‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 14 sur 217 · Aiitjuslinus, de Stalu naturaR lapsee, lib. IV, c. xxvm · texte numérisé non relu

Aiitjuslinus, de Stalu naturaR lapsee, lib. IV, c. xxvm

t 1605, on voit Du Vergier et Jansenius a Paris. Ils assistent aux ' legons d'Edmond Richer, dont Rome allait bientot flglrir les doctrines. Quelques annSes apres, les deux amis un moment s6par6s se rejoignent a Campiprat, maison de campagne batie sur la hauteur voisine de Bayonne qui regarde la mer. La situation en 6tait heureuse, les promenades belles, Fair pur, la vue eiendue, propre a ne lasser jamais. Mais ce spectacle avail moms d'attrait pour les jeunes solitaires que 1'etude des Peres, des Gonciles, de Fhistoire ecclSsiastique. A part quelques instants donnSs a un d61assement necessaire, ils ne quittaient pas leurs livres. Qu'y cherchaient-ils avec cette application passionn6e ? L'enseignement de Louvain et de Paris avait porte" ses fruits. Du Vergier et Jansenius 6taient persuades que depuis six cents ans 1'Eglise catholique ne meritait ce titre que dans le seul sens et pour la seule raison qu'elle avait succ6d6 a la veritable Eglise de J6sus-Ghrist, de mSme qu'une riviere conserve son nom lorsqu'une eau bourbeuse a succ6de aux flots limpides. Ils se disaient : Saint Thomas et les scolastiques ont ravag6 la th6ologie par le raisonnement hum am et les principes d'Aristote ; leur doctrine n'est qu'un jargon pernicieux qui n'est fond6 ni sur 1'Ecriture, ni sur les Peres ; le concile de Trente a ^16 fait par le Pape et par les scolastiques qui ont beaucoup change au symbole traditionnel. Done, pour retrouver la veritable 6pouse de J6sus-Ghrist, pour ressaisir la pure doctrine, pour se retremper dans 1'esprit chr6tien, il faut remonter aux origines, puiser aux sources de la foi au-dessus du point oil les eaux bourbeuses de 1'erreur se sont m&lees a leurs : flots ; il faut revenir a la pratique de la discipline primitive. Voila po urquoi les deux solitaires de Campiprat e"tudiaient avec tant d'ardeur Tantiquit6 chr^tienne. Ils esp^raient trouver s dans ces profondeurs v6n6rables de 1'histoire sacr6e une Eglise ::j sans hierarchic avec une religion d6pouillee de vaines images, : ; de ceremonies inutiles, de devotions populaires : une religion austere, sobre, inde"pendante, pour la substituer a TEglise romaine dont il 6tait temps de dtruire le dogme corrorapu, la morale relachee, les pratiques tout exterieures, la constitu- : tion tout humaine.

\ Cette osuvre de destruction et d'cdification arretee en prin-

cipe, les nouveaux reformateurs se separerent. Jans6nius retourna a Louvain, emmenant deux neveux de son ami, Barcos et Arguibel, qu'il fit entrer au college Sainte-Pulche"rie dont

on lui confia la direction. Du Yergier se rendit a Poitiers oil 1'eveque, M. de la Rocheposay, se demit en sa faveur de 1'abbaye de Saint-Cyran en Brenne. Le sup6rieur et 1'abbe ne se laisserent pas deiourner du projet conc,u a Gampiprat. C'eiait entre eux 1'objet constant d'une active correspondance. Nous ne possedons que les lettres de Jans6nius. Par elles nous savons quelles haines inspirent celui qui les 6crit et celui qui les rec,oit, quelles esp6rances les soutiennent, quels travaux ils s'imposent, quels alli6s ils se donnent, de quelles dissimulations ils s'entourent et quelles cabales ils montent. Entrons courageusement dans cette lecture aussi instructive que peu agrSable. Nous tombons en plein flamand et en plein Jansenisme : il ne faut pas s'attendre aux fleurs et aux am^nite's de saint Frangois de Sales (1).

