Port-Royal, par Sainte-Beuve, t.I, p
commrent ses con tempo rains, avant que ses disciples 1'eussent offert a 1'admiration de la posterite, pose sur un pi6destal magnifique, et pare de la triple aureole du saint, du martyr et du docteur.
Avant d'aller -a Louvain, Du Vergier de Hauranne 6tudia k Paris, il suivit la Sorbonne^avecDenisPetauetlogeaa lam&me pension que ce jeune 6ludiant dont le nom deviendra un des plus illustres de la theologie catholique. II ne lui laissa pas un heureux souvenir de son caractere. Le P.Petau racontait qu'il avail trouve son condisciplevain,inquiet,pr6somptueux,taciturne et fort parliculier dans toutes ses manieres (1). Si Du Vergier parlait peu (il hai'ssait les paroles tant il en avait mauvaise opinion) (2), il ecrivait beaucoup et se plaisait a repandre I'encre sur le papier ; c'est son mot. Lorsqu'on 1'arretera, on saisira chez lui la valeur de plus de quarante volumes in-folio de manuscrits.
Du Yergier commenQa de bonne heure a repandre I'encre et ce ne fut pas en I'honneur de la Grace. Revenu a Paris avec JansSnius, il ne secontenta pas d'assister aux legons d'Edmond Richer. Son 6v&que, Bertrand d'Erchaux, qui jouissait d'un grand credit a la cour, vantait son beau g6nie ; Juste-Lipse lui avait de"cerne de publics eloges et ne dedaignait pas d'adresser & ce jeune homme plusieurs lettres pleines d'affectueux conseils m&les aux plus flatteurs encouragements. Du Vergier cut hate de justifier ce glorieux patronage. II apprit un jour par le folatre comte de Cramail, son compatriote et ami, qu'une grave question de morale agitait le Louvre. Henri IV avait demand^ a quelques seigneurs ce qu'ils auraient fait, si a ]a bataille d'Arques au lieu d'etre victorieux,il eut 6t6 oblig6 de fuir et que, s'embarquant avec eux sur la mer, sans aucune provision de vivres, une temp&te les eut emportes loin du rivage. Un des seigneurs lui avait repondu qu'il se serait tu6 lui-mSme pour se donner a manger a son roi plutot que de le laisser mourir de faim. La-dessus, Henri IV avait mis en question si cela se pouvait faire sans crime. Du Vergier prit parti pour le g6nereux courtisan et il ecrivit a 1'appui de son opinion quelques pages qui parurent sous ce titre : Question royallc,