CHAPITRE V
1, — La France juive.
Un essai d'histoire sociale. Il n’y eut pas d’antisémite pour ne pas accepter cette définition donnée par Drumont. Jusqu'à la fondation de la « Libre Parole », en effet, celui-ci se défendit d’être un polémiste : « un historien de la vie présente » s’intitulait-il (1) ; en fait, la « France juive » est un des pamphlets les plus violents de la langue française, une énorme synthèse d'histoire, de politique et d’anecdotes contemporaines destinée à prouver que tous les maux dont souffrait la France étaient causés par les Israélites qui la menaient à la ruine définitive.
Journaliste de talent, qui ne s'était pas encore hissé au rang des maîtres, Drumont avait publié quelques ouvrages littéraires ou historiques, qui ne faisaient pas prévoir le pamphlétaire redoutable de « La France juive » (2). A quarante-deux'ans, il lançait ce livre passionné, souvent féroce, qui n’épargnait aucune des puissances de l’époque, œuvre sombre, pessimiste, d’une forme inégale, lourde, touffue, mais illuminée de temps à autre de traits fulgurants.
Rien pourtant ne pouvait en faire pressentir le succès. L'accueil du public fut froid : en une semaine on vendit seulement vingt-cinq exemplaires. Mais un duel retentissant avec Arthur Meyer, suivi d'un procès « bien parisien », attira l'attention sur ces deux gros volumes (3). Le courage de cet écrivain solitaire, s’attaquant aux grands financiers et dénonçant les iniquités, plut à la foule. « La France juive », à l'encontre de toutes les prévisions, connut une vogue inouie, eut un immense retentissement ; elle devait déterminer la vive réaction populaire d’où sortit l'antisémitisme français de la fin du siècle.
La thèse antisémitique établie sur l’idée de la décadence française — née des désastres de 1870-71 — attribuait celle-ci à la Révolution, qui avait donné aux Juifs les droits de citoyens et la liberté d'agir à
1) Testament d'un antisémite, p. 238. France Juive, introduction, p. 18 et 19.
@) I1 avait collaboré à l'Univers, au Nain Jaune, à La Liberté et enfin au Monde. Son ouvrage Mon vieux Paris, hommes et choses, avait été couronné par l’Académie française en 1879. IL avait aussi écrit un roman, Le dernier des Trémolin, et publié des Papiers inédits du duc de Saint Simon et La mort de Louis XIV (1880).
(3) Le directeur du Gaulois avait saisi de la main gauche l'épée de son adversaire et le blessa à la cuisse. Poursuivi, il fut condamné à 200 fr. d'amende.
leur guise. « Le seul auquel la Révolution ait profité est le Juif ; tout vient du Juif, tout revient au Juif. Il y a là une véritable conquête, une mise à la glèbe de toute une nation par une minorité infime mais cohésive, comparable à la mise à la glèbe des Saxons, par les soixante mille Normands de Guillaume le Conquérant ». (1) À sa faveur, l'élément sémitique pénétra dans la société française. Il devait fatalement la dissoudre car le Sémite est l’exploiteur-né de l’Aryen. « Le rêve du Sémite, en effet, sa pensée fixe a été constamment de réduire l’'Aryen au servage, de le mettre à la glèbe. » (2)
Adoptant la classification des races sans définir celles-ci du reste, qui place les Aryens au-dessus des Sémites, Drumont démontrait que depuis les premiers jours de l’histoire, les deux rivaux s’entrechoquaient. Ayant échoué, lorsqu'ils tentaient la conquête du monde, l'épée à la main avec Annibal et Abderramane, les Sémites changeaient de méthode, employant la ruse avec le Juif.
« Le Sémite est mercantile, cupide, intrigant, subtil, rusé ; l’Aryen est enthousiaste, héroïque, chevaleresque, désintéressé, franc, confiant jusqu’à la naïveté. Le Sémite est un terrien ne voyant guère au-delà de la vie présente ; l’Aryen est un fils du ciel sans cesse préoccupé d’aspirations supérieures ; l’un vit dans la réalité, l’autre dans l'idéal.
