Rnpin, Memoirex, t. II. p
deBroussel,rhommeduParlementalorsle plus a la mode (i). Gependant ils apprennent qu'une censure imprime'e des Propositions court dans Paris, ils adressent aussitot une nouvelle requete et obtiennent que les signataires de cette censure, Cornet, Pereyret et Morel, comparaissent devant la chambre des vacations. Le president Le Goigneux d6fendit la publication de la censure et toute controverse a, ce sujet jusqu'a. ce que la cour en eut autremenfc ordonne".
Cornet, que Fontaine regardait, bien a tort, comme le philistin audacieux, bouffi de la force de ses armes, et les amis du syndic, se soumirent de bonne grace. Ils desavouerent la censure imprime'e, ils renoncerentmeme apoursuivre 1'examen des Propositions devant la Faculte. Ils avaient compris que les Janse"nistes entraveraient sans cesse, par leurs requetes, le jugement de la Sorbonne, et que d'ailleurs ce jugement n'aurait pas assez d'autorit6 pour 6 tre accept^ de tous et terminer des debats aussi passionnes. Et tandis que Messieurs de Port- Royal, ces defenseurs zel6s, ces gardiens incorruptibles des saintes traditions de 1'antiquite chretienne, en appellent au Parlement, les docteurs orthodoxes, accuses d'avoir change la discipline de 1'Eglise, portent la cause au Saint-Sie'ge, suivant la coutume que consacre la foi indefectible de Pierre et qu'ont observee tous les siecles Chretiens. Ici, comme partout la conduite des Messieurs dement leurs paroles. Sectaires, ils sont marques au front du signe qui fletrit leurs a'ieux aussi bien que leurs descendants : 1'hypocrisie.
M, Sainte-Beuve, naturellement, ne voit dans le dessein de Cornet et de ses amis qu'une intrigue des Reverends Peres. Les Jesuites de Rome en relation suivie avec ceux de Paris, et particulierement, dit-on, le P. Annat, futur confesseur du roi, 6crivant au P. Dinet, qui 1'etait alors, avertirent que si on faisait demander la censure des Propositions par une portion, du Glerge de France, on reussirait infailliblement aupres du Pontife, qui serait jaloux de donner signe de souverainete (2). Voila ce que M. Sainte-Beuve a lu dans les lettres (qui lui ont 6te sans doute communique'es) des Je"suites de Rome a ceux de Paris. Nous qui n'avons pas ete dans les confidences 6chang6es entre le P. Annat et le P. Dinet et qui n'avons pas une