‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 207 sur 217 · Id · texte numérisé non relu

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Brunei, qui voyageait en France au moment mSme ou le doctetir frappait si fort sur Calvin et Luther, y visita Saint- Amour qui 1'assura de la persverante amiti6 des Messieurs pour ses coreligionnaires. Je vis aussi a Paris, dit-il, Saint- Amour, 1'auteur du journal de ce qui se passa a Rome lors de la condamnation des cinq propositions de Jans6nius. Je trouvai en lui un homme droit et honnete, qui avait plus de bon sens que de penetration et de savoir. II me dit que toute sa vie n' avait 6t qu'une campagne centre les J6suites, dont il me parla comme de la peste de 1'Eglise. II d6plorait 1'aigreur et la violence avec lesquelles Arnauld avait 6crit centre les Protestants, et il m'assura qu'il en avait 6t6 blame par tous ses amis.

Les amis d'Arnauld ne lui gardaient pas rancune. Us venaient le visiter a Bruxelles et retournaient charges de ses livres et rconfort6s par ses discours. L'ilhistre vieillard habitait une petite maison dont ses bis tori ens nous ont Iaiss6, par le menu, la description. Us nous apprennent que la cbambrea coucber etait si petite que le lit du docteur, qui n'avait pas trois pieds de large, en occupait une bonne partie ; que 1'escalier etait si etroit, si incommode que M. Arnauld faillit plus d'une fois s'y casser le cou ; que la salle a manger 6tait si froide qu'il y contractait un rbume tous les bivers. En y entrant pour la premiere fois en Equipage de fugitif, il y trouva une image en papier qui en faisait tout 1'ornement, et qui, 6 miraculeuse coincidence ! representait 1'enfant J6sus fuyant en Egypte. II en fut merveilleusement console, par la ressemblance honorable qu'il commencait a avoir avcc ce divin chef des exiles (1). Ilmenait une vie fort regime et fort uniforme dans sa retraite. C'etait comme un petit monastere... Le P. Quesnel qui nous detaille la regie du monastere, nous fait connaitre quelques partioularites intressantes. Ainsi Arnauld disposait lui-mSme les premieres leQons de Foffice de maniere a lire cbaque anne 1'Ecriture sainte tout entiere. II avait substituc a VAngelus une priere de sa composition. II mangeait fort sobrement, lentement et peu de cbaque chose : bosuf et mouton ou veau etaient son ordinaire a midi ; le matin il ne mangeait que la moiti6 d'un pain de deux liards, et le soir, qu'un petit potage et une

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