Les çofs juifs
Le principe de l'élection des membres des Consistoires avait donné en France de bons résultats. Aussi, en dépit des réserves de certains membres du Consistoire Central qui se méfiaient de la mentalité des Israélites algériens, avait-on accepté de l'introduire dans les communautés algériennes (1). C'était, en raison de la structure de la société juive indigène, commettre une faute.
Depuis plusieurs années, les grandes familles se disputaient les places d'honneur et la direction de la communauté. L'autorité de administration n'avait pas toujours suffi pour leur imçoser une discipline. Des çofs, semblables à ceux de la société berbère, oprosaient de père en fils les notables de l'arislocratie et leur clientèle. Ces luttes, la compétition allait les rendre plus vives et leur donner l’occasion de se multiplier. Chaque élection au Consistoire devint un prétexte de bataille et de trouble. #
Les méthodes seules changèrent. Jadis, on intrizuait auprès des préfets pour supplanter son rival. La nouvelle organisation voulait que l'on transportit ces querelles devant la plèbe. Mais comme c'étaient surtout les suffrages de celle-ci que l’on briguait, les candidats durent plaire, s'attacher les miséreux par leur largesses, procurer à tous les membres de la communauté des avantages matériels tangibles ou des satisfactions d'amour-propre. En un mot, ils durent faire de la démagogie.
I fallait arriver par tous les moyens. Les scrutins consistoriaux ne leur im£osaient pas plus de respect que les scrutins politiques. A coup sûr, les scrupules ne les embarrassaient guère. 11 n’est que de feuiiieler les registres du Consistoire Central pour prendre idée de la corruption et de la vénalité des électeurs de la plèbe israélite. A chaque consultation électorale, on retrouve les mêmes plaintes et les mêmes fraudes. En 1880, par exemple, une réclamation était faite contre le vote de cinquante électeurs, d'Aumale, Coléa et Bogzhari ; à Constanfine, un notable était accusé d’avoir installé une buvette près de la synagozue où avait lieu le vole et d'avoir donné à boire aux électeurs
{) Cf. Livre II, Ch. I.
our les faire voter en faveur de ses amis ; un neveu du président, chargé de remettre leurs cartes aux électeurs, ne procédait à aucun émargement, ce qui lui permettait de les distribuer selon son bon Flaisir. A Oran, la minorité protestait vigoureusement contre les pro- ‘edés employés par les élus (1). Le Consistoire Central éprouvait quelque embarras à juger ces plaintes, d'où la rancune et la mauvaisé foi n'étaient pas toujours exclues. Cénéralement, il validait les éleclions « tenant compte des mœurs du pays, de l'instruction et du degré de civilisation d’un grand rombre de ces électeurs » (2) qu'il n'estimait pas beaucoup.
L'administration de la communauté donnait à l'opposition l'occasion de dénoncer les membres du Consistoire tandis que ceux-ci la molestaient lorsqu'ils le pouvaient. ÇCu'on était loin de cette parfaite union dont les journalistes algériens entretenaient leurs électeurs en période électorale !
Un jour, le Consistoire'ôtait le droit üe tuer les bêtes de boucherie à un schohet cui lui déplaisait (3) ; une autre fois, un Israélite de Constantine était condamné à la bastonnade par le Consistoire avec F'assentiment du rabbin ; en une autre occasion on dénonçait le prés'dent du Consistoire qui louait pour son comte un terrain de labour aitenant au cimetière de la communauté et, disait-on, destiné à pro- Jonger celui-ci (4), Les auerelles, au cours des séances des Consisloires, très fréquentes lorsque ceux-ci comsrenaient les représentants de plusieurs çofs, entraînaient des démissions retentissantes. C'est ainsi qu'en 1877, le Consisloire de Constantine était paralvsé par le départ volontaire ou forcé de quatre de ses membres ; qu'en 1878, le Consistoire central de France, las de la perpétuelle discorde de la communauté d'Alger, demandait au gouvernement sa dissolution ; cu’en 1883, à Oran, tous les membres de l'administration relizieuse israélite démissionnaient pour porter leurs dif érends devant les électeurs (5j. De temps à autre, Paris intervenant, on jurait sur la loi c'oublier ses dissentiments, on clamait très haut que la concorde refleurissait en Israël et, quelques mois après, les querelles reprenaient aussi vives qu'auparavant.
