‹ Les isolements, 1903-1904Chapitre 51 sur 76 · A UN AMI, PENDANT UNE ABSENCE · texte numérisé non relu

A UN AMI, PENDANT UNE ABSENCE

Tu me disais : « Souris, reprends goût à la vie,

Vois ces roses, l'averse a rafraîchi leur chair,

Ne marche pas penché sur ta mélancolie

Gomme un enfant cherchant des fleurs sur le pré clair

Il est encor de belles heures ; la lumière Du printemps embaumé baigne les rameaux verts, Un toit fume là-bas, vois, il est noir de lierre ; Toi qui savais jadis, écris encor des vers.

Ta tristesse va fuir comme cette fumée, Tu venais chaque soir, calme et seul, autrefois, Rêver en souriant sous la sombre ramée... » Et je t'ai répondu : « Ces roses je les vois,

Le toit fume, il a plu dans la nuit, sur la route, Et peut-être aurons-nous des raisins et du blé, Je prends goût à la vie et sais des vers, écoute : « Un seul être vous manque et tout est dépeuplé. »

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