Les radicaux et le crime contre le suffrage universel
De tous les abus israélites, celui qui soulevait le plus l'irritation de leurs adversaires, les radicaux, était « le crime contre le suffrage universel » (1). Depuis l'Empire, les républicains algériens se flattaient d'être à l'avant-garde de la démocratie française et, sauf en ce qui concernait la colonisation qui les intéressait trop directement pour qu'ils y fussent opposés, ils défendaient les thèses les nlus hardies. Les trafics électoraux des Israélites ne pouvaient que scandaliser ces purs démocrates aux yeux desquels fausser la volonté populaire constituait une grave faute, surtout lorsqu'ils étaient les victimes de ces agissements. C’est pourquoi, loin de prêcher la patience à leurs concitoyens, leur presse dénonça sur un mode véhément les exactions d'Israël.
Depuis l'Ordre moral, ils renrésentaient les Juifs comme un troupeau suivant docilement les ordres de ses chefs, qui eux-mêmes prenaient les consignes des préfets. Or, partisans de l'autonomie communale et adversaires des gouvernements opportunistes, ils étaient par principe les ennemis des préfets, ils votaient régulièrement contre ces agents du pouvoir central, dignes successeurs des fonctionnaires de l’Empire. L'alliance de ceux-ci et des Israélites ne les disposait pas à l’indulgence pour ces derniers.
Les « votes en troupeau », la vénalité des électeurs israélites, qui ne se conduisaient pas mieux à vrai dire, que pour leurs élections consistoriales, les fraudes de toutes sortes conslituaient autant de noires actions, contraires à l'esprit libérateur de 1789, qu'on ne leur pardonnait pas (2).
À Oran, centre de Kanouisme, où les vétérans du radicalisme avaient combattu les « électeurs cachirs » dès la seconde République, l& parti républicain s'était divisé. Le député Jacques, le journaliste
(1) Echo d'Oran, 1°r septembre 1881.
(2) A Tlemcen, en 1381, les érections municipales sont annulées parce qu'un conseiller sortant, prés'dent du Consistoire, Doudou Vidal. a composé selon ses goûts. una liste à lasuelle il donna publicat on malgré les dénévations de certaines pe’sonnes qu'il y avait portées. L? chaouch du Consistoire donnait ces bulletins aux indicènes israél tes et les conduisait lui même à un locai : le chaouch d'un «entrepreneur israélite faïsa t de même avec les ouvriers de son patron et leur payait à boire ; un courtier is'aélite achetait les voix des récalcitrants et leur enlevait la liste des adversaires de Doudou. Conseil de Préecture d'Oran, 14 février 1881.
Bézy qui avait fait une si vive opposition à l'interprétation officielle du décret Lambrecht, et beaucoup de leurs partisans, avaient préféré l'appui du chef de la communauté israélite à son hostilité. Mais les intransigeants continuaient à vigoureusement combattre cette influence extra-légale. À Constantine, l'hostilité des milieux radicaux, qui s'élait manifestée dès le décret Crémieux, s'était accrue, les Juifs ayant fait échouer leurs candidats aux élections municipales de 1874, sur le conseil de Crémieux, disait-on (1). L'élection d'un protégé de Garabetia, Gaston Thomson, qui, parce qu'il était parent de Crémieux, avait reçu l'appui de tous les Israélites de la région, acheva de consommer la rupture (2). A Alger, seulement, l'entente entre Israélites et républicains exaltés subsistait. Un des principaux notables israéliles, né à Alger de parents français, Alphandéry, était Conseiller général de Douera et avec un autre négociant, Cohen- Solal, il appartenait au Conseil municipal. L'avocat Marchal, se présentant aux élections au Conseil général, se faisait recommander aux électeurs israélites par une circulaire où l'on apprenait que « Crémieux l’aimait comme un fils et qu’en toutes choses l’opinion da Marchal était celle de Crémieux ». Les bons sentiments du sénateur d'Alger, Lelièvre, pour les Israélites étaient ouvertement proclamès (3). Faisant taire leurs scrupules civiques, les radicaux de la capitale trouvaient que les Israélites algérois pouvaient passer pour de forts bons électeurs puisqu'ils contribuaient à leur succès.
