‹ Les isolements, 1903-1904 (volume 2)Chapitre 7 sur 35 · LE RÉVEIL AU CHA · texte numérisé non relu

LE RÉVEIL AU CHA

Moi que berce au matin la chanson det Je voudrais une fois seulement œ'éveill pans le grand Ut royal de Louis, à Ven Un chaud dimanche bleu de la fin de ji

J'aurais laissé toutes ouvertes les croisa Solitaire, le parc assoupi rêverait ; L'orient serait plein de promesses rosée El sur un cadre ovale un rayon poudre

Sombres massifs, bois noirs, perspectif Richesses, fleurs de lys, flambeaux, lai Maîtresses de ^ cour aux épaules nacré Tout cela dans mon cœur cpmme l'azu

Se fondrait, et songeur, sans bouger, l'i Regardant sous un if un profil d'vËgij Je serais là, troublé, comme si, denù-n Dans le lit parfumé dormait la Mootesi

ormoum rewiuire doce» AmarjUida lilvu, i VirgUe.

et manque à ses destins, i triomphants matins annaient les cietix mythologiques, entre les pins orphiques ate, amants dans le bI4 m&r, d'un flamboîmenl plus pur, sous les buissons de roses I s où revivent ces choses ?

lé pleure la liberté ?

lutel est dévasté, X plaines d'Arcadie lus la divine élégie r l'ombre grave du soir.

uque et tu ne sais plus voir.

LES ISOLBMKNTS

cupide maria, dans un roux crépuscule, Fumer, entre les pins, le haut bûcher d'Hercule, Ni la femme d'argent hors des vagues, sur^.

GagtiB le port, vends tes poissons, viens t'accroupir Devant un broc de vin au fond de la tavemâ.

Car la prostituée et sa pauvre lanterne Remplacent à présent le jeune corps vermeil Des naïades riant dans un flot de soleil. Et vous, A travailleurs, horde triste et lassée. Remettez votre outil sur l'épaule blessée.

Et reprenez lugubrement l'œuvre du jour.

Quand vous pourriez être divins, avoir l'amonr Sur vos actes ainsi qu'une aurore éclatante, Faucher joyeusement un vert gazon en pente, Boire aux sources des bois, hbres et presque nus. Gomme dans Théocrite et comme dans Longus, Contempler l'azur plein de vives hirondelles. Rire le soir avec des compagnes plus belles, Croire entendre du Ut tout jonché de jasmins. Le champâtre pipeau lunaire des sylvains.

Au cœur des arbres noirs, dormants et solitaires. Ou voir dans le champ clair d'un ceil voluptueux, Tourner la nuit sereine et la ronde des dieux Battant de leurs pieds blancs la paille de vos airei !

rfums, moites de rosées !

ofoads son bras rond et tremblant^

1 jambe d'ivoire,

i de son grand corps blanc

a nuit j'aurais souvent pu croire

iteur fou, j'avais pétri,

1 que figurait ma couche

s torse fleuri

: à la belle (oucbe I

LKS ISOLEIIBNTB

Le vent du matin vif qui passe au ras des prés L'heure violette.

Les sou£Qe9 marins dans les noirs cyprès Nous trouvaient attablés i la divine Kte,

Arec des roses dans le vin ; Puis nous donnions jusqu'à la nuit luisante et Au réveil, ma main Avait le parfum de sa chevelure.

Mais, Muse, maintenant j'ai devancé le jour, La fâte est finie.

J'ai hrisé la coupe et mon seul amour Est un livre de vers plein de mélancolie.

Blanche aimée, ah ! reviendras-tu ?

Mes mains n'ont plus l'odeur de ces toisons d Ni de ce bras nu.

Nous pouvons encore rallumer la flamme,

R&ver comme autrefois jusqu'au chaste matin Tout palpitant d'ailes.

Jusqu'à l'heure hleue où monte du thym Le vol neigeux d'un couple uni de tourterelles.

J'ai lavé mon front et le fard A poudré le ruisseau qui coule sur le sable ; N'est-il pas trop tard?

Veux-tu revenir t'asseoir & ma table ?

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