Rapin, Memoires, t. u, p
2. Us y reussirent completement. Le doux M. Fontaine qui nous semble avoir aussi son miel aigri, parlant des leles mal (ailes de Sainl-Sulpice le trait vise M. Picole nous apprend que M. de Liancourt disait, apres son denied, qu'ils elaient peu propres a conduire des hommes el qu'il leur confierait a peine la conduite de ses ponies d'Inde.
Nul n'cHait mieux pr6par6 que M. Arnauld pour opposer les lois de la discipline ecclesiastique au fanatisme insolent de M. de Bretonvilliers (1). II publia sa Letlre a une personne de condition, cm il blame la tem6rit6 de ces pretres qui, sans autorite, s'arrogeaient le droit de retrancher de la communion de TEglisc Messieurs de Port-Royal. Mais autant il blame ces tyrans des consciences, autant il loue ses amis, sans s'oublier lui-mme, le tout avee une grande abondance detextes des Peres. Ce n'etait pas en vain que toute I'Antiquite ecclesiastique ctait renfermee en lui ; il le prouvait sans management pour ses lecteurs. II finissait en consolantM. de Liancourt, et en 1'engageant a s'estimer heureux d'avoirsouffert pour la justice une si violente persecution. Gette leltre ne resta pas sans reponses ; a leur tour ces reponses provoquerent une Scconde lettre a un Due et Pair, un des plus beaux ouvrages qui soient sortis de la plume de ce Docteur f2). En effet, c'est dans cette secondc Ictlreque M. Arnauld soutint centre le Pape et 1'Assemblee generale du clerge de France, que les cinq Propositions, malicieusement forgees, n'etaient pas de Jansenius ni dans Jansenius.
Quand Arnauld affirmait que les cinq Propositions n'etaient pas dans Jansenius, il aurait du se rappeler que lui et ses amis affirmaient, quelques ann6es aujiaravant, qu'elles y etaient et qu'elles exprimaient la doctrine augustinienne. On ne manqua pas de placer sous ses yeux les textes imprimes trop facilement et trop effrontement oublies. Pascal, qui va nous assurer qu'il n'a vu personne qui ait Irouve les cinq Propositions dans VAugustinus, disait : Si la curiosile me prenait de savoir si ces Propositions sont clans Jansenius, son livre n'est pas si rare, ni si gros (3) que je ne puisse le lire tout en tier pour m'en 6claircir, sans consulter la Sorbonne (4). Pascal aurait pu trouver, pour s'en eclaircir, des livres moins gros et moins rares encore, par exemple, les opuscules de 1'abbe de Bourzeis intitules : Propositiones de Gratia- in Sorbona propcdiem examinandx, Letlre d'un abbe a un abbe, deux ou trois ouvrages du docteur Arnauld, les Considerations sur 1'entreprise