Question Royalle
zele pour la.nouvelle doctrine avaient eu des e"clats compromettants. Anne d'Autriche, devenue regente (1643), renonga a son projet. Je sais, ecrivait M. d'Andilly a un de ses amis mailre d'holel de la Reine, je sais que depuis douze jours elle a dit qu'un des plus grands regrets qu'elle eut, etait qu'il (M. d'Andilly) eut de certaines opinions ; et que sans cela il n'y eut personne en Prance entre les mains duquel elle eut voulu mettre le roi qu'entre les siennes. Eloigne du preceptorat, Arnauld pouvait entrer dans la maison du roi, qui n'etait pas encore formee. G'est pourquoi il tachait de faire oublier certaines opinions. II multipliait les avis, lettres et memoires qu'il avait pris coutume d'adresser a Anne d'Autriche sur la conduite des affaires, en vue sans doute de montrer son aptitude a instruire le Dauphin. G'est ce que son ami Saint-Ange appelait envoyer a la reine du petit Museac. Museac etait le secretaire de M. d'Andilly.
II ne manquerait rien a mon bonheur, disait alors M. Arnauld qui soupirait apres le moment de s'enfermer a Port- Royal^}, si Sa Majeste connaissait le fond de mon cceur, puisqu'elle n'y verrait rien qui lui put donner la moindre peine, et qu'elle y remarquerait une si violente passion pour son service, et un tel respect pour sa personne, qu'elle se trouverait sans doute obligee par justice d'ajouter plus de foi a des paroles aussi sinceres, qui seront toujours les miennes, qu'aux impressions que des personnes tres-inte>essees ou tresmal informe'es s'efforcent de lui donner pour lui faire croire des choses sur mon sujet ou qui ne sont point du tout, ou qui sont tres-innocentes (2). Comme on sent dans ces lignes que M. Arnauld n'esfc pas si detache qu'il veut bien le dire (3), des interets du monde !
Apres avoir essaye de faire revenir la reine-mere de ses prventions, il voulut donner aux personnes tres-mal informees une meilleure idee de ses sentiments. II ne trouva rien de plus propre a ce dessein que de publier une Edition complete de ses osuvres. Ses poesies parurent les premieres sous ce titre : OEuvres cliretiennes de M. Arnauld d'Andilly, sixieme edition. Dans la preface, il adresse a Urbain YIII un tres-beau