‹ Les Israélites de Pologne: "(Édition ornée de gravures)"Chapitre 22 sur 28 · LE JUIF LITHUANIEN AVEC SA FEMME ET SA FILLE · texte numérisé non relu

LE JUIF LITHUANIEN AVEC SA FEMME ET SA FILLE

les Israélites de Pologne, par Zi. Hollaendersk:.

costumes pareils, l'un pour les jours ouvrables, l'autre pour le sabbat : aussi, la couleur des étoffes dont il sesertfinitelle par devenir méconnaissable; les effets vieillissent sans être remplacés, et l'on en voit finalement des lambeaux pendre de tous les côtés. Enfin, quand il arrive qu'on les rapièce, le costume devient bigarré et hideux à voir. Les cheveux, au haut et par derrière de la tête, sont ordinairement coupés à ras et cachés sous le bonnet collant dont nous venons de parler ; mais de grandes mèches sont réservées du côté des tempes et encadrent la figure, tandis que la barbe, inculte, pointue ou éparpillée, descend sur la poitrine. Les riches seuls prennent la peine au moins le vendredi, avant le sabbat, de démêler leurs cheveux et leur barbe, en y procédant avec beaucoup de précautions, afin de ne pas en perdre ou en arracher un seul. Les pauvres, au contraire, abondonnent tout à la nature; aussi , la vermine et la crasse abondent-elles chez ces derniers. Quant aux femmes, elles s'habillent comme les Polonaises, à la coiffure près; leur tète, qui est rasée, est couverte d'un fichu noué de diverses façons. Les Juives riches mettent de petites couronnes ornées de perles, de diamants, etc. Les perles, les médailles en or, diamants, colliers et longues boucles d'oreilles, se font toujours remarquer sur elles*.

* Esterka, qui partagea la couche du roi Casimir-le-Grand, essuyait , de la part des dames polonaises, mille petites contrariétés et vexations. Une dame, dans un bal masque, parut dans le costume israélitc, pour faire allusion à la faveur inouïe dont jouissait la belle Israélite. Celle-ci, loin de s'en offenser, prillout de suite le costume d'une Juive, parut au bal, et par sa beauté, par sa grâce, et par sa parure, captiva tous les suffrages, à la grande satisfaction du monarque.

LÀ SÉCTÉ DES KARAITES OÙ KARÀJMES.

Lfcà K^ratieè où K^Hkïrhëf? habitent lit Lithuâttife- Hahs \i prdvIHbë de Ptiktlfcie, et ldWdlhyhië. Les habblHfStëfe Jllife 1 otit ébrit siir cette secte souvent &Vfec ëcharttetaërtt 2 } ël fcîremetit avec modération. Lé& Kàrdîtes £8 forlt défera âte feh écrivant avec frdfribhisë et vérité». L&3 srivârtis eht-étiëhs; ddtis lëiif dHalysé de là thédldgiè jtilVe et d'&H-

1 On appelle rabbiuistes, ceux d'entre les Juifs polonais qui suivent ex* aclcmèhi Iè Tâlihùd et les ouvrages des rabbins.

2Mischna eu parle en termes généraux, seulement. Dans le livre da T.oiari on trouve tous les griefs contre les karaïtcs. Àbram Ben Dzor, dans son livre de Kabala , contredit leur antiquité. Abraham Zakut de juchasyn, David Gantz, et R. Gadalia, dans son ouvrage sous le tiire de Schalselelb hakabaln, enfin, Maimanidcs dans son commentaire sur Pirkc Aboth et beaucoup d'autres, ont écrit en blâmant les karaïtcs.

3 Àaron, dans son ouvrage Gan-Eden, Elie ben Aloses dans son ouvrage Adercth Elia, Jacob ben Simon Menachcm, Jacob fils de Simon Briâni et autres.

tiquités hébraïques, parlent de l'origine des KaraïWS et de la différence de leur croyance 1 .

Selden, dans le di.v septième siècle, rapporte lèttirs Ibis sui* les mariages, tributiaux et successions, en lë§ cotfipa^ rànt à celles d'autres populations juives 2 .