Ni la dignité sacerdotale, ni la sainteté des Temples n'étaient resrectées par ces partisans furieux. Qu'un rabbin eût le malheur de désapprouver l’action du Consistoire, celui-ci ne cessait plus de
(1) Arch. Cons. Cent. Séance du 5 avril 1881.
(2) Rapport d'A. Sée, ibid.
(3) Zutd. 12 novembre 1878. Le Consistoire de Constantine avait retiré le droit de tuer au schohet de Guelma malgré le grand rabb'n Lévy.
(4) 1bid. Lettre du ministre de l'Intérieur et des Cultes du 12 mars 180. Le Consistoire prétendait que cette peine était symbolique, ma s ses adversaires soutenaient 16 contra:re.
(5) Ibid. 15 février 1861. TS
demander son éloignement, allant jusqu'à organiser des émeutes dans les synogogues contre son ennemi (ti). Entre les grands rabbins, placés au-dessus des clans par leur origine métropolitaine et par les devoirs de leur charge, et les partis qui siégeaient aux Consistoires, la bonne harmonie était l'exception. La vieille querelle des Israélites algénens et de leurs coreligionnaires français, qui avait dressé auparavant les chefs religieux les uns contre ies autres, se continuait encore. Le grand rabbin d'Alger, Abraham Cahen, devait démissionner en 1822, son coliègue d'Oran, Charleville, était nommé en France après de violentes querelles avec le chef de la communauté, Simon Kanoui (2,.
Ces profondes divisions n’arrivaient pas cependant à briser l'unité du bloc israélite au milieu de la population algérienne, Les adversaires conservaient une sorte de sentiment national et religieux qui leur faisait accepter la discipline tant redoutée de leurs concitoyens. Mais la violence de ces luttes intérieures, la volonté des notables de ne pas perdre leurs prérogatives héréditaires, les obligeaient à utiliser cette force dans la vie publique afin d'obtenir, en faveur de leurs administrés, le plus grand nombre de faveurs possible. Pour garder leur prestige, ils devaient être à même de satisfaire toutes les exigences.
il, — Les faveurs.
Or, en vr pays cù los lufics électorales étaient extrêmement ardenes, ils disposaient d’un moyen de pression d’une efficacité certaine. lis pouvaient amener au candidat qui leur plaisait un contingent d’électeurs d'autant plus dociles qu'ils n'avaient pas d'opinion politique. Les Français, divisés en conservateurs libéraux et en radicaux, se combattaient ardemment. Mais comine leurs effectifs s’équilibraient sensiblement, c'était finalement l'élément israélite qui décidait de l'élection. La minorité israélite, dans les grandes villes, devenait en fait l'arbitre de la situation politique.
Les agents du Gouvernement et les comités politiques ne pouvaient pas négliger une force aussi importante. Dès 1872, on avait vu les conservateurs de « l’'Akhbar » et les radicaux de la « Solidarité » se disputer la candidature de Crémieux pour capter les voix des Israélites (3). Sauf les radicaux intransigeants d'Oran et de Constantine, ous les partis demandaient leur appui, Dans ces conditions, obtenir
(1) Pour Constantine, 12 novembre 1878 ; Alger, 12 décembre 1878. Pour Oran, cf. Livre Il, ch. 1 : Le service militaire.
(2) Arch. Cons. Cent. 12 mai 1882.
(3) Arch. Gouv. Gén E. 9. Préfet à de Gueydon, 5 octobre 1872.
de « leur élu » de solides avar.tages pour la communauté n’était qu'un jeu pour ces hommes d’affaires (1).
