‹ Les isolements, 1903-1904Chapitre 63 sur 76 · CREPUSCULE · texte numérisé non relu

CREPUSCULE

Un point d'or, l'azur des coteaux, Le soir d'été baignant la terre, Un vieux chemin plein de mystère, Sous les fronts penchés des bouleaux

Et s'effacant dans la ramée,

Un couple qui s'en va disant,

Au bleu clair de lune d'argent :

« Mon bien-aimé, » « ma bien-aimée. »

Ce n'est rien, mais c'est l'infini D'une vie aimable et rapide, Le vent tiédit, l'étang se ride, On entend des voix dans un nid...

O planètes, terres lointaines, Avez- vous aussi de beaux soirs, Des chemin creux et des bois noirs Pleins de frissons el de fontaines,

Et des lilas et des rosiers,

Avec de belles formes blanches,

Sous les tremblants arceaux des branches,

Aux fins de jour, dans les sentiers ?

LES ISOLEMENTS Ij3

A Charles Derennes.

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