Voir Rapin, Memoires, I. in, p. 213 sq
devenir coadjuteur du confesseur du roi, ne songeait qu'a mettre un terme aux divisions qui c!6solaient 1'Eglise en Prance ; M. de Ghoiseul visait rarchevch6 de Toulouse ; les jans6nistes espe>aient detourner les coups dont ils 6taient menaces, reprendre en sous-oauvre le debat sur les cinq Propositions termini par les decisions de Rome, et, a 1'aide de quelque concession habile, faire proclamer orthodoxe la doctrine de I 1 Augusiinus. Le P. Ferrier comprit bientdt 1'intention de nos Messieurs et il se retira ; M. de Ghoiseul , qui voulait a tout prix se recommander a 1'attention du roi, continua & negocier avec ses amis. La plupart de ceux-ci auraient volontiers adopte un projet d'accommodement qui, concert^ avec adresse, n'aurait demand^ a leur conviction d'autre sacrifice qu'un pur respect ext6rieur pour la chose jug6e. C'eiait continuer les finesses et les ambiguit6s du premier Mandement des vicaires g6n6raux, de VAddition au Formulaire. Arnauld, qui avait d'abord adopts cette politique tortueuse , meme lorsque Pascal se decida a la combattre, s'61eva centre le projet. II y avait d'abord consenti. Mais comme sosur Sainte- Euphemie avait change Pascal en confesseur intraitable de la verite, soeur Angelique de Saint-Jean rappela 1'admirable docteur a cette intrdpide vaillance qui lui faisait m6priser toutes les clioses de la terre. Dans un conseil tenu a la grille de Port-Royal, Arnauld ayant exprim6 1'avis qu'on devait poursuivre les ouvertures de paix qui arrivaient en temps si opportun, sa niece se jeta a ses pieds pour le conjurer de sauver la doclrine de saint Augustin et de ne pas Tabandonner aux hasards des n^gociations. a Yous ne savez, lui repondit le docteur, ce que vous demandez. Le bruit est qu'on va vous perdre si l'accommodement ne se fait. Qu'importe, dit la so3ur Angelique de Saint-Jean , il s'agit de la religion. Qu'est devenu votre zele ? Avez-vous si peu de foi et si peu de confiance en Dieu? Allez ! Si vous abandonnez la doctrine de saint Augustin, je la defendrai jusqu'au dernier soupir de ma vie. Ge cri toucha M. Arnauld. D'ailleurs il n'etait naturellement que trop port6 a 1'entendre. Les doigts lui demangeaient deja de ne plus e"crire ( de ne plus avoir a ranger en bataille ses raisons et demonstrations (1). II rentra avec Nicole dans son chateau-fort, ou il se remit a foudroyer les ennemis de la