Charles XII, roi de Suède, voulant faire tfôflnâUrè \éb Karaïtes à l'Europe, envoya, ert 1698, le pi-dffessetif* dfeé langues orientales, Gustave Peringer, à leui-feynagbgUedé Lithuanie. Celui-ci s'adressa au* plus éclairés, ednipate ledr langue avec leura écrits et eh rendit compte dfctt* tin ouvrage 3 .

Salomon fils d'Aarori, dèPôsWOle (fille îithdatitëiitie), fit un voyage à Upsah et dans cette principale école suédoise, déposa une dissertation concernant sa feecte.

Schapport* à la fin dd dit-septième siècle, fcotattiBirçô &

4 fliorinus, dans son ouvrage : Antiquitates orientales. Richard Simonïus, dans Supplemenlum dâLeûûëvi tiùiinèrtsem de riiibuè judeàrwn.faiprot, dans son ouvrage lntroductio ad theologiam JudattûHk. Râ^ftiuldl Martini, Pugisni fidtà pr&missa. Guslaw Perioger, dans sa lettre insérée dans leTenzel; in den gespraechen 1691. Tenzel lui-même, en. 1689 et 1692. François Budàcus, dans son ouvrage. hiiroduclis adhistoriàift pmiô sophlœ hebraieœ. Schupport, dans ses Dissertations. Buxdorï pèië; Pi Lexico TalmudLo rabbtoieo* Buxdorffils dans le livre: Synafoau Judaica Joseph Skalliger dans les œuvres : Triharesio Judeorum, et de-Emendatione temporum. Ugolihùs, dans les Dissertations fô TrîhWtWîi, pag: 60, t. 22., Thésaurus antiquitatum sacras. Selden dans ses œuvres ; 3asoago ei Prideaux, dans l'Histoire des Jui/s ; beaucoup d'autres citent Wolfius.

2 Cet homme savant a écrit à ce sujet , Uxor hœbraïca, seu de nuptijs et de divortiis libri 1res, de successionibus, ad legem hebrœorum, edit.

3 Voyez la lettre de ce môme Péringer dans les discours de Tenzel, ainsi que Wagenseillus dans le livre sur ; Spe Uberaûdi Israelis, p. 25, ( parle de ce voyage ). •

faire paraître différents écrits sur les Karaïtes; ils ont été réimprimés en 4704 àJena.

Jacques Trigland , hollandais, adressa en 1699, plusieurs questions aux Karaïtes polonais. Les principales étaient : a) «Si les Sadducéens et les Karaïtes étaient de la même secte? b) Si à l'époque de la deuxième église, les Karaïtes existaient déjà?c) S'il était vrai que les Karaïtes tirassent leur origine d'Anan? d) Si le Code saint était le même pour eux et pour les Rabbinistes? » (A. Troki, ville Lithuanienne, les Karaïtes possèdent encore les copies des lettres de Trigland).

Mardechaï de Kulikow , ville située près Lemberg, en Galicie, répondit au nom de toute la secte, et Jean Christian Wolfius fit imprimer une autre dissertation à ce sujet, accompagnée de savantes notes 1 . Czacki ne s'est pas borné à analyser ces ouvrages qui, dit-il, en grande partie, donnent de savantes descriptions des différences des religions mêlées à d'insignifiantes bagatelles, comme jadis Trigland lui-mêrn: les considérait, au sujet de la nourritare des Juifs.

Czacki examina personnellement les Karaïtes, étudia leurspriviléges, analysa leurs actes, compara leurs constitutions et leurs usages avec ceux des Rabbinistes, et nous laissa une relation succinte sur cette secte.

i Le titre de cet ouvrage est: Notitia Karœre, ex Mordehaï karaci recentioris tracta tae haurienda, quera ex N. S. eum versione latina notis et praefacione de Karacorum rébus scriplisque ediditJoan Chrisloph Wolfius. Accedit in rébus Jacobi Triglandi dissertalis de Karacis Hamburgi et Lipstac, 1714.