Cependant, l'opinion publique se montrait beaucoup moins bienveillante à l'égard des Israélites que sous l'Empire. Les jeunes généralions, nées et élevées dans le pays, se préoccupaient moins des « grands principes », que de colonisation. Elles se montraient beaucoup plus accessibles que leurs pères à l'influence des Musulmans ei des étrangers. La haine et le mépris traditionnels des Musulmans pour les Juifs qui se traduisaient par de fréquentes échauffourées ne diminuaient pas avec le temps. Certaines attitudes insolentes, certains propos malheureux d'Israélites injuriant des Musulmans suüffisaient à déclencher des émeutes sanglantes (4). Quant aux étrangers, mésliterranéens pour la plupart, pleins de la haine classique des Latins dévots pour les bourreaux du Christ, ils ne se montraient pas plus
{1) Vigie Algérienne, 4 décembre 1874.
(2) Thomson, en minorité à Philippeville, Bône, Constantine, était élu avec 2.950 voix contre 2.00 et 2.500 aux candidats radicaux Fawtier et Treille. Ibid. % et 27 avril 1877.
{3) Circulaire Mantout, Stora, Belaïch, Moati, 6 avril 1878.
{4) Le 920 mai 1878, à Constantine, des tirailleurs ivres ayant été rossés par es Israél'tes, leurs camarades envahirent le lendemain le quartier juif et blessèrent cinq Jsraélites. Le 23 mai, des Israélites ivres ayant désarmé des zouaves, ceux-ci et les tirailleurs pillèrent le lendemain le quartier israélite, blessant un grand nombre d'Israélites, en tuant un, en rendant fou un autre. A Sétif, quelques jours après, même scène. /ndépendant de Constantine, 21 mai, 20 juin 1878. Archives Cons. Cent., 18 juin 4978. Les 1er et 2 janvier 1882, les tirailleurs pillérent les boutiques juives.
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favorables aux Israélites que les indigènes (1). La Croix et le Coran s'unissaient pour maudire le Juif.
Ces influences contradictoires composaient une mentalité coloniale, bien moins tolérante, tenant compte davantage des questions de race que la mentalité métropolitaine. Cette notion de race a eu en Algérie
une importance considérable et elle y est demeurée extrêmement
forte. Il ne s’agit pas, bien entendu, du concept scientifique basé sur l'indice céphalique, ni même du racisme qu'on professe en certains pays. Le boutiquier algérien qui jure que « les Juifs sont une mauvaise race » (2) ignore certainement toutes les données de ce délicat problème et il prendrait peut-être le terme de dolichocéphale pour uns injure grave. Ce qu'il sent. c’est que le Juif, c'est que l’Arabe ne soni pas de son monde, qu'il y a entre eux et lui mille choses qui les séparent, qu'il en sera toujours ainsi et qu'il abdiquerait s'il venait à se mêler à des êtres qui, ne lui ressemblant pas, lui sont donc fort inférieurs. Ce sentiment, on peut le trouver absurde, étroit, mesquin, peu importe. Il n’y a pas un colonial qui, au contact d'hommes de civilisation différente, ne le partage point. C'est une sorte de refiexe de défense inconscient qu'on éprouve en face du barbare, fort propre à assurer la domination d’une minorité sur une population indigène plus nombreuse mais incompatible avec toute idée d’assimilation.
Les Algériens raisonnaient ainsi. Pour eux, le Juif indigène, en dépit du décret Crémieux, n’était pas leur égal, mais leur inférieur. Les grands actes de l’histoire de la colonisation avaient été la conquête et la mise en valeur du pays qu'avaient réalisées leurs ancêtres. Les Israélites n’y avaient pris aucune part. Ils avaient trafiqué, s'étaient enrichis et ils avaient exploité le colon, car aux yeux de ces terriens l'intermédiaire n'était d'aucune utilité sociale : un parasite (3).
