‹ Les isolements, 1903-1904Chapitre 6 sur 76 · A UNE FILLE EN ROUGE · texte numérisé non relu

A UNE FILLE EN ROUGE

Grande fille en robe sanglante, Qui traverse le vieux faubourg, Par cette soirée éclatante, Sous l'azur rouge et le ciel lourd,

Es-tu pour le rêveur tranquille Qui goûte ce pur soir d'été, Las du travail, las de la ville, Es-tu la Popularité ?

Ces feuillages dans ta corbeille,

Ces belles roses, ce laurier,

N'en viens-tu pas ceindre, ô vermeille,

Mon front d'apôtre et de guerrier ?

Mais non, tu fuis et le soir passe, La lune monte et resplendit, Nulle rumeur n'emplit la place, Et personne ne m'applaudit.

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