Cette secte reçut le nom de Karaïm (scrutateurs de l'écriture), mot dérivant plutôt du Chaldéen que de l'hébreux, parce qu'il signifie : des personnes qui lisent dans la Sainte-Écriture. Elle rejeta toutes les traditions rabbiniques, sous prétexte que la loi mosaïque doit rester la seule source de toute la vie religieuse et de toutes décisions juridiques.

En vérité, elle n'a pu faire autrement par la suite, que de se construire un autre édifice traditionnel; mais elle est pourtant restée fidèle aux principes, et d'ailleurs, selon eux, il est libre à chacun d'éclairer la Sainte-Écriture d'après sa propre exigence, sans égard aux commentateurs d'autrefois. Ils expliquent la Bible d'après les règles grammaticales, le génie de la langue hébraïque et d'après la raison.

R. Beschitzy dit, à ce sujet, dans son livre Mathé Elôhim : « Nous prenons la raison pour guide, partout ou elle s'accorde avec la manifestation divine, et nous marchons ainsi, conduits par cette double lumière, sur le chemin droit qui nous mène vers le but de la vérité. Mais s'il arrive que la raison a quelque doute contre la manifestation et ne veut point s accorder avec elle, nous sommes obligés de nous en tenir à la loi manifestée, quoique la raison comme la manifestation soient de Dieu. Car, âjoute-t-il, si la raison pouvait suffire paftbut , la manifestation serait inutile. »

Ils rejettent tous les commandements superflus, qui ne se trouvent point expressément dans l'Écriture sainte, ni dans leurs traditions. Ils disent : que l'homme ne s'abstienne de rien autre de ce que la loi lui défend expressément, parce qu'il n'aurait point de récompense pour cela, et, comme dit Salamon (Eccles. 7-16) : «Ne sois point trop piçux, »

Si l'on dit que les Karaïtes rejettent la tradition, on qe veut pas dire pour cela qu'ils n'acceptent point d'expljeation sur les lois de l'Écriture sainte. Il est vrai qu'ils ont des traditions, mais ils ne les regardent pas comme données par Dieu h Moïse. Ils considèrent ces traditions de leurs ancêtres seulement comme des règlements faits p#r les ïp^îtres de la nation, et pour leur donner plus de sanction, ils les ont rapportées, selon eux, au texte de 1'Écriturç. IU défendent rigoureusement de ne point confondre la sainte Écriture avec les commandements rabbiniques. Ils s'en rapportent à ce que dit Moïse (Deuter. 31-1):« Que vous observiez tout ce que je vous ordonne aujourd'hui; n'y ajoutez rien et n'en ôtez point. »

11 est difficile de savoir si les Karaïtes se sont donnés eux-mêmes ce nom, ou si les Rabbinistêe, par hame, le leur ont légué 1 . Bartalacci les confond avec les Samaritains et leur attribue l'opinion qu'ils n'ont point, qu'ils reconnaissent seulement les cinq livres de Moïse. Les Rabbinistesleur donnaient toujours et leur donnent encore Ife

* Morin, lib. «, exercit VU, el I, prétend : que les Karaïtes euft-mêmes, prirent ce nom, et Trigland, nu contraire, dit : e,ue les rabbin Istes le leur ont donné par dérision.

2 Bibliotecœ magnœ Rabbiniœ, t. I, n° 57 > éd Rom. Sur les samaritain?. Voyez la savante dissertation d'Adrien Relande dans le UVrô de Thésaurus antiquitalumsuorum. UgeJin, t. XXII! , p. 155. Le changement de leur opinion est divisé en trois épojues. Vojcb aussi la toute des samaritains à la syoagoguo juive en Angleterre, 6 U suite du conseil de Huntington, écrite dans le même volume.