Et puis, dans un pays où l’anticléricalisme était très vif s l'influence des Consistoires choquait profondément. Les radicaux traitaient volontiers de mômeries les démonstrations pieuses des Israélites. Ils avaient combattu dès 1870 les congrégations religieuses et le clergé suspect de pouvoir jouer un jour un rôle capital dans la politique locale. Or, cette influence religieuse qu’ils redoutaient tant, les Consistoires Israélites l’'exerçaient avec une réussite indéniable. Aussi, tandis que les radicaux s’indignaient de cette ingérence d’un clergé — car pour eux, le Consistoire et les rabbins étaient solidaires, —
(1) Le Coréo espagnol d'Oran qualifiait de « fier » le senitment antijuif des Français du département qu'il approuvait entièrement. Solidurilé, 11 juillet 1883.
(2) Le juron classique des Espagnols d Algérie « mala razza los Judios ». ù (3) MONCLAR, op. cil., p. 12. Discours Autun, Conseil général d'Oran, session d’octore 1882.
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dans la vie politique, les catholiques se plaignaient qu'on la'ssât aux Israélites des droits qu’on leur déniait.
Ainsi se formait une aimosphère défavorable aux Israélites ; les sages qui conseillaient de laisser le temps les assimiler n'étaient plus écoutés. Au premier scandale, l'opinion devait s'irriter et rendre tou: les Juifs solidaires des fautes de leurs chefs et de leur communauté (1).
1, -— De l’antikanouisme à l’antisémitisme.
La décoration de Simon Kanoui fut le point de départ de l’agitation antijuive (2). Cette faveur avait ému les concitoyens du grand électeur israélite. Profitant de ce mouvement d'humeur, un ancien déporté de l'Empire, Cely, entreprit une violente campagne contre les responsables de ce passe-droit et ses bénéficiaires. Le député d'Oran, Jacques, préparant son élection au Sénat, devait, disait-il, présenter à sa sucession Eugène Etienne, un protégé de Gambetta. La Légion d'Honneur de Kanoui était destinée à assurer à celui-ci l'appui des électeurs israélites (3). L'attitude embarrassée des intéressés devant ces accusations ef la réprobation publique indiquaient que tout n'était pas faux dans le réquisitoire de Cély. L'avenir le vérifia. $
L'année suivante, en effet, Jacques laissait son siège à Etienne et se présentait dans la seconde circonscription du département. Cély se porta alors candidat contre Etienne, se proclamant « autonomiste et antijuif » (4). C'était une nouveauté hardie. Jusqu’alors, les adversaires des Israélites avaient bien critiqué tel ou tel abus, mais ils avaient invité les nouveaux venus à se rendre dignes de l’honneur qu'on leur avait fait en les naturalisant.
« Nous refusons de les considérer comme membres d’un parti politique. Nous n’admettons pas davantage qu'ils prétendent se poser comme tels, écrivait un journal modéré... nous le disons hautement, l'exclusion systématique des Israélites serait une violation flagrante des principes républicains, la négation formelle des droits imprescriptibles si énergiquement définis par nos aïeux de 93. Nous nous y opposerions de toute la force ce notre indignation » (5).
Quelques mois après, ce journal, comme toute la presse oranaise
{1) BOURDE, À travers l'Algérie, p. 89 et seq.
(2) Cf: Ch. 1II;t section?
(3) Lettre de Cély aux journaux, 18 août 1880 dans Courrier d'Oran et Echo d'Oran, 28 août 1880, compte rendu de la réunion contradictoire Jacques-Cély, ibid., 18 septembre 1880.
(4) Echo d'Oran, 16 août 1881. Il s’agit de l'autonomie administrative opposée au système du rattachement qui sévissait alors et non d’une autonomie politique.
t) Echo d'Oran, 30 décembre 1880.