Du Yergier ecrivit le premier, apresla separation. La reponse de Jans6nius est du 19 mai 1617 :

Je vous puis dire avec autant de candeur que je vous aye jamais dit chose du monde, que par plusieurs fois je n'ay pu achever de lire la lettre, que les larmes ne me soient coulees des yeux, quoy que mon naturcl riy soit guere porte. Je laschay alors la bonde a rna passion, et me coutentay a me tesmoigner a moy mesme en ma solitude, ou il n'y avait autre temoin que Dieu ct moy, que mon affection n'est pas du tout tiree du fond de Fame par syllogisme, mais enracinee dans les moiielles, et espandue par le sang... Le surplus de ma vie, quelque part qu'elle roule, fera voir que le changement de lieu ne sgaurait rien diminuer de ce que je vous ay consacre, mais 1'allumera davantage...

1. Les lettres de Jansenius furent saisiesen 1638 chez M. de Saint-Cyran. Les originaux furent deposes ail college de Glermont, a Paris, ou les Jesuites les tinrent a la disposition du public. Le P. Pinthereau les publia sous ce titre : Le projres du Jansenisme decouvert, par le sieur de Preville. 1655. II faut faire. dit M. Sainte-Beuve, dans 1'inintelligible de ces lettres la part des fautes d'impression que la malice des editeurs ne s'est en rien appliquee k diminuer. M. Sainte-Beuve aurait du tenir compte de cette note par laquelle le P. Pinthereau termine sa publication ... Quant aux autres fautes qui se trouvent dans les lettres de Jansenius, ce ne sont pas fautes d'impression, rnais des incongruites d'un Flamand qui s'est voulu inesler de parlor noire langue sans la scavoir, ct la fide.litti qu'on doit an public a oblige 1'autheur de ce livre a les laisser dans les copies, comnie il les a trouviiesdans les originaux. L'auleur dc Porl-Royal ne connaif pas cette delicatesse d'editeur : il cite des passages de ces lettres en les rendant supportables de grammaire .

Jansenius felicite ce tendre ami des faveurs dont le comble la reconnaissance de l'6veque de Poitiers :

Je m'estonne de la Providence de Dieu, qui vous fait si bien tomber sur vos pates.

II ajoute avec un accent que Ton comprend :

Quant a moy je suis encore sans benefice, non pas toutefois sans esperance d'en obtenir.

II lui donne des nouvelles de son neveu, Martin de Barcos, qui aura 1'esprit plus pratique que sp6culatif , et 1'assure qu'il n'a pas a s'inqui6ter des defenses de cet enfant :

... II n'estoit pas besoin que vous ou monsieur vostre frere se mist en peine avec tant de soin, car je luy fourniray tant que vous voudrez tout ce qu'il luy faudra de 1'argent du college (je le dis naisvement] que j'ay entre mes mains.

M. Sainte-Beuve excuse ainsi cette naivete du sup&rieur de Sainte-Pulch6rie : Une phrase mai faite, par laquelle il e"crivit a son ami de ne pas s'inquie'ter de la depense pour Barcos, et qu'il est a meme d'y pourvoir, sans s'incommoder, avec I' argent du college, Pa fait accuser par ses adversaires (1'oserai-je dire ?) de vol, de d6tournement de fonds. En lisant avec loyaute", il parait clair qu'il ne s'agit que de faire des avances qui doivent 6tre rembourse"es (1). M. Sainte-Beuve dit quelque part de son histoire : Je ne suis, en Port-Royal comme en toutes choses, qu'un amateur scrupuleux, il est vrai, mais qui se borne a commenter moralement et a reproduire. Ici il commente moralement et grammaticalement, et, plus scrupuleux sur la grammaire que sur la morale, il oublie de reproduire la phrase tnal faite. En fait de phrase mal faite, il est vrai, un acadmieien m6rite d'etre cru sur parole. Mais le texte aurait gat6 le commenlaire. D'ailleurs, voici plusieurs phrases encore sur le mme sujet :

... Vous vous mettez trop en peiae du fournissement de cc qu'il (Barcos) aura besoin, et il me sembie que vous n'apportez en cela

1, Port-Royal, par Sainte-Bauve. t. I, p. 289.

votre rondeur accoustumee : car je vous ay tant de fois repete quc cela ne m'incommode aucunement, ct le dirais franchemont, s'il en estoit autrement : non pas que j'aye lant de moyens de moy mcsme, qui n'ay rieii sinon ma vie, mais c'est 1'argent du college qui est en mes mains qui permet bien cela, et davantage, sans qu'aux comptes que j'en rends toutes les annees, personne du monde en saehe rien. Je feray tout de mesme a 1'endroit d'Arguibel (le second neveu de Du Vergier) quand il sera bBsoin (1).

