé mon front de son laurier tremblant Pour ta belle t£te voilée.

I veux pas savoir les routes que tu pris venir, et Pétrarque écrivant k l'aurore it jamais penser qu'un vieillard eût surpris Un bateher riant i Laure.

ine de mes jours le plus parfait matin, de image de neige et de roses pétrie, a voix à jamais s'élève du jardin D'une page à jamais fleurie I

LS» IflObBHSHTS ]3g

Désormais, tu ne peux descendre sans déchoir Des degrés que pour toi j'ai taillé» dans la pîetre, Ni te lever du siège où je t'ai fait asseoir Plus mélancolique et plus fière.

Tu ue peux arracher ma couronne et mes Beurs, Ëcoute autour de toi battre mes strophes blanches. Deux chœurs te suivent, l'un est secoué de pleurs, L'autre agite de vertes branches.

A. jamais tu me suis vers l'Immortalité, Ou vers l'oubli funèbre où sombre la mémoire Des poètes trop las qui n'ont pas su chanter. Et n'ont pas connu la victoire.

Demeure près de moi sous ces lauriers amers.

Et conune sur un roc au fond de la vallée.

Cache les pieds pesants et sombres de mes vers De ta robe bleue étalée I

IJÏO LBS IBOLBUBHT8

Mrd, par les couchants ro;^''*'^ « d'or teignaient les riches eaux, wor rêver aux terraises valoises.

sortait d'un bois plein de framboises doux nom qu'il murmurait tout bas.

disait-il, et l'odeur des lilas, nonie agréable et fleurie,

beaux vers qu'il faisait pour Marie, ous la mauve et sous les myrtes verts,

riait aux caresses des vers es Et ne sont que poudre fine.

iB comme eux. Tout s'efface et s'incline

tu verras se faner chaque jour, ivant nous ont aimé ! Notre amour ipide accord de vastes symphonies, me grftce et comme nos deux vies .

sette mort ne m'épouvante pas.

nrel lorsqu'on est vieux et las

Las ISOLBMSNTS itf]

De voir tomber le soir et de marcher dans l'ombre. La mort que je redoute est plat triste et plus sombre, Elle brise les cœurs, elle pourrait venir.... Taisons-cous, elle rdde et viendrait nous surprendre, Et moi je ne veux pas n'avoir qu'un souvenir Plus amer qu'à ma bouche un verre plein de cendre I

LKS IBOLSMINTS

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