‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 55 sur 217 · Voici cette epitaphe · texte numérisé non relu

Voici cette epitaphe

Vous n'aurez point Vous n'aurez point

do Dieu nouveau. de verite nouvcllc.

Gy git M Jean DU VEKGIER DE HAURANNE,

abbe de Saint-Cyran,

qui, par une merveille qui a peu d'oxemples,

a sen joindre une profondc humiliU: a une haute science.

qui ayant toujours eu un zele tres-parliculier

naient en foule, et Ton se succ6dait dans les prieres qu'on faisait aupres de ce tombeau, comme on fait au saint sacrement dans les lieux ou se fait 1'adoration perp6tuelle. Cependant d'Andilly , qui avait fait graver 1'image de 1'abbe", la distribuait dans le faubourg ; aquoi on ajoutait de petites gue"risons et de petits miracles qu'on supposait a ces images pour les rendre recommandables ; mais comme on y ajoutait des aumones dans le petit peuple, elles y 6taient toujours bien rec,ues.

Enfin, ce concours de personnes de condition, ces carrosses planted a la porte de la paroisse, ces dames en devotion sur la tombe du defunt, cet appareil, ces c6r6monies, donnerent tellement dans les yeux du peuple, qu'il commenQa & se me"ler a cette devotion, et par I'id6e qu'on lui en fit ou qu'on le forga de se faire sur ce- qu'il voyait, il s'accoutuma au langage qu'on affecta de debitor dans le faubourg, que le deTunt etait un saint (1).

Saint-Gyran, a la veille de mourir, avait dit a son m6decin qui 6tait aussi celui des j6suites : Allez, dites a ces Peres qu'ils n'ont que faire de desirer ma mort , et qu'ils n'y gagneront rien, parce que je leur laisserai peut-elre une douzaine de personnes apres moi qui leur feront plus de peine que moi (2). Ges douze surent, nous venons de le voir, exploiter, au profit de la nouvelle doctrine, la mort et le tombeau du maitre. Encourages par la veneration que les grands et le peuple vouaient a la memoire de Saint-Gyran, persuades qu'ils avaient aupres de Dieu un puissant protecteur dont ils se rappelaient cet oracle : L'heure de parler et de combattre est venue, ils deployerent hardiment 1'elendard augustinien de la grace.

pour 1'unite de 1'iilglise, la tradition des Peres etles verites

qu'il avait apprises de 1'antiquite,

lorsqu'il avait commence a ecrire contre les heretiques de ce temps pour la defense de 1'Eglise catholique,

a laquelle il etait uniquement attache, est mort, ayant ete regrette de tout le clerge de France,

et de tous les gens de bien, 1'onzieme d'octobre M. DC. XLIII,

etle LX1I de son age.

Verite. Gharite. Humilite.

1. Ilistoire du Jansenisme, par le P. Rapin. Quoique cesoient des ennemis qui racontent cela, dit M. Sainte-Beuve (t. 2, p. 212), j'ai peine ici a no pas

les croire.

Page 1