« Le Sémite est négociant d’instinct, il a la vocation du trafic, le génie de tout ce qui est échange, de tout ce qui est une occasion de mettre dedans son semblable. L’Aryen est agriculteur, poète, moine et surtout soldat ; la guerre est son véritable élément, il va joyeusement au devant du péril, il brave la mort.
« Le Sémite n’a aucune faculté créatrice ; au contraire, l’Aryen invente ; pas la moindre invention n'a été faite par un Sémite. Celui-ci par contre exploite, organise, fait produire à l'invention de l’Aryen créateur, des bénéfices qu'il garde naturellement pour lui.
« L’Aryen exécute des voyages d'aventure et découvre l'Amérique ;
le Sémite.. attend qu'on ait tout exploré, tout défriché pour aller s'enrichir aux dépens des autres.
« En un mot, tout ce qui est une excursion de l’homme dans les régions ignorées, un effort pour agrandir le domaine terrestre est absolument en dehors du Sémite et surtout du Sémite juif ; il ne peut vivre que sur le commun, au milieu d’une civilisation qu’il n’a pas faite » (3).
De tous les Sémites, le Juif est le pire. Non pas qu'il soit lâche « dix-huit siècles de persécutions supportées avec une force d’endu-
(1) France juive, t. I, p. 6.
(BMD TEL Der.
(3) Ibid., t. I, p. 9 et 10.
rance incroyable témoignent que si le Juif n’a pas de combativité, il a cette autre forme de courage qui est la résistance » (1). De sa race, il a au plus haut degré les qualités et les défauts, mais son histoire, sa dispersion et ses longues courses à travers un monde si longtemps hostile lui ont donné des caractères particuliers qui le distinguent du guerrier arabe ou du nomade du désert. De là son caractère universel. Sa vraie patrie c’est Jérusalem, les pays où il séjourne lui offrent des gîtes qu'il peut trouver agréables, un milieu social « dont il peut servir momentanément les intérêts mais dont il ne fait partie qu'à l’état d’associé libre, de membre temporaire » (2).
Comment dès lors pourrait-on lui reprocher de ne pas être un bon citoyen ? « On ne s'improvise pas patriote, on l’est dans le sang, dans les moelles ». « Il est incontestable que tout Juif trahit qui l’emploie. il s’agit d'une vocation spéciale d'une race, la vocation d'Abraham ». Trahir est impropre puisqu'il est sans patrie, « de quel droit empêcheriez-vous ce Juif oscillant entre deux patries de favoriser de ses renseignements celle des deux qui paye le mieux » (3). Traître par essence, oppresseur, exploiteur universel, il lui arrive de passer la mesure, Alors éclatent de terribles réactions contre lui. Ses esclaves entreprennent de se libérer et de le remettre à sa place. C’est ce qui se produisait en Allemagne, en Russie, en Autriche-Hongrie, en Roumanie, et qui naissait en France. « L'Alliance antisémitique universelle est constituée et l'Alliance israélite universelle ne prévaudra point contre elle », concluait-il (4).
LR Les théories sociales.
Cette doctrine, semblable à celle des racistes allemands, n'avait rien de pärticulièrement séduisant pour des Français. On s’expliquerait mal le succès populaire de Drumont si on la réduisait à l’antisémitisme. En réalité, son œuvre contient des solutions du problème social extrêmement hardies, fort différentes du conservatisme social de ses alliés politiques, qu’expliquent son caractère el son origine plébéienne. « Artisans, laboureurs, gardes-chasse, filandières », ses lointains ancêtres, son père, ancien élève de l'Ecole des Chartes qui, employé à l'Hôtel de Ville, sous l’Empire, tenait de sévères propos sur Badinguet et déclamait « ies châtiments », lui avaient appris le respect des humbles vertus bourgeoises. « Les vrais Français, dit-il, ceux qui ont été conçus dans d’honnêtes lits, ont le dégoût des fortunes maudites, ils se rappellent le mal que îe père s’est donné pour
(1) France juive, t. I, p. 3.