En lisant avec Ioyaut6, il parait clair qu'il s'agit de tout autre chose que de faire des avances qui doivent tre remboursees. De la morale, passons au dogme. Le 20 juillet 1617, Jansenius 6crit a Saint-Cyran :

Vous sgavez, crois-je, qu'il y a longtemps que I'archevesque de Spalade (2), archiepiscopus Spalatensis, italien, ou de bien pres de la, a mis en lumiere un petit livret, ou il rend raison de ce qu'il s'est retire de la communion des catholiques, ou du Pape. II est venu en Hollande vers les Etats ; mais n'y ayant pas trouve tout le recueil qu'il attendoit, il s'est jette entre les bras duroy d'Angleterre, quile caresse fort, a ce qu'on dit, pour avoir trouve assistance a combattre la puissance du Pape. II rfest ny huguenot, ny luthmen ; catholique a peu pres, hormis ce qui regards Vseconomie de PEglise.

Rendons justice a, M. Sainte-Beuve : il expose le dogme des Jans6nistes avec plus de loyaute que leur morale. II dit sur ce dernier passage de la lettre de Jansenius : Cette definition de la religion de Marc-Antoine de Dominis est assez bien celle qui sierait aux Jansenistes eux-mmes, Aussi comme Jansenius parait 1'adopter ! Gomme du moms il la de"veloppe avec. complaisance, sans ajouter un motde blame! Ecoutons-le jusqu'au bout :

En son petit livret, il (Dominis) promet dix livres qui regardent presque tous le mesme sujet. On les imprime a Londres ou le roy les fait garder avec un tel soin, qu'il n'y a pas moyen que les catholiques

\. Lettre du 19 mars 1619.

2. Marc-Antoine de Dominis, archeveque de Spalatro et primal de Dalmatie et de Groatie. A pres son apostasie, Jacques I* 1 ' le nomma doyen de Windsor et lui donna plusieurs abbayes. II abjura cependant ses erreurs et vevint a Rome ou il retomba bientot dans ses fausses opinions. II mourut enferme au chateau Saint-Ange. 11 composa a Londres son ouvrage de Ttepublica Ecclesiastica.

en attrapent une seule feuille, afm que tout le volume sort ensemble ; on en attend un grand esclandre. Ses plaintes s'adressent toutes contre le Papo, pour avoir retranchc la puissance de jurisdiction des evesques, et le reste quo vous on pouvez infercr. S'il y a jamais cu sujet qui requiere bon jugement, sgavoir, lecture des anciens, eloquence, c'est celluy-cy ; vous entendes le reste...

C'est-a-dire, tout cela : bon jugement, savoir, lecture des dnciens, eloquence, se trouvera dans Touvrage que vous pre"parez sur le mSme sujet. Ism effet, Saint-Gyran publiera quelques anne~es plus tard Petrus Aurelius ou, sous pre"texte de plaider pour les 6vques contre le Pape, il renversera la constitution de 1'Egiise romaine, tandis que son ami en ruinera le symbole dans I'Augustinus. Avant d'arriver a ce grand esclandre , il nous fautlire encore bien des phrases mal faites, mais qui nous revelent entierement leur auteur.