Le type du chef de clan dont le souvenir subsiste encore dans les milieux israélites aigériens est Simon Kanoui. Pendant trente ans il joua le rôle de grand électeur à Oran ; à ce titre il fut longtemps considéré comme une puissance algérienne, 11 appartenait à la haute aristocratie israélite d'Oran ; son aïeul avait été chef de la nation et son père un des premiers présidents du Consistoire. De ce fait, il avait un prestige considérable sur ses coreligionnaires que, généreux et habile il comblait de dons. Il avait été nommé sous l’Empire membre du Consistoire d'Oran et dès cette époque il dirigeait la plupart des sociétés israélites de la ville, Rache, intelligent, instruit, actif, äl avait l'ambition de rester comine ses ancêtres le premier des Juifs indigènes et de devenir un des premiers personnages de la cité. Le régime du suffrage universel le lui permit. Oubliant ses démonsirations de loyalisme envers l'Empire. il se rallia dès septembre 1870 à la République, devint conseiller municipal, puis Président du Consistoire et enfin conseiller général du quartier israélite de sa ville (2). En quelques années, il était devenu le chef incontesté de la communauté.
Mais dans son ascension, il s'était fait des adversaires acharnés, notamment la famille Benichou dont il avait détrôné le chef, conseiller général depuis l’Empire, représentant dans la communauté la tendance progressiste comme les Kanoui représentaient la tradition indigène (3). Pour se maintenir au premier rang, Simon Kanoui se fit l'avocat écouté de ses adiministrés auprès de l'administration et des hommes politiques, dont le sort dépendait de lui.
I1 faisait volontiers état de sa puissance : « Nul n'’entrera à l'Hôtel de Ville que celui à qui je voudrais bien en confier les clés ». « Nul ne pourra obtenir aucune fonclion élective s’il n’a auparavant pris la sage précaution de venir m'en demander la permission ». Vrais ou faux ces propos qu'on lui altribuait correspondaient à la situation (4).
Il recevait les notables de la ville,ne faisait pas antichambre chez le préfet, traitait, disait-11, de puissance à puissance avec le directeur des Cultes, recevait du général le meilleur accueil. Il réalisait ainsi son rêve d’être honoré par les grands (&). Cette situation lui donnait aux yeux de ses compatrioles un prestige exceptionnel : jamais un
(1) Kanoui répondait au grand rabbin Netter qui lui montrait le danger d'engager les Consistoires dans la politique : « aucun ministère n’osera m'en faire le reproche parce que j'ai des petits papiers qui prouvent que j'ai été sollicité ». Ænquëête Pourquery de boisserin, déposition Nettér, p. 218.
(2) Echo d'Oran, 19 novembre 1871, 21 août, 20 septembre 1877.
(3) Cf. Livre I, Ch. V.
(4) Enquête Pourquery de Boisserin. Séance du 15 juin 1900, déposition Vidal-Chalom, page 345. ! $
(5) 1bid. Séance du 22 juin 1900. Déposition Lys du Pac.
Juif n'avait été traité de la sorte avant lui. Par surcroît, la communauté en tirait de très substantiels profits.
« Je me rappelle, racontait un journaliste oranais, lui avoir vu obtenir une dispense de service pour un jeune homme à qui elle était nécessaire et qui ne l'avait pourtant pas obtenue en dépit de l'intervention d'hommes influents » (1). Ce n'était là qu’une démarche facile d'homme politique, comme on en accomplit fréquemment pour ses électeurs. Ses coups de maître étaient les exemptions ou les faveurs accordées à la communauté entière, comme si l’ancienne nation juive subsistait encore. En 1878, voulant bâtir la plus belle synagogue d'Algérie, il obtenait de l'Etat une concession gratuite et une subvention de 250.000 fr., et du Conseil général de son département un don de 6C.C00 fr. en dépit des protestations des radicaux qui faisaient observer qu'on n'avait jamais fait de telles largesses en Algérie pour aucun culte (2).
