LE REVEIL AU CHATEAU
Moi que berce au matin la chanson des sonnailles, Je voudrais une fois seulement m'éveiller Dans le grand lit royal de Louis, à Versailles, Un chaud dimanche bleu de la fin de juillet.
J'aurais laissé toutes ouvertes les croisées ; Solitaire, le parc assoupi rêverait; L'orient serait plein de promesses rosées, Et sur un cadre ovale un rayon poudroîrait.
Sombres massifs, bois noirs, perspectives dorées, Richesses, fleurs de lys, flambeaux, larges miroirs, Maîtresses de la cour aux épaules nacrées, Tout cela dans mon cœur ce mme l'azur des soirs
Se fondrait, et songeur, sans bouger, l'âme émue, Regardant sous un if un profil d'vEgipan, Je serais là, troublé, comme si, demi-nue, Dans le lit parfumé dormait la Montespan.