‹ Les ivresses;Chapitre 53 sur 111 · ACTE DEUXIÈME · texte numérisé non relu

ACTE DEUXIÈME

Mon Dieu!

GEORGES

Mon oncle est mort, dites-vous?

LE MARQUIS

Oui , mais après avoir, grâce à mes conseils, déchire l'acte qui vous déshéritait... De sorte qu*à cette heure vous êtes seul héritier... et M. le marquis, votre oncle, laisse une fortune de huit millions. (Mouvement; Georges chancelle et semble sur le point de tomber.)

PAULA, avec un cri douloureux* Mort!

GEORGES, dans nie sorte d'enivrement fiévreux. Huit millions, à moi I... (Allant à Paula.) A vous... Paula... à toi, Marie; huit millions! Vous êtes bien sûr de ce que vous diies?

LE MARQUIS

Comment, si j'en suis sûr !

GEORGES

Alors vous avez vu anéantir l'acte en question.

LE MARQUIS, tirant de sa poche des morceaux de papier de tente sotte

Votre oncle Ta déchiré devant moi, et en présence de son

notaire; et, si vous en doutez, parbleu!... tenez, en voici les

morceaux.

GEORGES, semant sur le papier.

Oui, oui, c'est vrai... les voilai... je les touche, je les tiens...

VERVEDA, prenant un autre papier.

Et voici, de plus, une copie de ses dispositions nouvelles. Il s'y trouve même une clause assez singulière... Tenez! (il Ht *.) « Je défends absolument à mon cher neveu que j'ai tant affligé pendan t

* Éva, Georges, Hippolyte, Richard, Guibert au fond ; Mézeray a la porte ; Puiljallon au-dessus de Venreda et d'André ; Hélène, madame de Ménioles pies du canapé, Paula» J"

ma vie, de me pleurer après ma mort : une larme dans ses yeux ou un crêpe à son chapeau suffiraient pour entraîner la nullité du présent acte. ■ (Moorement d'étonnement.)

GEOftGBS.

Ainsi... je ne suis pas le jouet d'un rêve! millionnaire! je suis plus riche que jamais! Huit millions! c'est-à-dire le luxe, Jes fêtes splendides, comme autrefois! c'est-à-dire pour le nom deLimours un nouvel éclat... un rayonnement nouveau! la vie enfin! Ah! j'étouffais! je respire!...

PAU LA, à part, arec douleur.

ma pauvre Touraine! ô mes beaux jours perdus! ÉVA, qui a para suirre cette scène arec an intérêt palpitant; d'une voix troublée, a Panla.

Recevez, madame, nos compliments de condoléance... mais permettez-nous de vous féliciter de la...

MEZERAY, qui était an fond.

Ah ! ça y est ! La Loire déborde et, à cette heure, on navigue dans la salle de mes ancêtres.

PUITJALLON.

Que voulez-vous dire?

MÉZERAY

Je veux dire que vous m'avez exproprié et que la Loire vous exproprie à son tour. Du reste, il n'y a jamais chez moi plus de deux pieds d'eau. C'est comme cela depuis trois siècles. Voilà la surprise que je lui ménageais. (Musique au loin.)

LE MARQUIS

Mais alors...

MÉZERAY

Il n'y a pas de danger ici.

LE MARQUIS

Est-ce que vous n'entendez pas le bruit des vagues?

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