V. G&uedtt christianisme , TV* part., ch. i ep
la bourbe. Le lit de cette belle riviere est encore le m&me, mais ce ne sont plus les mmes eaux. Quoi ! Monsieur, voulez-vous plut6t croire vos sentiments particuliers que la parole de Notre-Seigneur Jesus-Christ, lequel a dit qu'il edifierait son Eglise sur la pierre, et que les portes de 1'enfer ne preVaudraient pas contre elle ? L'Eglise est son Spouse, et il ne 1'abandonnera jamais. II est vrai que JSsus-Christ a SdifiS son Eglise sur la pierre ; mais il y a temps d'Sdifier et temps de detruire. Elle Stait son Spouse , mais c'est maintenant une adultere et une prostitute ; c'est pourquoi il 1'a rSpudiSe, et il veut qu'on lui en substitue une autre, qui lui sera fidele. Croyez-moi, Monsieur, se contenta de rSpondre le visiteur centrists, dfiez-vous de votre propre esprit, qui vous donne des sentiments fort SloignSs du respect qui est du a TEglise.
Mais vous-mme, Monsieur, qui parlez si bien, repartit aigrement 1'abbS, savez-vous bien seulement ce que c'est que 1'Eglise? L'Eglise, Monsieur, comme nous 1'apprend le catechisme qu'elle donne a ses enfants, c'est la congregation des fideles sous la conduite de notre saint-pere le Pape et des pasteurs ISgitimes. Bab ! bab ! vous n'y entendez que le haut allemand. Mais c'est le langage de I'Eglise elle-m&me.
Vous etes un ignorant : bien loin de mSriter d'etre a la t6te de votre congregation, vous mSriteriez d'en tre chassS ; et je suis fort surpris qu'on vous y souffre. HSlas ! Monsieur, j'en suis plus surpris que vous, car je suis encore plus ignorant que vous ne pensez, et si Ton me rendait justice, on ne manquerait pas de me renvoyer... (1)
On a rendu justice a 1'ignorant : la religion et la patrie b6nissent sa memoire. G'Stait Vincent de Paul, le plus grand de ces serviteurs de Dieu qui montraient au dix-septieme siecle que le grand fleuve de I'Eglise n'Stait point dessSchS et que ses eaux avaient encore la vertu de faire croitre sur leur rivage cet arbre de la saintetS toujours couvert de fruits, et dont les feuilles guSrissent les nations (2). Le sectaire orgueilleux, qui avait des yeux pour ne point voir, c'eiait Du Vergier de Hauranne. L'Eglise lui a rendu justice aussi, en plagant son nom et ceux de ses amis a c6t6 des noms anathSmatisSs des h6re-
1. Saint Vincent de Paul, sa vis, son temps, etc., par M. 1'abbe Maynard, t. II, p. 240.