à une exception près, soutenait avec Cély qu'il fallait abroger le décret Crémieux. De l’antikanouisme on était passé à l’antisémitisme. Sans doute, ce groupement de forces autour du candidat radical était-il dû en partie à l'esprit de clocher. Vieux républicain, déporté en Algérie au coup d’Etat du 2 décembre, condamné par l'Ordre moral, Cély représentait l'élément colonial, tandis qu’Etienne, bien que né en Algérie, était considéré comme étranger. Mais surtout les divergences politiques et personnelles s’effacaient devant la question juive. Les Français, disait Cély, étaient menacés d'être soumis au joug des Consistoires israélites. Son élection aurait signifié qu'ils repoussaient cette humiliante domination. Elle aurait été avant tout « une manifestation contre les Israélites » (1).
On considérait l'assimilation de ceux-ci comme une chose impossible. « Aujourd'hui nous pensons que l'épreuve est concluante. Après une pratique de onze ans, il ne se trouve qu'un très petit nombre d'Israélites, la jeunesse surtout, qui aient pu se familiariser avec l'exercice des droits et des devoirs du citoyen.
« Quant à la masse, elle est restée ce qu’elle était, c'est-à-dire fanatique et inconsciente, d’une nullité politique absolue, ne voyant et ne pensant que par le président du Consistoire.
« Cette façon de se comporter est une injure pour le suffrage universel et un danger permanent pour les intérêts publics » (2).
Ïj ne restait qu'une mesure pour restituer au suffrage universel sa pureté et éliminer de la population française ces grossiers indigènes : abroger le décret Crémieux dont on contestait la légitimité (3). Raprelant les récents pogroms russes, Cély ajoutait qu'il avait pour but d'éviter aux Israélites de semblables avanies et que ceux d'entre eux ayant la volonté bien affirmée d'être Francais auraient la possibilité de se faire naturaliser individuellement (4).
Celle argumentation ne suffit pas à triompher de l’action de l'ad-
ministration et des clans politiques au pouvoir. Etienne fut élu avec le concours des élecieurs israélites, commençant sans grandeur une carrière politique qui devait être brillante. Mais le ressentiment des radicaux s'en accru.
« Etienne... dans les première et troisième section d'Oran, c'est-àdire à la Marine et à la Mosquée où il n’a que des électeurs français, a élé mis en infime minorité. Il n'y a eu de majorité que dans le quartier enturbané où M. Kanoui règne cn suuverzu », écrivait, après l'échec, le Courrier d'Oran (5). Du fait de ces nouvelles atta-
(1) Zbtd., 11 août 1881.
2) Ibid. 1er septembre 1881.
(3) Echo d'Oran, 16 août 1881.
(:) Démocrate d'Oran, compte rendu de la réunion Cély du 8 août 1881. Echo d'Oran, 43 août 1881.
(5) Courrier d'Oran, Echo d'Oran, Petit Fanal, 21-25 août 1881. Etienne avait obtenu 2.242 voix contre 1.538 à Cély. Jacques était également élu dans la 2% circonscription.
ques, les Israélites allaient, en effet, revenir à leur tactique de 1871 et n’accorder leurs suffrages qu'aux candidats favorables à leur cause, de sorte que leur union qu'on se proposait de rompre devenait indispensable et se renforçait à l'épreuve.
