Ibid., p
plusieurs Dominicains qu'il engagea a soutenir la doctrine de Saint Augustin et de Saint Thomas sur l'efficacit de la Grace. Avectoutesacirconspection, Saint- Amour selaissaallerkparler trop ingenument. Sous le bonhomrne on decouvrit le fameux janseniste de 1'appel au Parlement. II fut signale" aux Inquisiteurs, qui deciderent de 1'arreter. Mais le Pape consult^, detourna la couronne du martyre de la tete de ce brave : Lasciatelo andare, laissez-le aller, dit-il, et ce fut par un jesuite (observe, peut-etre avec un peu de malice, le P. Rapin) que Saint- Amour cc.fut averti charitablement, du danger ouil etait, ce qui le fit parlir plus t6t. malgre les lettres tres-pressantes qu'il regut de Paris de differer son depart par le besoin qu'on avait a Rome d un hoinmeaussi habilequelui (i) . Les letlres de Paris etaient en effet fort pressantes. Le docteur Taignier lui eerivait:
Nous avons considere les raisons qui sont dans vos lettres et nous avons juge que la deputation etait absolument necessaire. Maintenant nous travaillons a la faire reussir. Messieurs de Yal-Croissant et de Bourzds entreront dans le nombre des deputes, et ils iront vous trouver pour vous fortifier. Cenendant vous demeurerez, s'il vous plait, au lieu oil vous etes, et n'en partirez point que Messieurs nos peres vous le mandent, car vous etes le depute-ne et le directeur de la deputation.
La peur fut plus forle que 1'obeissance due a Messieurs les peres de Port- Royal. Pourtant Saint-Amour, qui voyageait avec un jeune gentilhomme, n'osa pas le ramener en France sans lui avoir fait baiser les pieds du Pape, et, un peu rassur6 par le Lasciatelo andare d'Innocent X, il demarida et obtint une audience fort courte ou il s'efi'aga le plus qu'il put. Le 1 3 avril 1 651, il quiltait Rome, fort satisfait de s'elre tire si beureusement d'un si mauvais pas, dit le P. Rapin, et resolu de ne s'y plus exposer. Sa resolution changea a Genes oil de nouvelles lettres de Paris vinrent 1'arreter. On lui mandait que tout etait perdu sans lui ; que les vequesaugustiniensl'avaient cboisi pour les representer aupres duPape ; qu'il n'y avaitrien a. craindre pour lui, quand on saurait qu'il etait depute deseveques de France, protecteurs de la doctrine de Saint Augustin; qu'on aurait du respect pour une qualit6 que le droit des gens