Porl-Royal, t. 3, p
'J. Memoires, t. 1, p. 206.
sous sa conduite (1). Deson cote",M. cl'Andilly, enumerant les causes de la captivite de Du Vergier, nous assure que la principale de toutes est tout le bien que Dieu voulait faire dans cette illustre prison ou plutot dans cette sainte retraite, par laquelle on peut dire qu'il a et6 segretatus in euanfjelium Dei, puisque la divine bont6 s'en est servi pour 1'engager par ses admirables lettres a la conduite de tant d'ames (2). Ainsi les chaines du nouveau saint Paul ne 1'empechaient pas de diriger une foule cboisie dans les voies de la grace et de la penitence. Sa correspondance forme deux volumes in-4. Ge fut dans un petit coin de sa prison, disent MM. de Sainte-Martbe dans leur Gallia Christiana, qu'il eerivit comme a la d6rob6e, et a 1'inscu des soldats qui le veillaient de toutes parts, non avec 1'encre qu'on lui refusa toujours, mais avec un crayon de plomb, ces lettres admirables ou Ton voit eclater si efficacement le feu de sa cbarite. II y a un peu de fantaisie dans ce tableau. M. d'Andilly est plus sincere. II raconte qu'il allait assez souvent diner chez M. de Saint-Gyran au bois de Vincennes, restant seul avec lui jusqu'a 1'approche de la nuit, et il ajoute : G'etait dans ces visites que je lui apportais du papier, des crayons, des plumes, et quelquefois de 1'oncre. D'ailleurs on n'a qu'a ouvrir la correspondance de Saint-Gyran, on y verra que malgre les soldats qui le veillaient de toutes parts, il pouvait ccrire a la derobee des lettres de 15 et 30 chapitres. II dit un jour a M. de Rebours : Je viens de me lasser en escrivant une grande lettre ; et une autre fois : Je ne sc.ay ce que je vous ay escrit dans mes deux lettres precedentes, les ay ant dictees a la haste, etn'ayant pu les faire relire, et sgacbant que celuy a qui je les dicte est sujet a se plaindre de ma promptitude, et a s'en servir pour couvrir ses fautes, et la lenteur de sa main (3). Saint-Gyran, qui lassait sa plume et celle de son secretaire a crire des lettres que nos Messieurs proclament admirables et dont Bossuet signalaitla spiritualite seche et alambiquee, trouvait encore le temps de composer, toujours a la derob6e, sans doute, la the'ologie familiere qui devint le catechisme des Jansenistes. G'est