‹ Les Jansénistes du XVIIe siècle [microform]Chapitre 79 sur 217 · Memoires de Fontaine, t. II, p · texte numérisé non relu

Memoires de Fontaine, t. II, p

[ de 1'ile clu soleil et ses prophecies de Termite Pacome, la lecture

! meme de la Clelie avec sa description enthousiaste de Port-

Royal, son portrait idealis6 de Timante, et ses beaux passages ou les solitaires etaient trace's d'illustres ? En verite, Racine avait bien tort de reprocher a nos Messieurs de lire certains romans. Eleve de Port-Royal, il aurait du connaitre la casuistique litteraire du souverain docteur, et savoir qu'avec la grace de saint Augustin, comme avec le ciel de Molina, on trouvait des accommodements.

M. Arnauld accommoda tres-bien les regies de la penitence observees a Port-Royal avec ses habitudes de vie facile, 6go'iste surtout. Ses admirateurs cependant nous parlent de ses austerites, et nous affirment que durant pves dc trente anne'es il a passe sans discontinuer une vie si pen agreable aux sens, et sans jamais prendre aucun divertissement (1). Mais ce que ces Messieurs entendentpar vie sipeu agreable aux sens, nous parait fort supportable. M. d'Andilly, nous raeontent-ils, avait pris par avance le titre de surintenclant des jardins. A peine arrive a Port-Royal, il se mit a faire defricher, aplanir les terres, dresser etbatir des terrasses, planter des arbres fruitiers et les tailler. L'on peut dire qu'avec tons les soins qu'il prit, toutes les peines qu'il se donna, et 1'argent qu'il y depensa, il fit d'un jardin tout en friclie, tout inegal, et hideux a voir, un jardin des plus agreables qu'il y eut alors pour la beaute des terrasses, et pour 1'abondance de toutes sortes de beaux fruits (2}. Remarquons ces mots I 1 argent qu'il y depensa. et argent, M. d'Andilly Temployait aux embellissements du Desert au detriment de son ills aine", Antoine Arnauld, qu'il n'aima jamais. II vendit sa terre d'Andilly. Le contrat de vente devait etre ratifie" par Antoine ; son pere, pour obtenir sa signature, lui fit beaucoup de promesses et n'en tint aucune. Je fus trouver mon pere a Paris, dit Antoine dans ses Memoir es ; il me confirma ses promesses, et m'obligea de ratifier le contrat..., qui etait le plus grand tort qu'il put me faire. II me donna cent pistoles, et je n'en ai jamais eu davantage (3). Ge pauvre Antoine nous explique Yincroyable ge'nerosite que Fontaine louait dans le saint vieillard. Ce n'6tait pas qu'il fut avare, poursuit-il ; on pouvait 1'accuser au contraire d'etre

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