‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 51 sur 217 · Ibid., t. 1, p · texte numérisé non relu

Ibid., t. 1, p

Ces divers points bien poses, dirous-nous avoc M. Sainte- Betive, font mesurer dans I'ensemble le caractere et 1'esprit du grand personnage. Get ensemble est bien celui que les petitesses denigr antes de Rapin nous laissaient entrevoir, mais le Pere 6tait trop mondain, trop r6pandu, il dinait trop souvent en ville pour entendre aussi bien que notre solitaire et mortifi6 acad<micien le caractere. moral et la trempe d'ame des Messieurs de Port-Royal.

Nous touchons aux derniers jours de Saint-Cyran; s'ilsfurent consoles par 1'accroissement du nombre des adeptes, ils furent assombris par les premiers coups dont Rome frappa la doctrine nouvelle. Au mois de juin 1673, Urbain VIII condamna I'Augustinus et en d6fendit la lecture. M. Floriot, im ami de Port-Royal, fut le premier qui apporta un soir la bulle chez M. de Saint-Cyran. II 6tait tard, Fabbe venait de se retirer dans sa chambre ; M. Floriot, vu Fimportance du message, insista pour tre rec.u. II lui fit done voir cette bulle qui n'dtait rien aupres de celles qui sont venues depuis.M.de Saint-Gyran . ayant peine a dig6rer ce proce'de' de la Gour de Rome, qu'il savait fort Men distinguer de I'Eglise romaine, ne put retenir son zele pour la ve'rite', et il dit par un certain mouvement inte"rieur qui ne semblait venir que de Dieu : Us en font trop, il faudra leur montrer lew devoir (1). Ge n'est pas le d6nigrant et peu fidele P. Rapin qui raconte cela, c'est le sincere et filial Lancelot. La mort ne permit pas a Saint-Gyran de montrer au Pape son devoir. Malade depuis quelques mois, une attaque d'apoplexie 1'emporta le 11 octobre 1643. Le saint abbe regut-il les derniers sacrements ? M. Sainte-Beuve , appuye sur le t6moignage de ses bons amis, se prononce hardiment pour Faffirmative, et cette fois-ci il en vient aux gros mots contre le P. Rapin et ceux de sa robe qui pretendent le contraire. II assure que le P. Rapin (qu'il appelle cependant quelque part aimable homine, un bon religieucc, un de ccs religieux qu'on aimerait a rencontrer dans le monde et avcc qui on passerait une heure ou deux fort agre'allcment) est un odieux calomniateur, qui tient h damner, avant tout, ses gens, a. vouer cet affreux Saint-Gyran a Fenfer ; il parle cle baines infames, de fanatisme qui suinte par tous les pores, de besom de denigrer et de fletrir, de basses injures, et termine ses irn-

Page 1