(2) Ibid., p. 58 et 59.
(3) Zbid., p. 67 et 68.
(4) Ibid., p. 137.
eZ
les élever, la peine qu’ils ont eue eux-mêmes pour gagner leur pain. jamais je n’ai vu dépenser à la maison un centime inutilement... » (1)
Lui-même avait appris au cours d’une jeunesse pénible la valeur de l'argent. À l’époque la plus brillante de sa vie, il ne se montrait pas prodigue. Les dépenses d’un Morès ie choquaient profondément. Ce polémiste aimait sa maison de campagne et son jardinet comme un petit bourgeois de Paris. « Après avoir beaucoup travaillé, disait-il, je ne serais pas fâché de mourir dans un lit qui m'appartienne, d'être enseveli dans un drap à moi et de laisser de quoi rétribuer le prêtre qui dira sur moi le libera. Je n'ai pas envie de jeter vingt mille francs dans le gouffre du baccara... » (2).
Du peuple, il avait aussi un sentimentalisme romantique qui lui faisait aimer l’humble petit artisan de jadis, soumis à sa corporation et son église, plaindre la petite ouvrière séduite par le fils du bourgeois, mépriser les riches oisifs (3). De là ses invectives contre la bourgeoisie, seule bénéficiaire de la Révolution et protectrice de toutes les iniquités sociales.
« Les grands-pères se sont enrichis par les biens nationaux pendant les cinquante années où la bourgeoisie gouverna sans contrôle, les fils ont exercé sur les ouvriers la plus monstrueuse exploitation qu'ait vue le monde ; les petits-fils ont des titres de rente, des obligations, ils songent avant tout à garantir cela contre les revendications indiscrètes... » (4).
De là aussi sa haine des grands manieurs d'argent. Le crédit moderne était judaïque (5) et non chrétien. L’expropriation de la société par le capital se poursuivait à un tel rythme « qu’en cinquante ans toute la société européenne serait livrée, pieds et poings liés, à quelques centaines de banquiers juifs ».
Les coups de bourse, les rafles sur le capital comme l'emprunt du Honduras, qui ruinaient des milliers de petits épargnants pour permettre aux grands financiers de vivre luxueusement dans leurs châteaux lui semblaient contraires à la loi divine, done condamnables
« La parole de Dieu d’ailleurs est formelle.
« Dieu dit à l’homme :
« Tu gagneras ton pain à la sueur de ton front » « Il ne dit pas à l’homme :
« Tu gagneras par ton travail non seulement le pain mais les plai-
(1) La dernière bataille, Livre II, La France juive.
@) Réponse à Morès citée par G. BERNANOS, La Grande Peur des Bien-Pensants, page 315. ‘
(3) La Fin d’un Monde, Livre II, p. 56.
(4) Testament d'un antisémite, Livre 1, p. 17.
(5) France juive, p. 13.
LA DOCTRINE DE DRUMONT vd |
sirs, les débauches, le luxe, les voitures, les équipages de chasse des Schneider, des Halphen, des Menier » (1).
Aucun ne trouvait grâce devant lui, de Rothschild à Ephrussi ou Erlanger, tous ces banquiers étaient traités par lui en ennemis du genre humain, en détrousseurs du petit peuple, responsables de tous les maux. Ils suçaient la substance française pour engraisser le monde juif, ils étaient les conquérants, les vainqueurs de la chrétienté, les profiteurs des révolutions et des guerres, parfois leurs auteurs. Toutes les critiques — fondées ou absurdes — que l’on a adressées au régime capitaliste, Drumont les reprenait mais il expliquait ces abus par l’introduction du parasite juif dans la société catholique et il demandait son éviction pour rétablir la pureté des anciens âges.
Pour revenir à la France très chrétienne, il préconisait une révolution qui ferait la révision des fortunes à la facon des Chambres ardentes de l’ancien régime :
« Imitons saint Louis et Colbert, mettons sous les verrous 300 individus juifs, catholiques ou protestants de naissance, mais qui se sont ious enrichis par le système juif, c’est-à-dire par des opérations financières. Forçons-les à nous restituer les milliards enlevés à la collectivité contre toute justice... » (2).
