‹ Les Jacobites; drame en cinq actes en vers, représenté pour la première fois sur le théatre national de l'Odéon, le 21 novembre 1885Chapitre 53 sur 80 · ACTE IV, SCÈNE I Ç · texte numérisé non relu

ACTE IV, SCÈNE I Ç

DUNCAN

Oui ! Bien souvent il passe une journée entière Assis près du tombeau de la chère lady. Et quand a-t-il quitté la maison?

RUTH

A midi.

DUNCAN

Non, je n'aime pas voir ainsi sortir le maître. C'est imprudent.

RUTH

Qui donc pourrait le reconnaître, Déguisé, comme il est, en habit de berger?

DUNCAN

Soit! Mais il n'a jamais été plus en danger, Puisqu'on a mis sa tête à prix.

RUTH

Malheureux homme

DUNCAN

Mille livres sterling sont une grosse somme; Le pays est toujours battu par les soldats.

Et, pour trahir le maître, il suffit d'un Judas... Dès demain, il faudra le cacher mieux encore.

RUTH

Mais, Duncan... que sait-on sur le Prince?

DUNCAN

On ignore

Par quel chemin a pu prendre le fugitif.

A qui lui livrera le Stuart, mort ou vif,

Cumberland offre un prix de trente mille livres.

On dit que, l'autre jour, à Stirling, des gens ivres

Tuèrent un marchand qu'ils avaient pris pour lui...

Enfin, il est encore en Ecosse aujourd'hui.

Et libre, on en est sijr... Dieu protège sa fuite !

JOÉ, qui, depuis un moment, a quitté le coin du feu.

Dis donc... Je me souviens... comme ça, tout de suite. De la belle lady... tu sais... dont tu parlais Tout à l'heure...

DUNCAN

Eh bien, quoi ?

JOÉ

Qu'est-ce que je voulais?.

Je me rappelle... et puis tout à coup cela passe.

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