IV. — La déhici'e antijuive
Toutes les fautes se paient. Or, les anti;uifs n'en avaient manqué aucune. Il fallait que le sentiment porulaire fût bien fort pour qu'aorès cinq ans d'agitations stériles et d’'incessantes maladresses, les politic:ens du çof antijuif parussent encore carables d'obtenir la victoire.
Un succes de la municipalité d'Oran qui pour protester contre l’obstruction du préfet avait donné sa démission et avait été réélue, la régeption c'aleureuce des Algérois à Drumont ranimaient pourtant leurs espoirs (2). Cependant la fièvre de 1898 était tombée. On rouvait dresser le bilan de l’activité des députés algériens au Parlement. Il se soldait par une suite d'échecs ininterromrue. L'Algérie avait signifié à la Métropole, en les élisant, qu'elle re‘usait d'assimiler les Israélites. E'le leur avait confié la tâche d'ohtenir l'abrogation du décret Crém'eux, sinon l'expulsion en masse des Juifs. [ls n'avaient “pas même obtenu l'ombre d'une satisfaction. La plupart des Israélites restaient en Algérie, ils étaient tou ours citoyens français, ils n'étaient pas beaucoup plus ruinés que les autres Algériens, victimes de la œrise vilicole. Le décret de 1898 sur le sectionnement des consistoires, blâmé rar eux, n'avait même ras été exécuté. Sans doute « les mousquelaires gris » avaient-ils essayé de faire de leur mieux. Ils avaient déposé des propositions de loi que les commissions avaient pieucement enterrées. Ils avaient essayé de justifier leurs électeurs, puis,
{!\ Antijrif, 91 janv'er 1902.
(2! Presse algérionre, 12 janvier. 5 févr'er 1902. (3) Arch. Cons. Centr., 3 mars-20 novembre 1899.
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énervés par l'incompréhension de leurs collègues, ils s'étaient livrés à des manifestations violentes qui leur avaient ôté tout crédit (1).
Ils avaient provoqué, au contraire, l'hostilité du Gouvernement qui n'avait à reu près rien accordé à l'Algérie et qui menaçait de maintenir ce régime rigoureux tant que celle-ci resterait dans l'opposition. Ces faits évidents allaient fournir aux républicains leurs principaux arguments.
Les antijuifs avaient enfin comoris que l'agitation était condamnée par l'opinion publique. Régis lui-même proclamait que la violence devait cesser et il remplaçait le nom de {’Antijuif par le titre pacifique de l'Algérien (2). Depuis l’arrivée du gouverneur général Revoil qui avait succédé à Jonnart, un ordre à peu nrès comrlief régnait à Alger. Les partisans de Drumont essayaient même de se réconcilier. Lionne quittait la ville pour être candidat en France, Marchal faisait la paix avec Régis (3). Mais cette conversion à la sagesse était trop tardive pour être appréciée. Vraie ou fausse, elle n'aurait rien rapporté. Or, las de pouriendre de mauvais Juifs comme des héros de chevalerie, les Algériens réclamaient de solides avantages matériels.
« Il nous faut des routes, des chemins de fer, des barrages, des travaux de colonisation : il nous faut une industrie, une agriculture. prospère et des débouchés commerciaux ; il nous faut la paix... » réclamait Barrucand dans les Nouvelles (4).
On ne vit pas de politique, surenchérissait la « Dénêche Algérienne ». En France, une circonscription peut se PAYER, un député de luxe, mais une circonscription algérienne ne saurait, à ce point, méconnaître ses intérêts » (5).
Les antijuifs répliquaient : « Toutes les questions depuis les plus petites jusju’aux plus grandes, denuis l'existence mîme du pays jusqu'à l'existence du plus modeste des citoyens se rattachent à la queslion juive » (6). Ils proposaient une fois encore aux Algériens un plé: biscite sur le décret Crémieux. Mais depuis plusieurs années, claque élection avait pris celte allure et chaque fois rien n'avait abouti. Alors, pourquoi persévérer dans une voie sans issue ? Dès 1900, le dérçartement de Constantine qui, le premier avait élu des antijuifs, avait renoncé à l’imrossible réforme (7). Le Premier Président de la Cour
a Di,
(1) Faure le 4 mars, Drumont le 1% juin 1901, avaient été exclus temporairement ét expuises de la triLutie par le piszet de Larue,
(2) Antijuif, :2 mais 1 02.
(3) Presse algerieune, 6 ,évrier, 3 mars 190:.
(:) BARRUCAND, « M. I rumont et l'Aluérie », p. 4.
(5) Lép cie algérienne, %7 avril 1902.
(6) Proiéssion &e foi de Drumout,
(:) Le 8 ocioure 1900 12 Cunseil Général de Constantine repoussait par 19 voix conire 14 un vuu de Rejou tenuant a abroger le décret du 24 octobre 1570. si
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