‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 137 sur 217 · Premiere lettre a un Provincial · texte numérisé non relu

Premiere lettre a un Provincial

de M. Nicolas Cornet, la seconde Apologia pour M. Jansenius, YApologie pour les saints Peres. Ges bons amis de Pascal avaientlu Janseniusdes qu'il parut, et ilsy avaientlrouve les cinq Propositions, qu'ils n'y trouvaient plus quand Rome eut declare qu'elles y 6taient. Le fait est curieux ; on en clouterait si les textes n'etaient la ; en Fbonneur de la bonne foi de nos Messieurs, imposons-nous le sacrifice de lire quelquesuns de ces passages.

M. Arnauld parle des Docteurs nomm6s pour examiner les cinq Propositions soumises a la censure de la Faculte de Theologie par Nicolas Cornet, et il s'dcrie :

II ne faut que lire la premiere des Propositions qu'ils ont soumise a leur examen, pour connaitre que leur clessein est de fouler aux pieds 1'autorite clu saint Docteur de la Grace, puisqu'il n'y a point de maxime plus fortement etablie en tous ses ouvrages, et plus liee a tous les principes de sa doctrine que celle-la. Et c'est ce qu'ils n'ont pu ignorer, puisqu'ils I' ont tiree presque mot a mot du livre de M. I'evSque d'Ypres, oil elle est justifice par un si grand nombre de passages tres-clairs et tres-evi dents, tires de saint Augustin, qu'il n'y a personne si opiniatre qui le puisse contester. Et il n'y a pent-dire en tout ce livre aucune proposition si pleinement, si clairement, et si invinciblement prouvee par la conformite de tous les ecrits de ce grand Docteur de la Grace (1)

Cette Proposition^ s'ecrie a son tour I'abb6 de Bourz6is, ne pent etre rejetee qu'en renversant de fond en comb le tout Vedi/lce de la Grace de Jesus-Christ (2).

Ce meme abb6 nous apprend que Jansenius enseigne tressolidement la seconde Proposition ; et il nous indique les livres et les chapitres de I'Augustinus oil 1'on peut s'en convaincre, le livre 3 et le 2 e ch. du livre 25 (3). D'ailleurs, M. Arnauld prend la peine de resumer ainsi cet enseignement du maitre : Quelque endurci que soit le cceur de I'homme, ilne re'siste jamais a la grace interieure de Jesus Christ.... (4).

On se rappelle la troisieme des Propositions malicieusement forge'es par M. Cornet : Pour me'riter ou de'me'ritcr dans I'e'tat de nature decline, iln'est pas besoin que I'homme ait la libertc qui exclut la neccssite, mais il sufftt qu'il ait la liberte qui exclut la contrainte.

1. Considerations sur Ventreprise de N. Nicolas Cornet, p. 75.

2. Propositiones de Gratia in Sorbona propediem examinan'/%, p. 0.

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