C'était une atteinte évidente au droit-de propriété mais, pour lui, celle-ci ne représentait qu’un mode d'organisation de la société, un des moyens d'assurer « le droit de tous les hommes à vivre de leur travail ». Par cela encore il n’était pas loin des socialistes dont il jugeait le but très noble et l’œuvre nécessaire (3). Entre les révolutionnaires et lui, il n’y avait mésentente que sur la responsabilité des Israélites dans le système capitaliste et la facon d'en sortir. Révolution sociale, disaient-ils. Drumont voulait une révolution nationale qui aurait ramené la France à ses traditions et à sa foi. Abaîttre la puissance financière d'Israël et ses alliés était la première tâche à accomplir pour libérer le peuple. Cela fait : « une chambre économique exclusivement composée de représentants du travail adopterait le régime qui lui semblerait le mieux convenir au intérêts de tous ». (4)
{11. — Les théories politiques.
C’est là que réside la faiblesse de Drumont en tant qu'écrivain politique : il ne conclut pas. Accumulant les arguments hostiles au régime, attaquant celui-ci dans ses principes mêmes, il ne propose
{1) La Fin d'un Monde, Livre II, p. 29.
(2) Zbid., Livre VI, p. 230.
(3) Ivid., Livre I, p. 2 et 3.
(4) La Fin d’un Monde, Livre VI, p. 230.
jamais une solution personnelle. Ses préférences allaient à la monarchie, mais l’ancienne monarchie appartenant au passé. Il aimait le roi des métiers, père de son peuple, l'oint du Seigneur qui guérissait les écrouelles, il regrettait saint Louis et le Grand Roi de Versailles, mais c'était davantage un sentiment d'érudit épris du passé qu'une adhésion réfléchie à la forme monarchique.
Une monarchie suppose une aristocratie forte, une famille royale vénérée. On ne trouve dans l’œuvre de Drumont qu'attaques furieuses ou lazzi contre elles. La noblesse était en décadence, à quelques exceptions près son cerveau était très faiblement organisé. « Il y a plus d'énergie intellectuelle, de volonté, de ténacité dans les desseins chez le dernier Juif de Galicie que dans tout le Jockey-Club » (1). Un sentiment dominait ces fils de preux, l'amour du plaisir, pas la débauche car ils n'avaient plus assez d'énergie pour être grands viveurs (2). C'est ce désir de s'amuser qui les avait jetés aux pieds des grands financiers juifs. Les Rothschild avaient leur cour comme jadis les rois de France, mais pour ces maîtres sans grandeur, les courtisans avient pris des allures de valets. Le club, les courses, la chasse, les couturières ruinaient ces nobles frivoles aussi sûrement que jadis le train de vie de Versailles leurs ancêtres. Mais ces derniers savaient servir par l’épée leur roi, leurs descendants n'avaient hérité d'eux que l’art de flatter les grands.
Et comment cela n’aurait-il pas été lorsque les familles royales elles-mêmes se prosternaient devant l’or juif ? La dynastie d'Orléans était « absolument dominée par les Rothschild ». Seul, le duc Philippe, « le prince aux yeux d’azur » trouva grâce devant lui par instant (3). Mais le comte de Paris « se faisait rouler comme un benêt », l'Empereur François-Joseph était un « ahuri », à Frédéric III, il décernait le beau surnom de « Cahen 1° » et Pédro du Brésil, « cuistre couronné », « déchirait sa culotte en courant à la synagogue » (4).
Les chefs du parti conservateur n'étaient pas plus ménagés. Il leur reprochait leur absence de volonté, leur inaction, leur tendance à courber la tête devant l’iniquité, leur rhétorique qui a commencé à la fin de 1871. « Dieu le veut ! Nous reprendrons le glaive des anciens chevaliers, nous tomberons, s’il le faut, comme les Macchabées ». Tout cela pour arriver à subir patiemment les actes les plus odieux, sans qu’il se soit trouvé un mâle pour flanquer cinq coups de révolver dans la tête d’un préfet ou d'un commissaire de police qui entrait dans les domiciles privés sans mandat » (5).