Saint-Gyran avait promis a son ami d'aller le voir. Le 4 fe"vrier 1619, Jansenius lui rappelle sa promesse ; il 1'attend au printemps qui approche. Puis il apprend que les professeurs et les 6tudiants de Louvain se sont transported aux Jacobins, ou ils ont renouvele" 1'ancienne fraternite du Rosaire ; il croit que si les Jacobins s'appliquent a bien s'acquitter de ces exercices de pi6te", ils mettront les Jesuites presqu'en chemise. Lui-m6me a regu une charge dans cette confrere d'opposition ; il prevoit qu'on le priera bientot de prononcer quelque harangue a Fhonneur de Notre-Dame, et il dit a Saint- Gyran qu'il lui ferait grand plaisir de lui envoyer un sermon pour cette circonstance, sachant combien il vaut peu en ce metier de pre"dicateur. II regoit la harangue et la de"bite. On dut trouver qu'it parlait bien, car TUniversit^ le pria quelque temps apres de se charger de la harangue quodlibetique annuelle. Jans6nius accepta, et il 6crivit aussit6t a Poitiers:

... S'il y eust moyens de m'enfaire avoir uue, ou de me monstrer des livres propres a cela, ou qui en ont de toutes faites, latines ou frabgoises, j'en seray bien ayse ; je ne suis gueres propre a discourir, comme vous sgavez... Le monde ne se soucie pas taut du latin icy, moyennant qu'on apporte force raretez, qu'ils admirent fort. II he me le faudra pas avoir devant la Toussaint, et ne durera pas, pour le plus, trois quarts d'heure.

I/abb6 n'avait pas lui-m&me le talent de la parole, mais il ne laissait pas de composer assez bien pour se faife admi-

rer par des Flamands. C'est le P. Rapin qui fait cette remarque (1).

Gependant le printemps 6tait venu. Jans6nius attend Saint- Gyran. Son cceur, sa m6moire sont pleins de son ami ; il chante souvent ses louanges .

Mais en cette matiere, ecrit-il, je sens estre veritable ce que vous avez dit souvent, qu'il ne faut point profaner les bons discours, mais dire ce que dit le proverbe : Secretttm meum mihi, secretum meum mihi.

Nous connaissons le secret des deux amis ; aussi ce que Janse"nius ajoute ne nous surprend pas :

J'ay este requis une fois de m'employer a re"futer les quatre livres de M. Anthoine de Dominis, par ceux qui gouvernent 1'Universite. Mais du depuis, soit que ma response ne leur plut point, ou qu'ils se sont ravisez, voyant qu'ils n'auraient pas grandement de 1'honneur de requerir aide d'un homme qui ne fait que venir au monde, iJs se sont refroidis ; dont je suis tres-aise, ayant fort appr6hend6 cette charge (2).

Or, Marc-Antoine de Dominis enseignait : ' que 1'Eglise n'ayant point d'autre chef sur la terre que Je"sus-Ghrist son fondateur, ce n'6tait qu'une republique pure, car un chef invisible est peu propre a, former un 6tat monarchique visible ; que saint Pierre n'a jamais eu de preeminence, de rang ou de pouvoir sur les autres ap6tres ; que les ap&tres 6gaux en autorit6 sont repr6sentes dans 1'Eglise par leurs successeurs, les 6v6ques, qui composent la republique ecclesiastique ; que les ap6tres, ayant regu de J6sus-Ghrist une egalit6 de puissance et d'autorit6, ont pu etre nomm6s ses vicaires, comme saint Pierre a 6t6 nomm6 tant de fois par les conciles et par les Peres, mais sans subordination ; que saint Pierre n'a point eu d'autre primaut6 sur les autres apotres que celle de nomination, parce que J6sus-Ghrist le nomma le premier sous juridiction de primatie ; que la promesse des clefs n'a pas 6t6 a 1'exclusion des autres ap&tres qui ont eu le m&me pouvoir, de m6me que le soin du troupeau de J6sus-Christ et Fobligation

\, Ilistoire du Jansenisms, p. 08.

2, Lettredu 19 avrill619.

de paitre les brobis appartiennent egalement atix uns et anx aulres. Telles sont les erreurs fondamentales du systeme de 1'archeveque apostat. Que faut-il penser de la foi du pretre catholique qui apprehendait fort d'etre charge de les refuter, non pas parce qu'il se croyait au-dessous de cette tzlche, mais parce que (il va nous 1'avouer) il abhorrait entierement une refutation ou il aurait pu trahir peut-ctre ses propres sentiments trop conformes a ceux de 1'heretique ? Malgre son peu de gout pour 1'enseignement (je ne veux pas etre un perp6tuel pedant d'ecole, disait-il), Jans6nius avait accepte les leQons d'Ecriture sainte. II ecrit au commencement d'aout 1619 :

a II ne s'en faut guere que je ne sois au bout du livre de 1'Escriture que j'ai commence a enseigner. J'en ay cependant tire ce profit, qu'il in'a servy de couverture a me deporter de la charge qu'on m'a voulu imposer a credit, a travailler centre Marcus Antonius, ce que j'abhorre entierement.

