‹ Les Israélites Algériens De 1830 à 1902Chapitre 57 sur 102 · LE DÉBUT DE LA CRISE ANTUUIVE · texte numérisé non relu

LE DÉBUT DE LA CRISE ANTUUIVE

prospérité revienne, mais, dès ce jour, il déclarait la guerre aux antijuifs.

« Le gouvernement républicain dont je suis auprès de vous le mandataire fidèle, écrivait-il, garantit l'usage paisible de toutes les libertés publiques. Il fait respecter l’autorité du suffrage universel dont les décisions ne doivent pas être influencées, dont personne ne doit contester les choix.

« J’assumerai notamment la liberté de conscience, car je prétends que, sous mon gouvernement, tout algérien puisse pratiquer sa religion sans rendre de compte à personne.

« Pour le surplus, les querelles de parti ne sont pas mon affaire... » (1).

La presse algérienne protesta aussitôt. Il y avait quelque ironie, en effet, à venir prêcher la tolérance religieuse à des gens qui faisaient profession d'irréligion. La première réforme qu'on exigeait de lui, bien que ce ne fut pas dans ses attributions, c'était l’abrogation du décret Crémieux. Le Gouverneur pouvait promettre un système de vrêts pour les colons, la création de chemins de fer, de routes, la . mise en valeur du pays par des irrigations, les Algériens approuvaient et reprenaient leur leit-motiv : « et les Juifs ? ».

Il apparaissait cependant clairement que le gouvernement ne songeait pas un instant à satisfaire le vœux dés habitants. Ceux-ci pour avoir satisfaction se tournèrent alors vers les violents qui leur répétaient qu'aucun accord n'était possible avec un gouvernement dominé par les Israélites. L’agitation sembla l'ultime ressource d’un peuple dont on méconnaissait les désirs.

(1) Proclamation du 30 octobre 1897.

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