Quelques années plus tard, la menace du phylloxera avait fais interdire par décret l'introduction de légumes et de fruits en Algérie. Mais les Israélites ayant besoin de cédrats pour leurs cérémonies, obtinrent du ministre le droit d'en importer de Jafla, Mogador et de Tunis. Le Gouverneur général et les préfets ignoraient, à ce qu'iis dirent, la façon dont ces démarches s'étaient faites, ils avaient simplement obéi aux ordres du Gouvernement. Ce n'était pas une très grave violation de la loi, mais les journaux et les hommes jolitiques algériens protestèrent avec vigueur.
« Il y a deux catégories de citoyens, disait l'un d'eux, d’une part les imbéciles. cui se croient obligés de s'incliner devant les convenlions et les règles sociales, d'un autre côté, les malins qui mettent quelque part les lois et les décrets... Inutile d'ajouter que la masse des Français constitue la première classe d'individus et que Messieurs les Israélites forment, en Algérie particulièrement, la seconde » (3). Ge fut « l'affaire des cédrats » dont on conserva le souvenir durant plusieurs années.
L'opinion publique éprouvait également quelque dépit devant les sursis accordés aux territoriaux et aux réservistes israélites appelés ‘à faire leur période au moment de la Pâque, en avril ou du Kipour, en septembre ou en octobre. Malgré la décision du Grand Sanhédrin permettant aux Israélites de déroger aux prescriptions rituelles pendant leur séjour à l’armée, Crémieux avait obtenu très tôt des
(1) Enquête Pourquery de Boisserin, Séance du 22 juin 1900, déposition Lys du Pac. .
(2) Décret du 20 mai 1878. Arch. Cons. Cent. 8 janvier, 7 mai 1878, 13 décembre 1881 Echo d'Oran, 18-21 octobre 1879, 29 janvier 1881.
(3) Décret du 17 juin 1884 Conseils généraux d'Oran et d’Alger. Interpellations Giraud et de Redon, session d'octobre 1891. Républicain de Constantine, Akhbar, Echo d'Oran, 12-22 octobre 1891.
congés pour permettre aux militaires israélites de célébrer leurs fêtes (1). L'extension de cette mesure aux réservistes n'avait rien de bien choquant, mais c'était encore une atteinte à l'égalité. Puisqu'on ne renvoyait pas dans leurs foyers au moment des fêtes catholiques les conscrits français, les Français d'Algérie admettaient mal qu'on le fit pour les Israélites (2).
Mais ce qui leur semblait le plus scandaleux c'étaient les décoralions qu'obtenaient les notables israélites. Ceux-ci les désiraient avec passion, parce qu'elles flattaient leur amour-nropre et aussi parce qu’elles montraient que le Gouvernement Français ne les considérait pas comme inférieurs aux autres Algériens. Dès 1871, le Président du Consistoire d'Oran, Karoubi, avait demandé à l'amiral de Gueydon la croix de la Légion d'Honneur en raison des services rendus par lui à la colonisation. Le Gouverneur général avait donné un avis défavorable mais on le savait peu bienveillant aux Israélites. Cette faveur, Simon Kanoui, en 1880, devait l’obtenir gr°ce à l'appui, disait-on, du préfet, du député Jacques avec lequel, délaissant les conservateurs, il avait fait alliance, et de son successeur éventuel Etienne (3). On donnait à cetie époque une valeur extrême à ces marques d'honneur. L'Algérie entière se nréoccupa de la croix dé Simon Kanoui. Des pétitions furent adressées au gouvernement pour demander la punition des fonctionnaires qui avaient « fait celte injure à la population ». Les journaux conservateurs et radicaux intransigeants protestèrent avec véhémence. Un Conseiller général, ancien déporté de l'Empire, Cély, démontra la « trahison » du député Jacques dans de tumultueuses réunions publiques. Mais malgré tout ce bruit, le Président du Consistoire d'Oran garda sx décoration à l'indignation de ses ennemis, à l'étonnement des autres. Qu'on ait fait de la plus haute distinction française la clause d'ua marché électoral ou qu'on ait récompensé la richesse de ce notabl: Juif, il y avait là un fait étrange et troublant pour le public (4). Désormais, Simon Kanoui fut pour lui un homme tout puissant, maître des fonctionnaires, des parlementaires, et même des ministres, grâce à son troupeau d'électeurs. Cette influence occulte, 1e « kanouisme », était réelle mais exagérée, car en certaines occasions, des faveurs pour ses protégés lui furent refusées. Sans l’ârreté des luttes politiques, elle n'aurait probablement pas causé autant de colères. À distance, ces indignations vertueuses prêtent un peu à
(1) Cf. Livre IT, Ch. I, section V. /
(2) Echo d'Oran, 10 mars 1884.
