‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 74 sur 217 · M6moiresde Lancelot, t. I, p · texte numérisé non relu

M6moiresde Lancelot, t. I, p

occupations de 1'apostolat dont M. de Saint-Cyran 1'avait rev6tu. II pr^chait les belles personnes, d6daignait les laides, et aimait niieux, comme disait madame de Svigne, sauver une &me qui e'tait dans un beau corps qu'une autre. Ses sermons eiaient toujours accompagn6s de quelques embrassades, ou ses embrassades de quelques sermons.

Au milieu des flammes de la fournaise ardente ou il resta jusqu'a un age avance, comment M. d'Andilly s'y prit-il pour garder intactes les ailes de son innocence ? car ses amis nous assurent qu'elles ne furent point atteintes. II pensa que pour faire revivre la primitive Eglise, il pouvait bien se servir des moyens que les casuistes avaient employes pour la corrompre. II adopta le systeme de la purete d'intention, systeme pernicieux chez les Jesuites, excellent chez les apdtres de la Grace. D'ailleurs M. de Saint-Gyran, le docteur souverain, n'avait-il pas enseign6 que toutes clwses sont pures et nettes a ceux qui le sont (1) ? M. d'Andilly aima done ses belles contemporaines en Dieu et pour Dieu. Le cardinal de Retz, qui lui disputait madame de Gu6m6n6, 6crivait que le bonhomme en e'tait plus amoureux que lui, mais en Dieu et purement, spirituellement, ce que Moliere traduit ainsi :

Tartufe (a Elmire).

Je puis vous dissiper ces craintes ridicules, Madame, et je sais I'art de lever les scrupules.

Selon divers besoms, il est une science D'etendre les liens de notre conscience, Et de rectifier le mal de 1'action Avec la purete de notre intention.

Personne n'a mieux pratique" la puret6 d'intention que les Jansenistes en ge"ne"ral, et M. d'Andilly en particulier. Ainsi, en 1637, des la mort de sa femme, il promet de se retirer du monde ; toutefois, il ne tint pas sa promesse : il avait pour rectifier le mal de 1'action une intention si pure ! II diffrait, en effet, sa retraite parce qu'il esperait tre nomme pr6cepteur du Dauphin. Anne d'Autriche y avait d'abord songe. Mais depuis la mort de Richelieu I'amiti6 d'Arnauld pour Saint'Cyran et son

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