‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 31 sur 217 · Port-Royal, t. II, p · texte numérisé non relu

Port-Royal, t. II, p

En revanche, M. Sainte-Beuve nous indique la date precise de 1'apparition de \Augustinus et de ses r&mpressions. II se debitait a la foire de Francfort en septembre 1640 et allait rejouir les calvinistes de Hollande qui en r^clamaient force exemplaires, sans doute parce qu'il renfermait le plus pur et le plus orthodoxe catholicisme. On le r6imprimait a Paris des le commencement de 1641 , avec approbation de cinq docteurs, et a Rouen, en 1643. M. le professeur termine cette aride genese par une image des plus pittoresques. II montre le gros in-folio, depuis le chevalier de Grammont jusqu'au chevalier de Boufflers, pendant plus de cent ans, debout comme le dernier rocher en vue, essuyant la bord6e et la rise"e du flot (1) . Sans cesser d'etre a la mode et dans 1'intervalle de ses Contes moraux, Marmontel put en parler assez en detail ; chaque philosophe en dit son mot a la rencontre. A son tour, M. Sainte-Beuve, entre deux Pensees d'aout ou deux chapitres de Volupte, 1'a lu ou plutot laboure en bien des sens, en bien des pages, et il en parle en homme qui sait son livre. Comment en douter, lorsqu'on 1'entend assurer que Jans6nius n'a pas suivi la methode dite theologique au sens de l'6cole ? En elfet, son ouvrage n'est qu'un tissu des textes de saint Auguslin mis en ordre et en evidence, et formant un systeme complet ; il remonte aux sources, soit a celles des Peres et de 1'Ecriture, soit a 1'observation immediate de la nature humaine sous 1'illumination de 1'amour de Dieu et le rayon de la priere ; il ne suit jamais la methode scolaslique, mais bien. la methode historique, qu'il accompagne et cherche a 6clairer par la melhode psychologique et metaphysique chretienne. M. Sainte-Beuve s'arr&te ici pour nous faire cette lumineuse remarque : la methode psychologique chretienne differe essentiellement de la methode psychologique des philosophes, en ce que celle-ci s'6tudie a suivre les operations de 1'arne meme au sein du silence ou elle se replie, tandis que 1'autre s'attache a saisir Timpression directe du soleil de la verit6 dans le miroir de notre ame au sein de la priere (2). Je ne comprends guere cette distinction onEudooce et Philanthe eussent certainement trouve' un brin du galimatias philosophique de M. de Saint-Gyran. Accordons-la, toutefois, a Imminent professeur, et hatons-nous

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