Vaincus aux élections municipales, les radicaux, pour disjoindre ce bloc et éliminer Kanoui du Conseil général, nroposèrent un remaniement des circonscriptions électorales qui consistait à diviser la circonscription où les Israélites avaient la majorité, en quatre tronçons dont chacun serait intégré dans une circonscription française. Ce « découpage » fut adopté après des débats passionnés. Les Israélites du çof Benichou le soutinrent ; le maire le comhaitit au Conseil général contre le gré de son Conseil municipal qui démissionna et fut réélu sur un programme « antkanouiste ». La fièvre était telle qu’on parlait d’un complot ayant pour but de faire sauter à la dynamite la demeure du président du Consistoire (1). C’est au milieu de cette émotion qu'un autre radical, le D' Autun, déposa au Conseil général un vœu tendant à l’abrogation du décret de naturansation des Juifs algériens. Il ne reprochaiïit plus seulement à ceux-ci leur influence électorale et leur obstination à obéir aux Consistoires, les classiques griefs de l'antisémitisme étaient utilisés :
« Le peuple juif est patriarcal, ne reconnaît, en secret, aucune souveraineté et considère toute fourberie louable quand il s’agit de tromper ceux qui ne pratiquent pas sa religion.
« {Ils s’adonnent exclusivement, pour ainsi dire, au trafic, à l’usure et aux dépravations mercantiles.
« Depuis 2.000 ans, le peuple d'Israël a vécu chez toutes les nations sans y opérer sa fusion, l'histoire nous prouve qu'il a toujours formé autant qu'il a pu un Etat dans l'Etat ».
Et, voyant en eux une entrave à la colonisation, il demandait, pour éviter les représailles qui venaient de s'exercer contre eux en Russie, en Prusse et en Autriche, qu'on leur retirât le titre de citoyen (2).
L'Assemblée ne nourrissait aucune sympathie à l'égard des Israélites. L'année précédente, elle avait repoussé un vœu tendant à l’élection des juges consulaires afin d'empêcher les nombreux commerçants israélites d'envoyer leurs coreligionnaires siéger au tribunal (3). Elle enterra pourtant cette proposition trop énergique. Toutefois, d’autres conseillers demandaient pour laïciser les Israélites, seule condition d’assimilation, qu’on supprimät les Consistoires (4).
(1) Rapport Gobert, 3 juillet 1882, Petit Fanal, Courrier d'Iran, Echo d'Oran, 2% octobre, 28 novembre 1882.
%) AUMERAT, 09. cit., p. 157 et 158. — DRUMONT, Lu France juive, t. II, p. 53. — Petit Fanal, Echo &'Oran, 20% octobre 1882.
(3) Arch, Cons. Cent. Séance du 13 décembre 1881.
(4) Conseil général d'Oran. Vœu Fouqgue, 22 octobre 1882.
Ces projets, malgré leur échec, constituaient d'inquiélants symptômes. Les Israélites s’en montrèrent très émus. Le Consistoire d'Alger consultait le Consistoire Central sur l'opportunité des poursuites judiciaires contre Autun et ne renonçait à son projet que sur le conseil des chefs du judaïsme de Paris (1). Les autorités juives d'Oran défendaient aux Israélites d'entrer dans un café tenu par la mère d’un journaliste radical, sous peine d'exclusion de la synagogue et du cimetière (2). Ils se trouvaient désormais en lutte ouverte avec une partie de la population.
D'Oran, le mouvement s’étendait, en effet, à la capitale. A la session du Conseil général de novembre 1883, Marchal, jusqu'alors allié des Israélites, déposait, avec deux autres conseillers, un vœu demandant la suppression des privilèges des Consistoires israélites algériens : l'entretien des pauvres de la communauté et le droit de percevoir la taxe sur la viande qui de ce fait n'avait plus d'utilité. De cette façon, la plèbe cessant de recevoir leurs secours, s’'émanciperait et le rôle politique de ces associations religieuses serait fini. Enfin, ils proposaient de leur retirer la police des cimetières à la suite du refus des rabbins d’inhumer un Israélite qui n'avait pas pratiqué sa religion durant sa vie (3). La thèse des Conseillers généraux algérois était plus modérée que celle des radicaux oranais. Elle tendait à réformer des abus réels, à prévenir les violences menaçantes aussi l’assemblée les approuva à une faible majorité. Mais le gouvernement ne prit pas en considération ces demandes, laissant au
temps le soin de calmer ces rancœurs. ”