‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 50 sur 217 · Ibid., t. 1, p · texte numérisé non relu

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les circonscriptions exterieures de juridielion cessent; a defaut de 1'evOque du diocese, c'est aux ev&ques voisins a intervenir, et a defaut de ceux-ci, a n'importe quels aulres. Cela mene clroit, on le sent, a ce qu'au besoin chacun fasse I'e've'que. Mais qui jugera s'il y a vraiment cas d'hersie ? La pens6e du juste, en s'appliquant autant qu'elle peut a la lumiere directe de la foi, y voit comme dans le miroir meme de la celeste gloire. Ainsi se posait par degre"s, dans 1'arriere-fond de cette doctrine, Pomnipotence spirituelle du veritable elu (1). Tel e"tait le systeme tbSocratique de M. de Saint-Cyran : non pas cbaque fidele pape comme chez les reTorme"s, non pas cbaque prStre ordinaire suffisant comme cbez les catboliques tout a fait romains, mais cbaque vrai pretre directeur, chaque directeur pape et toute 1'Eglise en lui, quand il a 1'inspiration directe (2). II y a un moment ou, si Ton donne raison a Saint-Cyran, on est amene" a conclure qu'il n'y a bientot plus de catholiques dans 1'Eglise : il faudra traiter tout le monde de p^lagiens, de pa'iens ou d'beretiques (3). II y a une parole terrible deLutber; il disait qu'il devrait y avoir contre la Papaut6 une langue a part dont tous les mots fussent des coups de foudre. En ecoutant bien les paroles de Saint-Cyran, ne semble-t-il pas qu'on entende sourdement le coup de foudre gronder dans le nuage (4) ? II y a un lien reel entre 1'inspiration chretienne interieure de Saint-Gyran, et celle des grands reform^s : pour eux tous la foi en la parole de Dieu se fonde moins encore sur la tradition de 1'Eglise que sur le te"moignage du Saint-Esprit. Ajoutez que les uns et les autres pr6supposent une interruption de tradition, une corruption radicale et tres-ancienne dans 1'Eglise catholique (5). La grande republique cbr^tienne de Saint-Cyran aurait eu les simples pretres comme colonnes. les 6v6ques 61us comme groupant, concentrant et gouvernant, les conciles g6ne"raux comme dominant et regnant d'une suprematie infaillible, et le Pape, par-dessus lout, comme couronne un peu honoraire (6).

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