nom d'hérétiques. Beaucoup de savants Rabbinistes prétendent que les Karaïtes suivent les mêmes règles que les Sadducéens. Même les savants chrétiens ont cru que quelques principaux articles de la foi des Sadducéens ont été abandonnés, dans le moyen-âge, par les Karaïtes et que, du reste, ils suivent leurs règles*. Les Karaïtes donc prétendent qu'ils s'accordent et s'accorderont avec les Sadducéens, quant aux jours de fête, mais, comme leurs pères, ils ne croient pas à la résurrection, ni à l'incarnation des anges; ils ne contredisent pas l'immortalité de l'âme, quoique toutes ces croyances religieuses soient enseignées par les Sadducéens 2. Les Rabbinistes, en grande partie, et beaucoup de savants chrétiens soutiennent que, environ l'an 750 de l'ère chrétienne, Anans se sépara des

1 La haine des Juifs a appliqué plusieurs noms ignominieux aux Karaïtes. Ils les confondent habituellement avec les Sadducéens. Buxdorf dit in Lexico : «Idem fuerunt eum saduccio ut plcrique hebrœarum tradunt». Buxdorf iils : Svnagoga Judaica, p. 1. Beaucoup d'autres étaient du même avis avant la dissertation de Trigland et celle du Juif polonais Mardechaï. Les Rabbiuisles leur donnent le nom d'Epicuriens, etc.

Qui veut avoir l'idée jusqu'à quel point la haine entraîne les Rabbinistes, contre les Karaïtes, qu'il lise la description du soulèvement des Talmudistes de Constantinople contre eux; qu'il lise l'Histoire d'Elie d'Orient, dont un extrait se trouve dans la dissertation de ftbeubach sur les supérieurs juifs, t. XXIV Ugolina. Les Talmudisles armés, prirent les dix commandements du sanctuaire de leur synagogue, et ont juré: 1o Qu'aucun d'eux n'enseignera jamais rien aux Karaïtes. 2<> Aucun d'eux ne servira jamais dans leurs maisons. 3° Maudits soient à jamais les Karaïtes. 4° Aucune liaison ne peut se former entre ces sectes. L'historien Elic, luimême, trouve celle rigueur absurde.

2 Voyez la dissertation de Mordehai, depuis la page 16 jusqu'à 24 et Thésaurus antiquitatem sacrorum, Ugolina T. III.

3 On trouve dans les archives Israélites de France, 1Ô45, no 8, f. 51 1 , ce qui suit : c Au milieu du 8 e siècle, une nouvelle secte se forma contre le rabbinisme , Anan ben David, poussé par l'ambition démesurée d'ob-

Rabbinistes à Babylone. La cause en est que la dignité de gaon ou docteur ne fut pas donnée à Anan. Les Karaïtcs, au contraire , prétendent que leur secte existait déjà dû temps du premier temple , et que c'est eux qui ne voulaient point 'retourner à Jérusalem, après la destruction du premier temple et rester dans les pays chrétiens, où, n'ayant rien appris du Talmud, ils avaient conservé simplement les lois de Moïse qu'ils observent avec quelques changements*.

L'histoire de la Pologne ne parle point de l'époque à laquelle les Karaïtes s'établirent dans ce pays, mais il est certain que les premiers privilèges leur ont été donnés à Luck par Etienne Batory, et à Troki par Casimir Jagellon.

Cependant leurs colonies y étaient antérieures à ces privilèges, et il est à présumer qu'ils avaient eu d'autres privilèges, anéantis par quelque circonstance. Toutes les synagogues des Karaïtes s'accordent à dire que Witoldle-Grand, duc de Lithuanie, avait fait venir 383 familles karaïtes de Crimée à Troki, et que dans une deuxième expédition d'autres familles avaient été envoyées à Luck et à Halicz 2 . Les Karaïtes parlent la langue tartare. Le

tenir la première place dans la hiérarchie judaïque de Babylone, se sépara des Rabbins, et devint le chef et le fondateur de la secte des Karaïtes, etc. »

