ACTE QUATRIÈME
enfant 1 elle n'a pas hésité! Seulement, elle attend un peu. Vous comprenez, en ce moment, les ventes sont si mauvaises! Oh! oui, elle a du cœur!... et puis, la naïveté même. Elle ne me cache rien. Je sais tout ce qu'elle fait! Ainsi, ce soir, elle a dû diner chez Bignon avec un de ses parents. Mais, à minuit, je serai près d'elle. Elle m'attend!... Pas un mot, n'est-ce pas, mon cher mousieur Richard? pas un motl confidence pour confidence 1 (il s'éloignent.)
RICHARD, à lui-même.
Ainsi, le scandale a déjà nos deux noms en pâture! Demain, tout Paris saura... Oh ! les femmes mariées! les femmes mariées! PUITJALLON, entrant avec madame de Ménioles, et continuant une conversation commencée.)
Oui, baronne, si j'avais un trésor qui valût une fleur de votre bouquet, je vous ferais le pari le plus déloyal du monde, attendu que je parierais à coup sûr. Je gagerais qu'avant deux minutes, la marquise de Yerveda sera dans ce boudoir. (De Mézeray et Hélène paraissent dans le second salon, pour revenir parle fond à gauche.) Et tenez, tenez, j'aurais déjà gagné.
MADAME DE MENIOLES.
Eh bien, qu'est-ce que cela prouve, après tout?
PUITJALLON, ricanant.
Cela prouve que le marquis vient de partir pour aller à l'Opéra.
MADAME DE MÉNIOLES.
Et qu'y a-t-il à l'Opéra?
PUITJALLON.
Les débuts d'une petite danseuse maigre appelée mademoiselle Finette ! Nouveau Pélisson, le marquis de Verveda se console avec une araignée. (Hélène et de Mézeray entrent et vont a la cheminée.) MADAME DE MÉNIOLES, riant.
Ah! tenez, vous êtes incorrigible; et voulez-vous que je vous dise ce qui vous rend si méchant? Eh bien, c'est votre échec auprès de la belle Éva.
r Richard, Puitjallon, madame de Ménioles.
PUITJALLON.
Moi t Ma foi, noh t fct, en vérité, je ne voudrais pas être à la ptate de M. de Limours ; car, si ce qu'on dit est vrai, si ramant est heu* reux, le mari ne l'est guère 1
MADAME DE MÉNIOLES.
Que voulez-vous dire?
PUITJALLON.
Je veux dire que, si Von avait votre malice, baronne, on pourrait très-certainement penser que, pour avoir autant d'indulgence pour son mari, il faut qu'une femme ait bien besoin d'indulgence pont elle-même.
MADAME DE MÉNIOLES, froidement.
Àbl pardon, monsieur de Puitjallon ; mais il y a de certaines femmes auxquelles je ne permets pas que Ton touche. (Eue le salue, le quitte et va à Hélène.) MÉZERAY, qui, tout en parlant à Hélène, n'a pas perda do vue Puitjallon.
Vous avez décidément une admirable veine, monsieur de Puitjallon; combien de fois avez- vous passé?
PUITJALLON.
Huit fois.
MÉZERAY
Et pourquoi n'avez-vouspas passé davantage?
PUITJALLON, avec un mouvement.
Comment?
MÉZERAY, simplement.
Eh ! sans doute, du moment où Ton atteint ce chiffre-là, il n'y a plus de raisons pour que l'on s'arrête.
PUITJALLON, riant.
Ah! cependant...
MÉZERAY
Heureusement que je n'ai plus de château à perdre.
HÉLÈNE, dont les regards depuis sont entrée sont fixés sur Richard.
Comment, monsieur de Ceîves, nous n'aurons pas madame de Limours ?