Lancelot, Hfemoires, t. 2, p
Le \\vredalafrdquenteCnmmunion. Les Mores dc 1'figlisc.
Premier combat.
La doctrine nouvelle enferme'e dans le gros in- folio de l'6yeque d'Ypres et dans les nuageuses traditions orales et 6crites du mysterieux Saint-Gyran ne serait jamais devenue populaire, s'il ne se fut trouve un homme, Antoine Arnauld, qui reduisit I'Auguslinus a des proportions plus maniables et vulgarisa les principes connus des seuls initi6s. Par le livre de la Frcquente Communion, que ce jeune docteur ecrivit sous 1'inspi ration de Du Vergier, mais avec une elarte, une precision dont son maitre n'avait pas le secret, le Jansenisme, franchissant 1'enceinte de la Sorbonne, des university's et de Port- Royal, fit son entree dans le monde. L'eclat de son apparition, sous cette forme franchise, fut considerable. Gar, dit le P. Rapin, outre qu'on n'avait encore rien vu de mieux 6crit en notre langue, il y paraissait quelque chose de Fesprit des premiers siecles et un earactere de s6verite pour la morale qui ne deplait pas tout a fait au genie de notre nation, quoiqu'un peu libre dans ses manieres. Un livre si bien 6crit ne put pas eblouir les yeux sans surprendre les esprits: il fut d'abord bien rcQu de la plupart du monde, ct, ayant ete repandu avec ostentation dans Paris et dans tout le royaume par les soins et par les diligences de ceux du parti, on peut dire que rien n'attira tant de credit ni de sectateurs a la cabale que cet ouvrage dont il importe de bien exposer le dessein (1).
Abandonnant les sommets de la theorie augustinienne de la grace, se plagant au cceur merne de la pratique de la vie chretienne, entre le confessionnal et le tabernacle, Arnauld