A UN AMI, PENDANT UNE ABSENCE
Tu me disais : « Souris, reprends goût à la vie,
Vois ces roses, l'averse a rafraîchi leur chair,
Ne marche pas penché sur ta mélancolie
Gomme un enfant cherchant des fleurs sur le pré clair
Il est encor de belles heures ; la lumière Du printemps embaumé baigne les rameaux verts, Un toit fume là-bas, vois, il est noir de lierre ; Toi qui savais jadis, écris encor des vers.
Ta tristesse va fuir comme cette fumée, Tu venais chaque soir, calme et seul, autrefois, Rêver en souriant sous la sombre ramée... » Et je t'ai répondu : « Ces roses je les vois,
Le toit fume, il a plu dans la nuit, sur la route, Et peut-être aurons-nous des raisins et du blé, Je prends goût à la vie et sais des vers, écoute : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. »