ACTE IV, SCÈNE 111 lOI
essoufflé, sur le seuil. Il porte un habit de montagnard, couvert de poussière, et n'a ni armes, ni plaid,
LE PRINCE
Asile pour une heure 1
DUNCAN
Dieu! le Prince!
RUTH, stupéfaite.
Le Prince !
Ils s'inclinent devant lui,
LE PRINCE
Oui, le fils de vos Rois, Vaincu, proscrit, traqué comme un cerf aux abois I Lui-même!... En le cachant, vous risquez votre tête, Et si vous le livrez, votre fortune est faite... Tant pis ! Je n'irai pas plus loin... Je suis trop las 1
DUNCAN, se relevant.
Prince Charles, je fus un de vos bons soldats, Et cette humble maison et celui qui l'habite Sont à vous. J'ai suivi l'étendard jacobite A Preston, à Falkirk, à Culloden!
LE PRINCE
Pardon !
Car je deviens ingrat dans mon triste abandon. L'Anglais peut me traiter en animal féroce, Je dois me souvenir que dans ma chère Ecosse, Oùj depuis de longs jours, j'erre en désespéré, Beaucoup m'ont reconnu, mais nul ne m'a livré.
// tend la main à Duncan, qui la baise.
DUNCAN
Femme, va préparer vite la chambre' haute...
Ruth monte l'escalier à droite et sort par la porte qui conduit à l'étage supérieur.
LE PRINCE, s' asseyant.
Avec quelques amis, je fuyais vers la côte, Quand des soldats anglais qui nous ont aperçus, Trouvant notre air suspect, nous ont tiré dessus. Mais ils ne savent pas, je pense, qui nous sommes.
DUNCAN
Et sont-ils nombreux?
LE PRINCE
Non, une dizaine d'hommes,