II termine cette lettre en priant Saint-Cyran de ne pas songer a 1'argent qu'il faut pour Barcos : il saura y pourvoir sans s'incommocler ; il lui recommande encore de ne pas oublier sa harangue quodlibetique, n'estant pas du metier d'en faire.

Saint-Gyran 6tait toujours pr6t a rembourser en harangues les avances p^cuniaires de Jansenius, lequel ne craignait pas d'abuser de la complaisance de son ami.

Pour ne plus revenir sur cette question d'emprunts Iitt6raires, rassemblons les appels que le professeur a faits a 1'eloquence de Tabbe.

15 octobre 16'20. Vous me ferez plaisir d'apporter avec vous vos harangues de Notre-Dame (de Bayonne). Aussi voudrais-je bien avoir les harangues funebres faites a la mort du roy Henry, ou si \ous en sijavez d'autres plus propres pour s'en servir quelquefois en semblables occasions qui se presentent icy parfois en d'autres subjets do moindre lustre.

15 septembre 1628. Je suis fort instamment prie etreprie de faire quelque exhortation en un des principaux monasteres du Pa'is has, ou 1'archeveque de Malines est alle. Si vous avez entre vos sermons quelque chose qui puisse servir a cela, je vous prie de me 1'envoyer la prochaine fois.

ii avril 1631. On attend pour le mois de May en ces quartiers, le frere du roy, le cardinal infante. Si cola arrive, il y a de Tapparence

que je lui seray depute de tout Je corps d'icy pour lui congratuler sa Venue ; je serais bien aise qu'il vous pleusfc de m'envoyer un discours sur cela.

16 septembre 1633. Sulpice (nom queJansenius se donaait dans ses dernieres lettres) est engage a faire un sermon sur une profession de fille de conseiller, la ou force homiestes gens seront presents, et aussi peut-etre le prelat. Si vous aviez qiielque sermon propre a cela, je seray bien aise de 1'avoir.

Saint-Gyran ne put faire en 1619 le voyage qu'il avait projetS pour le printemps. II ecrivit qu'il viendrait a Louvain au mois d'octobre. Jansenius lui recommande d'arriver avant le 20. Pourquoi ?

On m'a contraint icy, depuis fort peu de jours, de m'engager a prendre le degre de docteur. II me faut faire trois disputes, sine preeside, sur trois diverses matieres qui me seront assignees trois jours devant la dispute ; jugez comme je suis prepare a cela. Elles se feront a mon advis entre le dixieme et le dix-septieme octobre. Les vcspcries le 21. La ou Ton produira toutes mes inepties ; vous y aurez voslre part a rire. La feste de 1'Acte se tiendra le 24 (1)....

Voila Saint-Gyran bien averti ; et, pour qu'il n'accuse pas son ami de paresse , Jans6nius 1'assure que les affaires du college ne lui laissent presque pas le temps de se grater, et qu'il ne peut faire que des courses a la vo!6e pour la theologie . La presence et les secours de Saint- Cyran lui manquerent. N6anmoins il fut regu non sans quelque peu d'applaudissements, quoique guere pr6par6 a cette carriere de scholastique (2) . Une fois docteur, Jans6niuS g'occupe activement de ToBuvre theologique qu'il meditait. II demande a Saint-Gyran quelle est en France la doctrine enseigne"e sur la predestination et sur la grace efflcace. II s'informe aussi quel est a ce sujet 1'enseignement des universit6s d'Allemagne. II annonce la cloture du Synode protestant de Dordrecht, qui suit, dit-il, la doctrine catholique au fait de la pre"destination et reprobation . Singuliere doctrine catholique que celle de"ere"t6e a Dordrecht ! La voici : 1 la predestination se fait par un d6cret de Dieu, ind^pendamment des m6rites du fidele ; 2 le chretien ne persevere pas parce qu'il ne peut pers6ve>er,

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