‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 60 sur 217 · Panegyrique de saint Frangois clo Sales · texte numérisé non relu

Panegyrique de saint Frangois clo Sales

de ce delai ait et6 connue a saint Philippe de N6ri ; et je pense qu'on doit dire la m6me chose du cardinal de B6rulle et du P. de Condren (1). Ces Arnauld ont to uj ours eu de la vanite" a revendre . Ecoutons 1'humble Vincent de Paul donner une lecon de modestie au super-be auteur de la Frcquente communion : Peut-on ne pas s'apercevoir, disait-il, que les dispositions qu'exige ce jeune docteur pour la r6ception des saints mysteres sont si "hautes, si 61oign6es de la faiblesse humaine, qu'il n'y a personne sur la terre qui puisse s'en flatter? Si, comme ille soutient sans aucun adoucissement, il n'est permis de communier qu'a ceux qui sont entierement purifies des images de la vie pass6e par un amour divin pur et sans melange, qui sont parfaitement unis aDieu seul, entierement parfails el entierement irr6prochables, peut-on se dispenser de dire avec lui que ceux qui, selon la pratique de 1'Eglise, communient avec les disposilions ordinaires, sont des chiens el des antechrists ?... Non, avec de tels principes, il n'appartient plus de communier qu'a monsieur Arnauld, qui, apres avoir mis ces dispositions a un si haut point qu'un saint Paul en serail effraye', ne laisse pas de se vanter plusieurs fois dans son apologie qu'il dit la messe tous les jours (2)..

En effet, il n'apparlenait plus qu'a M. Arnauld de communier : le livre de la Frcquente Communion avait fait deserter la table sainte. Ce r6sultal d6sastrcux nous est attest^ par un saint et par une femme du monde. II importe de recueillir leur temoignage. II nous permettra dejuger le jansenisme, non pas dans les beaux ouvrages de MM. de Port- Royal et de leurs amis, mais a ses fruits parmi le peuple Chretien.

La lecture de ce livre (la Wrequente Communion), ecrivait Vincent de Paul a un de ses pretres, au lieu d'affectionner les hommes a la frcquente communion, les en retire plutot. L'on ne voit plus cette haniise des sacrements qu'on voyait autrefois, meme a Paques. Plusieurs cures se plaignent de ce qu'ils ont beaucoup moins de communiants que les annees passees : Saint-Sulpiceen a trois mille de moins; M. le cure de Saint-Nicolas du Chardonnet, ayant visite les families apres Paques, en personne et par d'autres, nous dit dernierement qu'il a Irouve quinze cents de ses paroissiens qui n'ont pas communie ; et ainsi des autres. L'on ne voit quasi personne qui s.'en approche les

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