1 Celte assertion d'un savant Chacbam, ( c'est ainsi que les Karaïtes appellent leurs rabbins) de Troki, se trouve dans un écrit de M. Jacques Tugcndhold, censeur du gouvernement, pour les écrils hébraïques et chaldéens à Varsovie. Le Chacham y parle aussi d'une question adressée par l'empereur Nicolas , ( lorsqu'on 1856 , passant par celte viile, selon l'habitude de son frère Alexandre, il enlra chez le savant karaïte ), cette relation passée par les mains du fcld-maréchal Paskiewiez et par la traduction de Tugendhold, établit que le Chacham avait répliqué par ces mots:» Onnepeut pas nous reprocher d'avoir crnciûé Jésus Christ, car nous n'éiions plus à Jérusalem , depuis la destruction de la première église. » Les notes faites probablement par quelque Karaïte mal instruit, ren«

supérieur de leurs rabbins résidait àKaleprès delà vill? Bakczeseray, en Crimée. Ceux de Luck et de Trofci , lors de disputes importantes, étaient jugés par le supérieur de Kale. Aiosi, rétablissement des Karaîtes en Lithuaniç et leur origine sont incontestables-. L'état des sciences chez eux s'accorde avec leurs besoins. Les Rabbinistes leur ont reproché une grande ignorance et ont prétendu que leurs écrivains n'avaient point contribué à l'interprétation de la Bible et des livres sur la religion 1 . Cependant, la bibliothèque des écrivains hébreux de Wolfius , les dissertations de Schupport et autres, prouvent qu'ils ont écrit autant qu'il en fallait pour apprendre à leur secte les devoirs et le* lois que la religion leur impose. Du reste, ils emploient les prières qu'Aaron, karaïle, au seizième siècle composa, ainsi que les psaumes et la Bible des Hébreux.

Ensuite, dit Czacki : « Ne cherchons poipt chez les Karaîtes la science, mais rendons justice à leurs vertus. Tous les documents attestept qu'aucun Karaïte, pendant quatre siècles, ne fut condamné pour crime. Ni la promesse de grandes récompenses, ni les menaces n'ont pu engager aucun d'entre eux à devenir espion. Pauvres, mais laborieux, ils ne cherchent jamais à s'enrichir, et vivent avec résignation du produit de leur travail. »

Sous Sigismond I, il régnait des querelles entre les Karaîtes et les Rabbinistes. Le supérieur de tous les Juifs en Pologne, désigné par le gouvernement, voulait exercer aussi son pouvoir sur les Karaîtes, mais ceux-ci, comme étant d'une autre religion , ne voulurent point s y sou-

ferment a ce sujet d'étranges contradictions. Par exemple, le prince Witold régnait dans le treizième siècle, Lad i si as Jagellon était fils de la reine Bonne, et il prend legrand-pere pour le fils du pclil-lils. 1 Abraham ben Dior, cd. Muntuanœ, p. 21.

mettre. Gastold, grand chancelier de Lithuanie prononça sur ce différend en disant; que les privilèges accordés aux Juifs ne concernent point les Karaïtes qui ne devaient pas être soumis à un pouvoir étranger. Catherine II, par son ukase adressé au comte, depuis prince, Platon Zubow, gouverneur général de la Crimée et des provinces limitrophes, accorda quelques franchises aux Karaïtes.

Dans les lois polonaises, il n'y avait pas de différences marquées entre les sectes des Juifs. Le gouverneur de Galicie admit les Karaïtes aux mêmes droits que les chrétiens et les a exemptés des charges qui pesaient sur les Juifs.

La secte des ftaraïtes diffère de toutes les autres : 1° pendant leurs prières , ils sont agenouillés les bras et les yeux levés vers le ciel ; ils prient deux fois par jour en langue hébraïque : le matin et le soir, au temps même où Ion avait sacrifié au temple de Jérusalem, ils ne font point la prière thèphilath arbith, comme les rabbinistes. 2° Ils comptent différemment les degrés de parenté dans les mariages 1 . 3° Les unions sont plus indissolubles par la difficulté que Ton y éprouve pour le divorce. 4° On procède différemment pour la circoncision 2 . 5° Les femmes

1 Le Karaïle ne peut pas se marier avec sa belle sœur, et le Rabbiniste au contraire a ce droit, pourvu qu'il Ole le soulier (Chalitza) à sa future.

2 Les Karaïtes font la circoncision le huitième jour, mais ils ne déchirent

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