‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 13 sur 217 · Apocal., xxn · texte numérisé non relu

Apocal., xxn

tiques qui ont ravage" la chr6tient6. Mais tous, meme parmi les catholiques, n'acceptent pas ce jugement. On fait honneur au Jans6nisme de l'6clat religieux clont brilla le dix-septieme siecle. On nous concede bien que des efforts partiels se produisirent avant lui, en France et ailleurs, pour relever ce que la r6forme avait abaltu. Toutefois, on ajoute que ces efforts furent tenths par des homines ignorant trop 1'antique esprit pratique int<rieur pour r^ussir, et on nous apprend que Jans6nius, Saint- Cyran, mieux que tous leurs contemporains, du haut de leur tour d'Hippone , eurent 1'intuition du besoin des ames, du peril qui menagait la foi ; qu'eux seuls fonderent une grande 6cole morale, de science et de pi6t6, destined a renouveler la face de 1'Eglise qui n'avait plus ^intelligence vraie de Fantique esprit chr6tien (1) . G'est la la legende de Jans6nius et de Saint-Cyran ; leur histoire est tout autre, et ce qu'elle raconte confirme pleinement le jugement de 1'Eglise.

Du Yergier de Hauranne naquit a Bayonne en 1581. Quatre ans plus tard, Jans&aius naissait au village d'Arcquoy, pres Leerdam (2). Ces deux hommes, si 61oign6s 1'un de Tautre par leur berceau , se rencontrerent et s'unirent 6troitement. On les trouve d'abord tous les deux a Louvain, au pied de la chaire de-' Janson, disciple obstin6 de Bams. Janson avait dans son cabinet le portrait de son maitre, dont la t6te <5tait environne'e d'un rayon de gloire comme saint Augustin et d'autres saints places a cot6 pour lui faire honneur. II ne se con.tentait pas de ce culte domestique. Jans6nius se rappela dans son Augustinus que . cet Eminent professeur prouvait a ses 61eves que la bulle de Pie V condamnant la doctrine de Bams avait et6 alt6r6e par 1'introduction d'une virgule qui changeait le sens d'une clause importante. II nous montrait, dit-il, la bulle originale ou cette virgule ne se trouve pas; et moi-meme, ajoute-t-il, non sans quelque Iiert6, j'ai vu souvent de mes propres yeux qu'il n'y en a pas de trace (3) . Vers

t. Port-Royal, par Sainte-Beuve, Discours pr61iminaire. Lettres de la mere Agnes Arnanld, publiees par M. P. Fcugore^ Introdticlion.

2. II tait fils de Jean Otto ; a Louvain il pritle nom do Jansen (fils de Jean). L'histoire lui a conserve le nom Iatinis6 de Jansenius.

Page 1