‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 66 sur 217 · Mdmoires de Fontaine, t. 4, p · texte numérisé non relu

Mdmoires de Fontaine, t. 4, p

deTenseurs de la v6ril6. Aussi celiepieusc princesse, apres avoir rejoui I'Eylise de la terre et du del par la solidite de sa conversion, cut le bonheur de mourir coinme elle avait ve'cu depuis tant d'anne'es, c'est-d-dire dans de grands sentiments de penitence. Dieu est maintenant la recompense de ses vertus si chre'tiennes ; il lui ouvre son sein, comme elle a ouvert ses entrailles de charite a ses serviteurs. Que Jesus-Christ lui rende a la vue des anges et de son Pere celeste ce qiCelle a fait si long temps dans un si grand secret... Avec quels yeuos riaura-t- elle pas vu dans le del I admirable M. de Berniercs, dont Dieu seta-it servi pour fomenter et nourrir les premiers feucc de sa conversion ! et quelles actions de graces ce saint homme, en la voyant, aura-t-il r endues a Dieu, qui avait mis luimeme la main a I' edifice pour I'affermir et I'achever, puisque sans son secours tout serait tombe par terre (1) ! Tel est le style des d6crets de canonisation jansemste. Port-Royal est vraiment et uniquement dans la pens6e de beaucoup la porte du ciel. Tous, messieurs et dames, freres et soiurs, prennent place dans le bienheureux s6jour ; ils s'y cantonnent, autour de saint Augustin probablement, et y soutiennent encore que les cinq propositions rie sont pas dans Jans^nius.

A cot6 des femmes illustres de Port-Royal, dont nous venons de citer quelques noms, il faut placer la foule bourgeoise des penitentes de M. Duhamel, le cure de Sainl-Maurice, devenu cur6 de Saint-Merri, a Paris. Duhamel, nous 1'avons vu, etait pr6dicateur et charlatan, humble et evapor6, decisif et patelin, baisant tout le monde et n'aimant personne, de toutes les parties de devotion et de toutes les intrigues.

La chaire de Saint-Merri devint comme le premier 6cho de Port-Royal, on Ton faisait retentir le bruit de la trompette du nouvel vangile par la bouche de cet apotre. Duhamel exerga bientot un veritable empire sur to us ses paroissiens, mais il regna encore plus sur les femmes qae sur les hommes ; il faisait faire a ses penitentes une confession g6nerale, et il devenait ainsi le maitre de celles qu'il dirigeait par cet attachement d'ou elles ne reviennent point, dit le P. Rapiu, quand

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