‹ Les Israélites Algériens De 1830 à 1902Chapitre 39 sur 102 · PE ON EE ON ET · texte numérisé non relu

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ques fous français se sont soulevés contre vos freres d'Alger, MM. Etienne et Dessoliers, de concert avec leurs amis des départements d'Alger et de Constantine, ont signé une protestation. » (1)

A Alger, un appel aux Israélites les invitait à en finir avec les radicaux :

« Le 4 octobre prochain, vous aurez l'occasion et une occasion qui ne se présentera plus aussi favorable, aussi solennelle pour les écraser, pour étouffer à tout jamais les aboiements de ces enragés. Que chacun de vos bulletins de vote sur lesquels vous inscrivez les noms de MM. Letellier et Bourlier devienne la museliäre qui nous garantisse dans l'avenir contre les injures du « Radical »... » (2).

Les radicaux, au contraire, d'accord pour combattre les abus consistoriaux, se séparaient sur les moyens susceptibles d’y porter remède. Seuls à Alger, Lelièvre et Trolard, anciens membres de la municipalité Vuillermoz qui, en 1871, avait défendu le décret Crémieux, en demandaient l’abrogation (3). À Oran et à Constantine on se contentait de vouloir épurer le suffrage universel.

Partout les modérés l’emportèrent à l'exception de la seconde circonscription d'Oran où le radical Sabatier fut élu. Les votes en troupeau et la corruption électorale avaient sévi plus intensément que jamais. Conduits au bureau de vote par petits groupes que menait un chaouch, les Israélites illettrés exécutaient docilement la consigne de leurs chefs, dans l'espoir d'obtenir plus de secours ou pour toucher

une prime immédiate. À Sétif, la voix était évaluée de 3 à 5 frs ; à.

Constantine le cours d'ouverture fixé à deux francs montait à mesure que les heures passaient et atteignait à la fermeture du scrutin cinq francs ; un vieillard qui avait été amené en calèche recut pour son dérangement méritoire la somme magnifique de vingt francs (4).

Devant de tels faits, les radicaux vaincus crièrent plus fort que jamais au scandale. À Oran, des bandes de jeunes gens, presque tous Français, allèrent jeter des pierres contre le logis du grand électeur Kanoui (5).

Loin de disparaître du fait de cet échec, l’antijudaïsme radical s'exaspérait. La campagne antijuive, incohérente, maladroite, inorganisée avait échoué lamentablement, mais l’amertume de la défaite s’ajoutait aux anciens griefs. On sentait vaguement que les Israélites étaient les plus forts. On leur en tenait rigueur, mais après l'échec de la violence et de la légalité on se demandait de quelle façon il fallait agir pour les abattre.

(4) Circulaire distribuée le 3 octobre au quartier israélite, reproduite par l’£cho d'Oran, 14 octobre 1885.

(2) Supplément à la Gazette Algérienne, 26 semfembre 1885.

(3) Manifeste du Comité de la démocratie radicale dans Radical, 5 octobre 1885.

(4) Chambre des Députés : discours Andrieux, rapporteur de l'élection de Thomson et Treille à Constantine : protestation de Me Gaudry, pièces 6, 109 bis, 20, 21, 22. Protestation de la municipalité de Sétif, déposition du lieutenant Sliman.

(5) Courrier &’'Oran, 23 octobre, Echo d'Oran, 21 octobre 1885.

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