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Vie de Hies sire Antoine Arnauld, t. n r p

Ainsi, malgre" les bulles d'Urbain VIII, d'lnnocent X, d'Alexandre VII, de Clement IX, qui fletrissent le jansenisme ; malgre les declarations des Assemblies ge"ne>ales du clerge et du roi de France qui denoncent le jansnisme a tons les e>eques du royaume ; malgre le de"cret de la Sorbonne qui exclut le docteur Arnauld du sein de la Faculte" de th6ologie, le docteur Arnauld soutient qu'il n'y a pasdejans6nistes; et il affirme qu'on ne saurait les convaincre 3 lui et ses amis, de sentiments centre la Foi, malgr6 le jugement solennel de Rome, plusieurs fois rendu et proclam6 dans toutes les formes. En verite, on n'est pas plus impudent. On comprend pourquoi M. de Pomponne n'osa pas communiquer cette lettre a son maitre ; on comprend aussi que M. Sainte- Eeuve, impatiente" de cet entetement d'Arnauld, ait lache" le mot: C'est bete (1), On est quelquefois impartial envers ses meilleurs amis.

Le foyer persistant du jansenisme etait toujours a Port- Royal des Champs, qui gardait avec fidelite les reliques, la m6moire, la doctrine et les traditions des saints des temps nouveaux. C'etait de la, pour employer le style allegorique de nos humbles Messieurs, c'elait de la que Paul annongait a toute la terre la gloire de la Grace ; que Jean en imprimait la loi dans tous les co3urs ; que Jude confondait tous les faux prophetes ; que Pierre e"tablissait ses plus 16gitimes droits, sans oublier cc qu'il devaitd ses freres (2). La destruction de ce monastere fut done resolue : on y proceda lentement et par degres an milieu des protestations, des requetes, des gemissements, des cris de colere et des maledictions des disciples de saint Augustin, aux yeux desquels la ruine de J6rusalem n'6tait qu'une faible image de celle de la cite sainte de la Grace. Leurs hyperboliques autant qu'insipides lamentations feraient croire a de noires iniquit^s, a des horreurs revoltantes, a des cruaute"s sans nom, a de veritables dragonnades. Gependant, lorsqu'on regarde, non plus sur le theatre ou Port- Royal, pour attendrir le public credule, d6roule ses infortunes avec une pompe menteuse, mais dans 1'intimite et la realit6 de 1'histoire, on se rassure : tout 1'appareil lugubre qui nous

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