Lettres, lettre
nne controverse Ih6ologique, il n'est pas ndcessaire de parler Ic frangais d'un academician pour avoir raison.
Le carSme arriva ; a Paris, et dans plusieurs villes, Amiens, Toulouse, Marseille, les predicateurs agiterent la grande question du moment. La me!6e s'agrandit , elle s'envenima aussi ; a Amiens, par exemple, on pensa en venir aux mains et se cantonner sur la diversity de ces opinions (1). Dans cette conflagration g6n6rale, les lemmes se distinguerent par leur empressement as'enroler et a combattre sous la banniere de Jansenius. Le P. Rapin, qui esl bien informe quand il donne des renseignements sur les dames, sur le ton et 1'esprit des soci6tes (M. Sainte-Beuve se plait a le reconnaitre), a sur cesujel des chapitres qu'il auraitpu intituler: Les precieuses ridicules et les femmcs savantcs de la Grace. Je lui emprimte abondamment.
On ne parlait que de saint Augustin dans les ruelles. Les femmes du grand monde se rangerent aisement du cote des nouveaux docteurs, parce qu'elles y etaient considerees et qu'on y avait une grande deference pour leurs sentiments. Celles surtout qui, apres une jeunesse peu r6guliere, recherchaient la reputation de prudes dans un age plus avanc6, etaient les plus z616es et les plus ardentes. D'ailleurs la devotion devenait a la mode, car la reine 6tait devote. II ne paraissait point a la cour d'autre parti pour les femmes, et beaucoup penserent a se rendre considerables par la. Mettant en pratique les sermons de leurs austeres directeurs, elles commencerent a prendre des collerettes et des mancb.es pour se couvrir le sein et les bras (2). Cette r6forme eut du succes : on appela ces manches a la Janseniste.
La devotion n'6tait pas le seul mobile de cet engouement des femmes pour Port-Royal. Les dames qui se piquaient d'esprit etaient charmers de voir la princesse de Guemene, la