(3) Simon Kanoui avait été proposé par le préfet en raison de sa grande fortune, des services rendus à linstiuct on publique et parce qu’il faisait pénétrer les idées républicaines dans les masses israélites. Zcho d'Oran, 18 Sept. 1:80.
(4) Echo d'Oran, Anhbar, Atlas, 15 juillet à 20 décembre 1880.
sourire, mais ces piqûres d’amour-propre entretenaient un sentiment de mauvaise humeur contre les Israélites que venaient renforcer les abus d'ordre économique.
{1l, — Les pratiques usuraires.
L'usure était en Algérie une institution ancienne qui, à la faveur de la colonisation, avait pris un développement considérable. Le fait que les Juifs l’aient pratiquée sur un plan très vaste, semble avéré. Il n’est pas de mémorialiste algérien qui n'ait point dénoncé l’avidité des prêteurs israélites et leurs exactions. Seulement, chacun de ces écrivains s'est cru tenu d'émettre quelque jugement très sévère contre eux au nom de la morale et de plaindre au passage « les malheureux indigènes dépouillés par les fils d'Israël ». Ces réflexions auraient surpris les victimes comme leurs exploiteurs. L’usure entre, en effet, dans les mœurs indigènes à l’égal de la fantasia et des diffahs, dont elle dépend un peu. Peu prévoyant, habitué à vivre au jour le jour, le fellah, dès qu'arrive une période critique, doit s'adresser au prêteur pour se procurer le grain nécessaire à la semence ou pour couvrir des frais imprévus. À une époque où le crédit aux indigènes n'existait pas, le recours au commerçant-banquier, israélite, kabyla ou m zabite, s'imposait (1).
Les colons devaient parfois, lorsque leurs garanties étaient insuffisantes ou que les banques resserraient leurs crédits, emprunter à des taux excessifs. Les périodes de prospérité avaient été courtes jusqu’au développement du vignoble algérien, l'argent restait rare. Le colon n'épargnait pas. Ses bénéfices, lorsqu'il en avait, contribuaient à l'agrandissement de sa propriété cu à l'amélioration de son matériel. Il lui fallait aux mauvais jours demander un prêt aux banques qui ne faisaient d'avances que sur de solides garanties, à de respectables intérêts, — 8 à 10 % en moyenne, — ou hypothéquer sa terre. Mais c'était avouer sa gêne, prendre des engagements précis pour le remboursement. L'usurier au contraire garantissait le silence, promettait des arrangements et des renouvellements ; pour peu qu'on eût l'espoir d'une bonne récolte, on allait à lui. C'est pourquoi, malgré la création des succursales des Banques, les usuriers continuaient à prospérer en loule quiétude.
Des individus ouvraient une boutique où ils entassaient des marchandises : le décor était installé. Ayant l'étiquelte de commerçant, admis à ce titre à l'escompte, ils trouvaient de l'argent au taux de 4 12 et ils le prêtaient à 50 ou 60 % d'intérêt (2). On faisait vite fortune à de telles conditions.
{t) E.-F. GAUTIER, Un s'ècle de civil'sation, p. 904 à 9. &) Matin, 2 mars 1821 ; Echo d'Orah, 15 iuars 1890, 24 mai 1893 91 juin 1391.
; Petit Colon,