Fontaine, Memoires. t. nr, p
treprise de visionnaire, les miracles ne pouvant avoir lieu que pour e"tablir la ve'rite'... Saint Paul ne veut pas qu'on l'e"coute Iui-m6me, ni qu'on croye un ange envoye" du ciel, s'il disait quelque chose de contraire a ce que dit 1'Eglise, et Messieurs de Port-Royal voudront qu'on croye leurs preiendus miracles et qu'on ne croye pas le Saint-Siege ! Us parlent autrement que 1'Eglise et pr6tendent qu'on les ecoute ! Cela est-il juste (1) ? Est-il juste aussi de faire d6pendre la verite" de PEglise et de FEvangile lui-meme d'un miracle constate par cinq chirurgiens-barbiers, bott6s et savants comme des laquais, et par deux vicaires-g&ieraux sans mission?
Nous serait-il permis de nous e"gayer un peu au moment solennel ou retentit cette voix terrible et sainte qui etonne la nature et console VEglise janseniste ? M. Fontaine nous le propose, non sans quelque hesitation toutefois ; a c6te des enseignements si graves de M. de Sacy au sujet du miracle, il place une petite plaisanterie de M. Le Maitre.
Get homme admirable, dit-il, pouvait bien 6tre persecute et oblige de changer de demeure ; mais il ne pouvait pas n'6tre pas gai. (Decidement nos bons Messieurs sont d'honndtes gens comme les autres, qui aiment a rire.} Lorsque nous etions dans cette raaison retiree, comme j'ai dit, sans y voir personne, une chambre humide et malsaine ou j'etais me causa un grand mal de dents (2) et un abces a la joue pour