Fontaine, Mdmoires, t. in, p
2. Pascal, Entretien avec M. de Sacy, dans les Wmoim de Fontaine,
t- Hi, p. 95.
Essais, tant il restera sous le charme de I'incomparable auteur de confe'rer, charme d6cevant qui cachait les plus ameres inquietudes. Pascal ne sentit pas tout de suite la pointe d6chirante de cette fleche empoisonnee du doute qu'il emportait de ses lectures philosophiques. II se detournaif de plus en plus du chemin de Port-Royal, ou 1'appelait Faustere id6al entrevu dans Jansenius, pour pratiquer dans les plaisirs du monde cette science de Montaigne naive, familiere, plaisante, enjouee, et pour ainsi dire foldtre, qui suit ce qui la charme (I).
Ge qui charmait Pascal, en ces anne"es de science plaisante et folatre, c'etait la soeur du due de Roannez. Pascal n'&tait pas passe tout a coup de ses exp6riences touchant le vide aux experiences des passions du co3ur. De Rouen il venait souvent
a Paris pour y soigner sa sante fort compromise par sa continuelle application au travail. Sa sosur Jacqueline Taccompagnait. M. Guillebert n' avail pas manqu6 de leur indiquer la demeure des amis de la Yerit6. M. Singlin reconnut bientot
dans Jacqueline toutes les marques d'une veritable et parfaite vocation, et, en 1648, Pascal demanda a son pere de permettre a sa so3ur d'entrer au couvent de Port-Royal. Le pere s'y refusa ; il emmena ses enfants en Auvergne. Jacqueline vecut a Clermont en veritable recluse ; Blaise, au contraire, alia dans le monde, ou il oublia les sermons de M. Singlin ; car Flechier raconte dans ses Grands Jours qu'il eut a cette epoque un premier attachement pour une belle savante, la Sapho du pays. Revenu a Paris avec sa famille, Pascal le pere y mourut en 1651. Sa mort semblait lever 1'obstacle qui s'opposait a Fentree en religion de Jacqueline. Mais ce fut alors son frere qui y niit des entraves. Neanmoins, des que la succession paternelle fut reglee, Jacqueline quitta le monde au grand mecontenteraent de celui qui 1'avait poussee le premier a se donner a Dieu. Elle prit le nom de soeur Sainte-Euph6mie, qu'elle devait rendre celebre ; elle fit profession au commencement de Fannee 1653. Elle voulut apporter une dot a Port- Royal, et elle crut qu'elle le pouvait faire sur sa part de I'h6ritage paternel. Cette resolution 6tonna madame Perier et surtout Pascal, qui avail compte sur la part de sa sreur, et qui ne