Ü) France Juive, t. I, p. 71.
(2) Ibid., p. 79.
(3) France Juive, t. 1, p. 68. Fin d’un Monde, p. 183. Testament d’un antisémite, p. 54. (4) Dernière bataille, p. 149 et 150. Fin d’un MOnde, p. 144.
(5) Fin d'un Monde, p. 332 et 333.
Il les méprisait vraiment parce qu'ils n'avaient pas su défendre l’ancienne France et qu'ils avaient abandonné la victoire aux républicains. Il avait voué à ces derniers une haine vigoureuse, tenace, parce qu'ils étaient les agents de la conquête juive. La République était juive comme la société capitaliste. La bourgeoisie, qui avait tiré tous les bénéfices de la révolution, avait honteusement exploité le prolétariat, mais les Juifs étant venus l'exploitaient à leur tour (1). L'idéal républicain servait à tromper les ouvriers candides pendant que de iouches combinaisons financières se tramaient dans l'ombre. Cette grande chanson berçait la confiance des Français, leur cachait la décadence de leur pays. « Les Prussiens seront déjà à Châlons qu’on entendra encore flotter dans l’air l'écho des discours ronflants : l'hégire de la liberté, le nouveau Sinaï, la régénération de l'humanité, la fraternité des peuples, les luttes pacifiques du travail, la France phare des nations » (2).
Cause de la décadence nationale, la République lui paraissait surtout odieuse par sa politique anti-cléricale qui « avilissait et dégradait la France ». Les francs-maçons, les protestants et les Juifs, maïitres de la République, en persécutant le catholicisme, exécutaient les desseins du Judaïsme contre l'Eglise, ils tendaient à déchristianiser la France.
« En réalité la lutte contre les croyances de la majorité des Françalis a été, non une revendication de la libre-pensée, mais la persécution de trois religions voulant opprimer une autre. Si les Juifs confondus avec les francs-maçons se distinguèrent par une naine spéciale contre Celui qu'ils avaient crucifié, s’ils furent à la tête du mouvement, si grâce à leurs journaux, ils répandirent à profusion les calomnies les plus ignobies, ils furent puissamment aidés par les protestants qui, eux aussi, par un illogisme singulier, en voulaient au Christ parce qu'ils se sentaient coupables envers lui (3) »:
Parce qu'ils avaient attenté à l'Eglise, Drumont détestait les répuklicains de gouvernement plus encore que les conservateurs, mais ii se montrait bien plus hostile aux hommes du régime qu’à celui-ci. Sans doute ses préférences allaient à la monarchie traditionnelle, mais une république juste, honnête et catholique lui aurait semblé acceptable. S'il savait ce qu'il convenait de détruire, sa pensée se montrait singulièrement flottante lorsqu'il fallait construire. Il conseillait aux catholiques de laisser les misérables se révolter et écraser les tyrans modernes, cessant ainsi de jouer le rôle de défenseurs du capitalisme juif et des iniquités sociales (4). Après quoi, le peuple
) Ivid., livre II, Dernière bataille, p. 9.
(2) Tbid., p. 5 et 6.
(3) France Juive, t. II, p. 311.
(4) Ibid., t. I, p. 123.
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choisirait le régime qui lui plairait, Peu importait ce qu'aurait été cette forme. Chasser les Israélites et leurs alliés suffisait au bonheur des Français (1).
Cette absence de doctrine politique achève de caractériser la pensée de Drumont. Etrange assemblage d'idées révolutionnaires et de principes traditionnels, c'était surtout une œuvre catholique, sans doute fort éloignée de l'esprit évangélique, puisque l’on y faisait appel à la révolution sanglante, mais dont le premier but était de restaurer l’esprit chrétien en France, et par là, la grandeur de sa patrie.