‹ Les ivresses;Chapitre 88 sur 111 · ACTE TROISIÈME · texte numérisé non relu

ACTE TROISIÈME

MÉZERAT.

Est-ce que quelqu'un y avait touché ?

PAUL A, distraite.

Gomment? (a part.) Est-ce qu'elle ne viendrait pas?

MÉZERAY

C'est une histoire que l'on racontait l'autre soir chez madame de Ronzoff.

PAULA

Ah!

MÉZERAT.

Il était question d'un de ses compatriotes dix fois original et vingt fois millionnaire qui ne pouvait souffrir que l'on touchât même du bout du doigt à l'une des nombreuses merveilles qu'il possédait. Un certain jour, le comte Orieff, emporté par son admiration, prit dans ses mains un groupe de saxe qui valait dix mille roubles. Notre boyard ne sonna mot ; mais, le comte une fois parti, il fit jeter les cinquante mille francs par la fenêtre. PAU LA, se levant.

Je comprends cela. Oh 1 maintenant, je comprends toutes les folies.

MÉZERAY, vivement.

Vraiment? (a part.) Tiens, tiens, mais alors nous pourrions peut-être nous entendre 1

PAUL A, avec une agitation croissante.

A propos, monsieur le duc, vous... vous allez au bal de madame de Ronzoff.

MÉZERAY

Mon Dieu 1 je ne sais ; madame la comtesse a pris justement le jour de réception de l'ambassadeur d'Angleterre, chez qui j'ai l'honneur d'être admis, et...

PAULA

Qu'importe 1 à Paris, il faut savoir se partager. (Elle éclate <U rire.)

MÉZERAY

Pourquoi riez-vous ?

PAULA

Je ne sais pas. Je suis nerveuse aujourd'hui, voilà tout la wcret.

MÉZERAY, à part.

Décidément, il y a quelque chose.

PAULA

Il parait que Ton s'amuse beaucoup chez madame de...? Du reste elle est aimable, spirituelle, et belle par-dessus le marché, njestce pas, monsieur le duc ?

MfîZÇRÀY.

Oh I c'est une femme dont on ne dit rien.

PAULA

Vous en êtes sûr? (Elle éclate de rire.)

MJSZEBAY, à part.

Ah çà 1 mais je rêve... Est-ce bien la comtesse de Limours.

PAULA, à part, avec nna eolère méprisante.

Ce Georges 1 ce faux dévot de l'amour qui va pécher tout de suite en sortant du temple.

MÉZERAY, à part.

Serais-je par hasard arrivé justp à temps pour punir un infidèle?

PAULA, de plus en pins agitée.

Eh bien, monsieur le duc, est-ce ainsi que vpus reuip.lissez |a mission que M. de Limours vous a confiée ? Il parlait tout à l'heure de votre joyeux esprit. Qu'en avez- vous donc fait ? se serait-il noyé dans la même coupe où M. le comte a perdu la raison?

MÉZERAY

Gomment ?

PAULA

Oui, vous savez bien, au cercle, je ne sais où. N'y étiez-vous

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